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    Entre Adrìas et Ailbe (exclusivement)

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    Entre Adrìas et Ailbe (exclusivement) > le Mar 29 Déc - 22:24:26
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    Précisons:
    Ce RP se situe après l'event II (les chatons et tout), et se situera dans le quartier résidentiel une fois qu'on aura bougé du quartier nocturne.

    Il y avait pensé toute la journée. Il avait même fini par tourner en rond d'impatience dans sa boutique. Jusqu'à la fermeture, il pressait presque les gens dehors, un sourire incroyable aux lèvres. Ceux-ci étaient amusés par son comportement et étaient heureux de sa bonne humeur. Il jubila lorsqu'il pu fermer les volets et la porte. Il monta quatre à quatre les marches pour prendre sa douche. Il enfila son plus beau pull en coton. Il avait pensé à la chemise, mais n'avait pas osé : beaucoup trop chic. Puis... puis il se rendit compte qu'en fait il avait encore de looongues heures à attendre avant de pouvoir le rejoindre. Il avait oublié que le bar fermait si tard, il avait été si pressé pendant toute la journée qu'il en avait pensé qu'il pouvait partir de suite. Il rit de sa propre hâte.

    Il passa ses longues heures à mi-chemin entre le frigo et la télé. Il avait eu envie de fumer, mais s'était retenu pour ne pas sentir la cigarette. Du coup, son sorbet pistache y était passé en entier, parce qu'il mangeait pour se calmer. Quand l'heure arriva (enfin l'heure moins une demie-heure, mais il était trop pressé), il quitta la maison au pas de course. Cette fois, il n'oublia pas son manteau, le nouveau, même s'il avait pensé à l'oublier.

    Il prit son temps sur le chemin, plus il approchait et plus il ralentissait, mais cela n'était pas étonnant en fait puisqu'il était stressé et qu'il avait encore un peu de temps. Il s'arrêta devant la rivière calme au milieu de la nuit, et inspira à fond avant de se tourner vers le bâtiment de sa destination. Il monta les marches presque à reculons, mais fini par pousser la porte du bar, le cœur au bord de l'implosion.

    Il le repéra de suite malgré les personnes encore présentes, et il l'aurait repéré même s'il avait été haut de deux têtes de moins. Il s'approcha du bar, et se posta devant lui. Il se racla la gorge, au cas où, avant de lui sourire.

    - Bonsoir Ailbe !
    Re: Entre Adrìas et Ailbe (exclusivement) > le Mar 29 Déc - 23:05:30
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    La vie continuait. Comme toujours, elle avançait. Il avait fini par aller voir le médecin, qui lui avait prescrit un appareillage auditif. Il n'aimait pas vraiment le porter mais n'avait plus le choix, désormais. Mais ç'avait été le début des ennuis. Il avait dû travailler encore plus pour payer la totalité des soins en plus de son loyer et de son traitement, mais aussi de sa nourriture un peu spécifique, qui coûtait terriblement cher en France, comme il le découvrait chaque jour. Il avait fini par renoncer à son appartement et en avait informé sa logeuse, qui avait accepté de le garder gratuitement, puisqu'il nettoyait l'immeuble et aidait les femmes à s'occuper notamment de leurs enfants, après une longue nuit de travail, ou leur faisant leurs courses. Jusqu'à ce que la notice arrive. L'immeuble allait être rénové, politique de la ville, d'après ce qu'elle lui avait lu. Ils seraient tous relogés, mais puisque lui-même n'avait plus de bail et n'existait pas légalement, il ne pouvait l'être. Il lui avait souri et l'avait remerciée longuement avant de retourner dans l'abri où il avait vécu au début. La vie continuait...

    Il continuait à enchaîner les petits emplois, se fatiguant toujours un peu plus à la tâche. Mais il ne dormait pas mal, dans sa demeure de carton. Même s'il y faisait parfois un peu froid, et qu'ils risquaient l'expulsion par les forces de l'ordre. Il avait obtenu les papiers nécessaires pour rester en France, mais la vie était parfois complexe. Il avait mis son appareil au minimum et s'était rendu au travail comme à l'habitude. D'abord le musée, et ensuite le bar. Il avait attaché ses cheveux en queue de cheval et passé un sempiternel t-shirt à manches longues d'un bleu foncé, rentré vaguement dans un de ses jeans défraîchis. Et ses converse usées. La soirée se déroulait bien et il pensait même avoir assez de pourboire pour renouveler son traitement très prochainement. C'était véritablement une excellente nuit, même s'il était, comme toujours, couvert de transpiration.

