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    Sur les traces du hasard ▬ Malonne, Adrìas

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    Sur les traces du hasard ▬ Malonne, Adrìas > le Jeu 8 Fév - 22:33:35
    Totem du Serpent
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    La rose n'a d'épines que pour celui qui veut la cueillir. FICHE - JOURNAL
    Ce n'était pas raisonnable, mais il s'était un peu attardé. Plus qu'un peu même, car les fêtards les moins en forme quittaient déjà les boîtes de nuit. Maintenant qu'il était passé de l'autre côté, Adrìas regardait tout cela d'un œil amusé, presque bienveillant. Il se revoyait quitter lui aussi le bar, titubant, enivré d'alcool et de danses folles, ne sachant aligner un pied devant l'autre sans dévier de son axe. Comme les étudiants sortant de leur soirée, il tapissait parfois impunément les trottoirs du fond de son estomac. Aujourd'hui, en slalomant entre les mégots, les tâches et les corps en sueur, il ne pouvait leur en vouloir. Il ne pouvait que leur souhaiter de vivre pleinement leur jeunesse insouciante, jusqu'à ce que la réalité ne les rattrape.

    Au fond de lui, le brun sentait ce petit pincement d'envie. La danse, la fièvre de la nuit lui manquaient. Mais il savait très bien que goûter, ne serait-ce que du bout de la langue, aux plaisirs de la fête pouvait le faire retomber dans de violents extrêmes. Aussi, il se contentait de les regarder de loin, de sourire aux jeunes, parfois de son âge, qui passaient sans le voir réellement.

    La rigueur qu'il s'était imposé dans sa vie l'empêchait de commettre les mêmes erreurs que par le passé. Il avait amplifié ses horaires de travail et les seules sorties qu'il s'accordait se limitaient à quelques balades dans ou autour de Totarnec. Il était fier de s'y tenir et rassuré de savoir se contrôler. Venir observer les étudiants dans la rue la nuit relevait presque de la thérapie : il comprenait sans culpabiliser que s'il voulait vivre une vie saine il ne pouvait plus y intégrer une goutte d'alcool.

    Puisqu'il était une heure passée, Adrìas se hâtait à présent de rentrer chez lui pour se reposer avant sa journée du lendemain. Non pas que ses clients n'aient pas l'habitude de voir leur fleuriste avec les cernes aussi noires que les pensées qu'il vendait, mais il fallait au moins qu'il pusse tenir debout pour ouvrir son commerce. Prenant ainsi le chemin le plus court vers son appartement, il passa sur le pont.

    Le pont, le fameux, celui qui avait accueilli sa dernière et pire beuverie. Il n'en avait pas vraiment beaucoup de souvenirs : seules quelques bribes lui restaient, en plus de ce qu'on lui avait raconté. Depuis ce soir-là, il avait toujours gardé un léger vertige.

    Il avait donc été là, debout sur le muret de protection, comme il le refaisait en l'instant. Son souffle à l'époque, n'était pas aussi tremblant qu'aujourd'hui. Il avait été inconscient mais sûr de lui, marchant puis chutant sans ciller. Ce soir, ses pas étaient moins rapides, plus prudents et il ne chuterait pas, pour la simple raison qu'il était parfaitement sobre. Aucun passant altruiste ne se jetterait à sa suite pour le sauver d'une mort certaine.
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    Re: Sur les traces du hasard ▬ Malonne, Adrìas > le Sam 10 Fév - 13:41:00
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    Mains froides. La nuit lui dévore les phalanges plus méchamment. Bien qu’il sente comment ses articulations s’articulent et qu’il puisse voir comment sa peau est marquée par autre chose que de la callosité, la sensation n’est pas aussi désagréable que ce qu’en laisse croire les rougeurs et la difficulté à détendre les doigts.
    C’est même le contraire - mais cela ne marche que parce que Malonne est bien habillé et que la chaleur de son repas rayonne en travers le sachet plastique.

    Le plaisir de partir se fait aussi dans la joie de pouvoir retrouver quelques-unes de ses habitudes dans l’ailleurs. Manger gras, tard et dehors en est une que le sudiste entretient, même si le bruit des vagues n’est plus au rendez-vous et que le sable de Collioure a été remplacé par du roc bétonné. La houle ne lui avait pas paru si importante, si prégnante avant de remarquer qu’elle n’existe pas ici. Elle lui manque, c’est un fait, mais comme Malonne n’est pas romantique et que le déni a longtemps fait sa force, c’est sur le parapet d’un pont qu’il pose son sac, qu’il appuie les coudes autant que le regard sur le fleuve, sans penser à la nostalgie qui l’y charrie pourtant.