    Quelle ne fut donc pas sa surprise, en relevant les yeux, de croiser les prunelles jaunes d'Adrìas. Naturelles. Il avait dit qu'elles étaient naturelles, même si c'était parfois difficile à croire. Il finissait tout juste son dernier service et s'apprêtait à rentrer.

    "Bonsoir Adrìas. Comment vas-tu? Tu tombes mal, je quitte justement mon service. Tu veux que je dise à Clément de s'occuper de toi?"

    Un nouveau serveur, un mignon blondinet, le salua de la main. En tournant la tête, Ailbe avait dévoilé son appareil, relativement visible, même dans l'obscurité du bar. Pas un instant il ne lui vint à l'idée qu'il ne soit pas venu pour boire.

    "Il est encore en formation, mais il se débrouille très bien..."
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    Re: Entre Adrìas et Ailbe (exclusivement) > le Mar 29 Déc - 23:24:14
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    En entendant Ailbe lui proposer de se faire servir par Clément, le nouveau serveur - mignon puisqu'il faut le préciser - Adrìas sourit de plus belle. Il était toujours heureux de revoir son barman un peu... candide, non ?

    - En fait je viens pour toi, pas pour boire, déclara-t-il.

    Il hésita un instant avant de continuer.

    - Je me doute que tu as dû beaucoup travailler et que tu es sûrement fatigué, je ne te dérangerais pas trop longtemps c'est promis.

    Il se dandina un peu sur ses chaussures, les deux mains posées avec attention sur une partie du bar non souillée par l'alcool ou autre liquide douteux, craignant une réponse négative. C'était risqué, un samedi soir après toute la semaine de travail, mais ça l'était encore plus un autre soir. Il espérait qu'il n'avait rien le lendemain. Son attention fut troublée par un zigoto qui gigotait dans tous les sens au milieu de la pièce, qui accrochait son regard.
    Re: Entre Adrìas et Ailbe (exclusivement) > le Mar 29 Déc - 23:39:54
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    Il eut l'air surpris en l'entendant, presque perdu, comme s'il ne savait pas vraiment quoi faire de cette information. Il ouvrit la bouche une fois, la referma, la rouvrit. C'était la première fois que quelqu'un venait le chercher à la sortie du travail. C'était une pensée troublante. Inhabituelle. Pourtant, il finit par lui sourire.

    "Pas de problème, je vais chercher mes affaires. Tu peux m'attendre dehors si tu préfères. Vu que tu as ton manteau."

    Il alla rapidement passer le sien, récupérant son sac et sa bouteille d'eau, faisant rapidement son test de glycémie avant de partir. Tout était normal. Il fut intercepté un instant par un client en sortant de derrière le bar, mais il parvint à le réorienter rapidement vers un autre de ses collègues. Il esquiva difficilement la foule de danseurs, et chercha à nouveau Adrìas. Il savait qu'il fallait qu'il attende d'être dehors pour régler son appareil, mais c'était parfois si terriblement frustrant d'en être dépendant.

    Il le retrouva enfin et retira son appareil le temps de le régler. Avec tout ceci, il n'avait même pas vraiment eu le temps de se demander pour quelle raison il était là. Pour lui, certes, mais... Oh.

    "Tu es venu me trouver parce que tu n'arrivais pas à me joindre par téléphone?"
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    Re: Entre Adrìas et Ailbe (exclusivement) > le Mer 30 Déc - 0:01:44
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    Adrìas ressortit dans le froid en attendant Ailbe. Il était serein, tout allait se passer à merveille. Il regarda le ciel sans étoile et se souvint de sa première rencontre avec Ailbe, lorsqu'il l'avait emmené sous un ciel digne de ce nom. Ce serait difficile de faire mieux que la dernière fois, mais il l'espérait secrètement, de faire un pas de plus dans cette relation qui le nourrissait jour après jour. Ailbe revint quelques minutes plus tard à peine. Adrìas remarqua qu'il avait un appareil auditif.

    - Oh, tiens, c'est génial que tu ais pu t'acheter ça, ça doit être plus simple pour travailler non ? Même si je sais que ce n'est pas agréable non plus...

    Il lui sourit. Cela devait être tellement frustrant d'avoir la moitié d'un sens manquant. Lui par exemple, avait besoin de ses deux oreilles pour jouer du violon, de son odorat pour sentir la rose, de mes mains pour porter les fleurs et de ses yeux pour les admirer. Et perdre le goût serrait perdre un plaisir de la vie plus qu'indispensable à ses yeux. Il aurait aimé pouvoir faire quelque chose.