    En observant les formes calmes en contrebas, la faim le quitte, un instant, avalée par la fatigue - la nuit lui mange maintenant les cils et les paupières. L’en faire décrocher est vain ; se frotter les yeux ne fait qu’accentuer la brûlure de ses pupilles sèches. L’avantage de mal dormir depuis longtemps, c’est aussi d’oublier plus facilement ce qu’il se passe autour, d’être un peu moins alerte, un peu moins conscient sans avoir à se médicamenter pour ça : l’ouvrier se sent groggy, ailleurs, vite déconnecté des alentours, absent dès qu’il s’arrête de bouger, aspiré par le point qu’il fixe, tant et si bien qu’il réagit avec peine et en retard lorsqu’une masse lui pousse les jambes en passant entre le muret et lui. Le temps qu’il réalise et ramène ses yeux sur le trottoir, le chien au cou blanc et a la queue en panache a déjà filé, trottinant, les oreilles droites sur sa tête noire. Malonne siffle, mais plutôt que de le faire revenir, cela déclenche sa course et ses aboiements - tel maître tel chien : l’autorité n’a jamais été leur meilleur allié ; les rappels à l’ordre sont plutôt des défis d’orgueil.

    Le chien d’ours est pas mal dans son genre : pas de laisse pour le restreindre, pas de collier pour l’attacher et trop d’énergie à dépenser au bout de ses quatre pattes. Sa taille moyenne et sa gueule a l’air méchant ne lui interdisent pas le bonheur d’invectiver et de sauter joyeusement sur les passants, surtout et apparemment, les plus suspects. Râler n’y fait rien ; gueuler son nom l’encourage : Coco’ est capricieux et con, comme son maître, qui lui court déjà derrière en grimaçant salement, insultant la mère de tous les bretons, et de tous les chiens, de crainte de voir son clebs renverser le funambule.

    Il se voit déjà responsable de la catastrophe. Déjà, le pire scénario lui monte à la tête - et maintenant il n’a plus du tout froid, n’est plus du tout fatigué : il a les doigts qui chauffent, près à accrocher violemment la peau du cou plein de poils de cet animal trop instable et plutôt heureux de jouer au bord du vide.
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    Re: Sur les traces du hasard ▬ Malonne, Adrìas > le Lun 12 Fév - 21:08:44
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    C'était plutôt enivrant, au final, cette escapade sur les traces de son passé. Le léger vent frais le gardait alerte au moindre déséquilibre de son corps, trop élancé pour tenir naturellement de façon stable à la verticale dans un état aussi avancé de fatigue. Il se sentait maître, même s'il ne l'était que relativement, de ses pensées, de ses mouvements, réussissant même à oublier ce foutu vertige sans intérêt. Ses bottines s'alignaient presque parfaitement l'une devant l'autre à mesure de sa progression sur le muret. Il n'avait même pas besoin d'écarter les bras comme un enfant pour se stabiliser, gardant ses mains bien au chaud au fond des poches de son trench bleu nuit.

    Du moins, ce fut le cas jusqu'à ce que les aboiements, qu'il craingnit agressifs, d'un chien se firent entendre. Sans chercher ni à identifier la provenance de l'animal, ni à déterminer son agressivité, ni à localiser son maître, Adrìas s'empressa de sortir les mains de ses poches pour les poser sur la pierre gelée et descendre de son chemin haut perché. Non pas qu'il eût peur des bêtes, mais l'on ne savait jamais de quoi celles-ci étaient capables et il n'aimait autant pas le découvrir depuis le sommet du muret - et encore moins depuis le fond de la rivière. Il se laissa donc tomber sur le sol avec le moins de grâce qui lui était donné d'avoir, brusquant ses membres engourdis au point de devoir attendre quelques secondes avant que les fourmillements désagréables quittent ses cuisses. De toutes les manières, il n'aurait pas continué son chemin aussi rapidement, attendant que la bouffée de chaleur qui l'avait pris se dissipe, essuyant d'une main moite la sueur froide courant le long de sa nuque.