    - Non, je n'ai pas tenté de te joindre par téléphone, j'avais envie de te voir et je savais où te trouver voilà tout. Pour vivre, tu sais, un instant hors de la routine.

    Il plongea ses prunelles jaunes dans celles bleues de son interlocuteur, et s'y noya comme souvent.
    Re: Entre Adrìas et Ailbe (exclusivement) > le Mer 30 Déc - 0:19:18
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    Il le regarda un moment lorsqu'il lui parla de son appareil. Il ne savait pas vraiment qu'en dire, en réalité. Ce n'était pas vraiment qu'il n'aimait pas en parler, mais il avait sans cesse l'impression de se plaindre, alors que ce n'était qu'une des choses de la vie. Il releva le nez vers la voûte céleste, dont il apercevait le tissu d'étoiles, malgré les néons du bar. Il finit par sourire, sans baisser le nez.

    "Je n'en ai qu'un. Mon ouïe se dégradait beaucoup à cause du bar, notamment. Trop bruyant. Je commençais vraiment à ne plus pouvoir distinguer les conversations. Normalement, ça devrait se stabiliser..."

    Il soupira doucement puis regarda un peu partout, jusqu'à le fixer à nouveau, alors qu'il ajustait son sac sur son épaule. Ces yeux étaient véritablement troublants. Il ne voulait pas penser à ses oreilles, et il se sentait absolument épuisé, en plus d'être dégoulinant de transpiration. Il voulait se laver, il y avait des bains publics à proximité de son abri, et dormir, jusqu'au... Ah non, ce dimanche il n'avait pas besoin d'aller au restaurant. Fermeture annuelle, apparemment. Il pourrait dormir un peu. Il fallait qu'il aille chercher sa bicyclette, aussi. Pourtant, il lui sourit, avant de baisser les yeux et de fixer son doigt. Il en avait encore certainement mis partout. Heureusement qu'il portait du foncé. Il se rendait à peine compte qu'il essayait de détourner sa pensée de ce qu'il lui avait vraiment dit. Vouloir le voir pour sortir de la routine. C'était amusant.

    "Tu me sors de ma routine aussi en venant. Il y avait quelque chose que tu voulais faire, en particulier? Un endroit où tu voulais aller? Ou juste me voir..?"
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    Re: Entre Adrìas et Ailbe (exclusivement) > le Mer 30 Déc - 0:39:26
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    Lorsqu'il entendit Ailbe parler de la sorte de ses conditions de travail, Adrìas ne put s'empêcher d'avoir un peu honte. Il travaillait hardiment jusque tôt le matin, et ce tous les jours, sûrement couplé avec d'autres travaux, et en plus cela mettait sa santé en danger, tandis que lui dans sa boutique, ne suait pas tellement à la tâche et avait de bons revenus. Il avait largement de quoi l'embaucher, à mi-temps de toute évidence, et même peut-être à plein temps maintenant qu'il s'était fait des clients réguliers, mais pourtant il retardait l'échéance parce qu'il fallait remplir tous les papiers, faire tous les calculs... Il n'était pas adepte de l'autopunition sinon il s'en serait donné à cœur joie. Il était réellement temps de se secouer.

    - J'ai besoin d'aide à la boutique, on peut convenir de cela prochainement, très prochainement. On en discutera à têtes reposées, mais tu pourras venir aux heures que tu voudras, peu m'importe tant que je peux te tenir un peu éloigné des basses. Et plus proche de moi par la même occasion... pour avoir un allié spirituel à portée de main en cas de songes étranges.

    Le début de la dernière phrase lui avait échappé un peu vite, il l'avait complétée rapidement avec la première chose qui lui était passée par la tête. Il rougit et pesta intérieurement contre lui-même.

    - Pour ce soir, je me disais que comme tu avais pu voir une partie de mon jardin secret, dans les deux sens du termes, j'ai le droit de voir le tien ! Tu serais d'accord de m'emmener chez toi ?

    Il lui sourit avec un regard fougueux, retrouvant un peu de son ancienne malice.
    Re: Entre Adrìas et Ailbe (exclusivement) > le Mer 30 Déc - 1:10:22
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    Il mit la main dans son dos pour l'entraîner jusqu'à son vélo, l'écoutant parler par la même occasion. Il était on ne pouvait plus surpris d'entendre une chose pareille. Bien évidemment, ils en avaient déjà discuté, et même s'il avait été persuadé que cela finirait par se faire, à un moment ou un autre. Pourtant, plus le temps passait sans nouvelle de lui, plus il se disait qu'il devait avoir oublié, ou qu'il avait autre chose à faire, simplement. Il n'était pas une priorité, et la vie qu'il menait, si elle n'était pas idéale, était amplement suffisante. Il n'avait jamais vraiment eu d'ambitions, et il était, avant tout, un homme simple.

    Il récupéra le vieux tacot et se demanda où ils allaient donc aller. Il se figea en l'entendant, puis éclata d'un rire silencieux. Non, vraiment, ils devaient avoir un problème de timing. D'autant que, maintenant qu'il y songeait, il n'avait plus d'adresse, donc impossible de rédiger un contrat. Quoique, maintenant qu'il y réfléchissait, la dernière fois il avait pu utiliser un refuge pour sans-abri comme boîte postale. Oui, ce serait certainement possible, encore une fois. Cependant, parler de jardin secret était un peu...

    "Je peux t'emmener, si tu veux, mais je n'ai pas vraiment la place de recevoir. Le bâtiment qu'occupait ma logeuse, et où je vivais, va être rénové par la ville, et nous avons tous été... expulsés, en quelque sorte. Tous les refuges étaient pleins, alors je dors sous des cartons, pas très loin de la rivière. Je n'ai pas beaucoup de commodités, mais la communauté est agréable et se soutient."

    Il lui souriait encore en poussant son vélo. Il n'en avait aucunement honte, et ne s'en cachait pas. Il avait rencontré tellement de gens formidables. Si intéressants. D'autres, bien entendu, étaient aussi de violents alcooliques, mais ils lui rappelaient son père, donc il ne pouvait pas tout à fait leur en vouloir. Même si le fait qu'il ne soit pas local déplaisait souvent.

    "C'est très gentil à toi de vouloir m'embaucher, mais tu parles de quel type de contrat? Et puis... Ne le fais pas par pitié, je ne me plains pas. La vie m'a déjà offert du travail, je n'ai pas de maladie menaçant ma vie..."

    Il ne savait pas trop où ils allaient, mais ils avançaient. Il finit par repérer un banc sur lequel il prit place. Il soupira en regardant les étoiles.

    "J'apprends à aimer la ville, même si elle est encore bouillonnante. Un peu trop rapide pour mon âme de campagnard. Quant aux rêves... Les tiens sont-ils vraiment si dérangeants? Chacun semble les vivre si différemment..."

    Il essayait peut-être de changer de sujet, en réalité. Ce n'était pas très charitable, mais il ne voulait pas qu'on le prenne en pitié. C'était bien la seule chose qui l'insupportait véritablement...
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    Re: Entre Adrìas et Ailbe (exclusivement) > le Jeu 31 Déc - 15:28:50
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    - Tu... quoi ?

    Adrìas regarda Ailbe comme s'il venait de lui parler en russe. Il mit un certain temps avant de réenclencher le mécanisme de sa cervelle. Il parla très vite, ses paroles passant directement de son cœur à ses lèvres sans que sa raison n'ai le temps de les filtrer.

    - Tu n'as plus de logement ?! Mais pourquoi n'es-tu pas venu me le dire ? Je t'aurais aidé.

    Il inspira un grand coup, semblant calmer ses nerfs. Il reprit plus calmement, en fixant le bleu intense des yeux d'Ailbe.

    - Pour commencer, tu es stupide de penser que j'ai pitié de toi. Toi, quand tu aides quelqu'un, ce n'est pas par pitié ? Hein ? Non. Non, non, non. Pour ma part c'est encore pire, je n'ai pas aidé beaucoup de gens, encore aujourd'hui ça m'arrive rarement, alors ne vas pas t'imaginer que je le fais par pitié. Ce n'est pas parce que quelqu'un est en piteux état qu'il mérite une aide quelconque.

    Il se rendit compte qu'il s'éloignait du sujet. Il embraya alors sur son explication première.

    - Si je veux t'aider c'est parce que je te porte dans mon cœur, et dans mon sang. Dois-je te rappeler que si chaque nuit la même sorte de rêves nous habite c'est parce que nous sommes d'une même famille ? Tu laisserais un frère dormir dans la rue, sacrifier son ouïe pour gagner quelques pièces pour pouvoir manger ? Je sais que non.

    Il prit la main d'Ailbe dans les siennes, moins pour lui figurer son amitié que pour pouvoir lui broyer les doigts s'il refusait son aide.