    La vapeur s'échappant de sa bouche lorsqu'il soupira à l'arrivée du maître du chien lui rappela qu'il était tard et qu'il faisait froid, l’agaçant d'avantage de la situation. En plus, il sentait cette atmosphère étrange, très très ténue pour une fois, mais belle et bien là, témoignant de la présence d'un éveillé dans les environs. Déjà en temps normal il n'aimait que peu rencontrer ces gens-là, ce soir-là c'était pire.

    - Vous, il soupira à nouveau avant même d'avoir réellement débuté, ne sachant, comme d'habitude, comment s'adresser à ses "semblables"... Tu pourrais attacher ton chien.

    Le brun ne pouvait réellement savoir si l'homme avait conscience de sa véritable nature et si le tutoiement ainsi employé n'était pas très insolent, mais il avait oublié dans son agacement et sa fatigue qu'il était convenable de se montrer au moins poli et pensait ne rien craindre en s'adressant ainsi à un éveillé. Il fixa le chien en levant un sourcil dans une mimique qui ne signifiait pas grand chose et réajusta ses lunettes sur son nez pour le distinguer mieux malgré l'éclairage faible sur le pont. Beau chien, mais cela restait un animal et l'attention qu'il pouvait lui porter était de ce fait, faible.

    Ainsi se tourna-t-il à nouveau vers son maître, tentant de ne pas trop fixer ses cheveux bleus qu'il trouvait très présents, pour ne pas dire trop. Il pourrait se garder de juger son apparence cependant, ayant lui-même pendant plusieurs années abhorré une teinture mauve et même des lentilles mauves. Mais il avait depuis bien changé et même ses iris jaunes, il se permettait de les laisser à découvert, préférant laisser s'exprimer avec une certaine sincérité, la nature de son corps - du moins à ce niveau-là.

    Et bien évidemment dans sa réflexion, il avait fixé l'inconnu bien plus longuement que de raison, ce qui pouvait paraître malvenu s'ils n'étaient pas tous deux du même monde. Adrìas comptait sur l'indiscrétion et le peu de pudeur dont faisaient preuve habituellement ces gens-là pour rattraper la gêne et laissa le soin à l'autre d'aborder comme il le voulait le sujet, car il ne doutait pas que l'on puisse y couper, bien que ce fut son plus grand désir à ce moment précis.
    HRP:

    J'ai un peu extrapolé, comme tu as dis que Malonne dormait mal depuis longtemps, je me suis dit qu'il pouvait être dans le début de son éveil et donc qu'Adrìas pouvait le ressentir. Malonne ne le sait pas par contre, il voit juste un mec plutôt impoli et incorrect (à la limite il ressent un vague sentiment étrange, dont on ne connait pas encore la nature entre confiance et méfiance, puisque cela dépend du totem).

    Dis-moi si ça te gêne et que tu veux pas du tout qu'Adrìas ressente son aura pasmoi
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    Re: Sur les traces du hasard ▬ Malonne, Adrìas > le Sam 24 Fév - 11:00:26
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    Des soupirs, de l’exaspération, une remarque trop souvent entendue… À trop vouloir changer trop vite, les raisons qui ont amené ce changement sont devenues énigmatiques et particulièrement blessantes.

    En s’approchant, en attrapant son chien, en l’écartant de force du passant, Malonne se sent tout de suite heurté par sa réaction. Plus que le comportement de Coco’, c’est aussi celui de cet homme qui l’excède. « Tu pourrais attacher ton chien » - oui, tu pourrais, de la même manière que tu pourrais faire un tas de choses, mais tu ne veux pas : payes-en les conséquences.

    Avec un regard un peu perdu, un peu contrarié et une expression entre une gêne polie et une nervosité frileuse, il reste concentré sur l’animal, s’interdit tout de suite de redresser la tête, les épaules et les yeux sur cet inconnu, duquel il sent venir une certaine animosité tout à fait légitime, devrait-il penser, sans pouvoir ni l’excuser ni la supporter d’avance. Mettons ça sur le compte de la fatigue, de la journée pourrie, du mauvais temps, de n’importe quoi d’autre, qu’il se dit, qu’il essaie de se dire pour se donner contenance.

    C’est qu’il se sent peu capable d’avoir un débat ce soir ou de se justifier. C’est qu’il se sent peu capable de rester parfaitement calme si une autre remarque venait ponctuer cette attention piquante qu’il sent sur lui.

    « Il est pas méchant » parvient-il seulement à dire, en fin de compte, d’une voix à moitié absente, comme si cela pouvait suffire. C’est la réponse bateau de tous les maître de chien et même si Malonne se sent très con de justifier l’absence de laisse de la sorte, il se sent plus con encore de devoir s’en excuser auprès d’un homme qui marche sur des murets. « … Juste un peu trop curieux. » Il se redresse finalement pour considérer l’humeur sur le visage de l’autre. De suite, son front et le coin de ses yeux se rident.

    « J’avoue qu’il m’avait pas encore fait le coup de courir après un amateur de parkour. Des joggeurs, ouais, mais un équilibriste… » C’est donc pas vraiment de ma faute, ni de la sienne. C’est peut-être toi qu’il faudrait attacher.

    Malonne le dévisage. Volontairement, involontairement, l’autre lui fait une impression bizarre, plutôt indescriptible et injustifiée. Maintenant qu’ils se regardent, il a le sentiment d’y voir un peu mieux tout en ne pouvant pas exactement cerner les limites de cet inconnu. Ce sont ses yeux et leur couleur étrange qu’il fixe, de la même manière que l’autre. Il devrait partir, mais Malonne, Malonne, décidément, ne fait rien de ses devoirs.

    « Vous allez bien… ? »
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    Re: Sur les traces du hasard ▬ Malonne, Adrìas > le Sam 24 Fév - 21:36:55
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    Pas d'explosion, pas de sourire complice extrêmement désagréable, juste une certaine gêne ou une certaine distance, en tous cas un silence qui laissa Adrìas un peu penaud. Il ne savait pas exactement de quelle essence cet individu était fait, mais il avait un comportement très justement dosé, ou alors était-ce le brun qui était un peu faible d'esprit, car "l'équilibriste" eut tout le temps pendant son silence de se rendre compte qu'il avait été trop impoli et tout le temps de s'en vouloir sur-le-champ. L'homme ne s'était toujours pas redressé, proche de son animal, dans un geste qui signifiait presque l'affection qu'il avait pour le chien. Adrìas lisait d'ailleurs à travers sa posture, comme une intention de lui faire savoir que s'il avait un camp à choisir, s'il devait désigner le fautif, il se rangerait du côté du chien. Cela n'était pas étonnant au fond, il avait entendu qu'on pouvait s'attacher à des animaux autant qu'on pouvait s'attacher à des végétaux et dans ce domaine Adrìas pouvait tout à fait comprendre l'inconnu.

    Donc le brun n'interprétait pas sa position comme un geste d'excuse, ni de respect, car malgré les dons dont il pouvait bénéficier en tant qu'éveillé du totem du serpent, il avait toujours douté de sa capacité à s'imposer d'un seul coup d’œil.

    Le chien n'avait pas l'air méchant, il fallait l'avouer. Il avait même l'air carrément attachant. Cela lui faisait un peu penser au gars qu'il avait croisé une fois dans un train, avec son chien sans laisse. Il lui obéissait au doigt et à l’œil et pourtant le mec s'était fritté avec un contrôleur parce qu'il était obligé de mettre une muselière à son animal. Cela lui décrocha un léger sourire qu'il assuma finalement pour briser à son tour l'atmosphère peu chaleureuse.

    - Oui, je vois bien qu'il n'est pas méchant... se disant, il se baissa, s'accroupissant presque devant l'animal, sans avancer sa main et néanmoins sur ses gardes car il n'avait pas non plus une confiance infinie envers les bêtes. Son regard se tournait en revanche vers l'homme, beaucoup plus grand vu du bas. Oui, ça va merci. Et... vous ?

    Cela l'étonnait qu'ils utilisassent le vouvoiement, leur ressemblance étant supposée les rapprocher et faciliter l'échange. Mais il ne se permettrait pas de le tutoyer si l'autre n'en faisait pas de même. En revanche, cela ne l'empêcherait pas d'user de sa curiosité habituelle et, observant le chemin duquel l'homme et sa bête étaient apparus, il laissa son regard véhiculer son espièglerie.

    - Vous promenez votre chien à deux heures du matin ? Il les observait tous deux à présent, amusé. Je peux le caresser ?
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