    - Je ne sais pas encore ce que je peux faire avec tous ces papiers, je n'aime pas la paperasse, mais j'ai acheté mon appartement alors je suis au moins à même d'inviter un ami dans ma deuxième chambre quelques temps. Ensuite si tu préfères avoir un chez-toi et que tu trouves quelque chose, tant mieux. Si tu ne trouves rien, je devrais pouvoir m'arranger pour te faire une place légalement. Quant au contrat que je peux te proposer, je ne sais pas ce que tu veux, si un travail dans ma boutique t’intéresse vraiment, voyons pour un CDI ?

    Il trouva bon d'ajouter, toujours aussi sérieux depuis que le sujet avait été abordé :

    - De toute façon je ne te laisserai pas le choix, je te courrais après jusqu'à ce que tu acceptes, donc inutile de perdre du temps et partons chercher tes affaires de suite.
    Re: Entre Adrìas et Ailbe (exclusivement) > le Dim 3 Jan - 16:06:50
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    Ailbe n'avait pas l'habitude d'être noyé dans un discours. Ou plutôt, si, mais en général, c'était parce qu'il n'entendait pas tout, et pas parce que l'enchaînement des mots, et leur signification, particulièrement, le confondait à ce point. Aux premières questions, il aurait pu répondre, en réalité. Assez aisément, d'ailleurs. Dire qu'il n'avait effectivement plus de logement, et qu'il n'était pas venu le voir parce qu'il avait toujours tout réglé par lui-même, d'une part, et que ça ne le dérangeait pas, d'autre part. Il n'avait jamais compris pour les gens trouvaient cela si dégradant de vivre dans la rue. Beaucoup étaient dans son cas, travaillant, mais avec des difficultés pour joindre les deux bouts pour de multiples raisons. Les conditions pouvaient paraître rudes, mais ça n'avait rien de honteux. De son point de vue au moins, qui n'était visiblement pas celui de la grande majorité de la population, il le constatait. S'il avait été homme à se vexer, il l'aurait fait. Mais en réalité, chacun avait droit à son opinion.

    Il se retrouvait donc face au reste du flot de conversation dont il ne pouvait plus distinguer la tête de la queue. Alors, comme à l'habitude et face à chaque problème auquel il était confronté, il prit les éléments un par un et décortiqua le tout, en essayant de s'y retrouver. D'abord, il était stupide. Certes, il n'avait jamais été le meilleur des élèves, mais malgré tout... Ah non, de se poser la question. Oui et non. Il avait découvert au fil des ans que c'était la réponse naturelle lorsqu'il racontait sa vie. Certains avaient même pleuré, l'avaient serré dans leurs bras comme s'il avait été malheureux. Cela lui avait toujours paru étrange, très franchement, mais il n'avait jamais rien dit. Il avait fini par ne plus en parler pour cette raison, d'ailleurs. Il ne comprenait pas les réactions des gens. Jusqu'à ce soir. Et de toute évidence c'était aussi une erreur.

    En revanche, l'explication d'Adrìas était loin d'être charitable. Il n'aidait pas grand-monde? Certes, ce genre de personnes existait tout à fait, et avait sa légitimité, ou tout au moins une existence de plus en plus présente dans ce monde, et surtout en ville, il s'en était rendu compte, mais malgré tout... Même quelqu'un... En piteux état? C'était ce qu'il avait l'air d'être..? Décidément, il ne comprenait vraiment pas grand-chose. Il se demandait si d'un coup d'un seul, la fonction traduction de leur adoption par les totems l'avait abandonné. Il se retrouva donc à devoir tenir son vélo dans une situation précaire en cédant sa seconde main au jeune homme, le regardant toujours sans comprendre goutte.

    Ce qu'il parvint en définitive à en extraire, substantifique moelle, qu'il lui proposait d'habiter chez lui et de lui offrir un CDI, même si ça ne l'arrangeait pas en termes de paperasse. Et qu'il voulait que ça se fasse maintenant. Si ce n'était pas de la pitié, il ne s'y connaissait pas, mais peu importait. En cet instant, ce qui lui semblait intéressant, plus que l'amélioration proche de son niveau de vie, qui n'était que de peu de conséquence, était que de son aveu même, le fleuriste voulait l'aider, alors que cela ne lui arrivait jamais, ou presque. Il aurait été presque criminel, en réalité, dans son livre à lui, de ne pas encourager cette initiative. S'il suscitait une vocation, ce serait pour une bonne cause. Même si l'idée d'imposer ses contraintes alimentaires très spécifiques ne lui convenait pas vraiment. Il se contenta de soupirer, donc, s'en tenant à une réponse sobre et simple.

    "D'accord. Mais à condition que tu me laisses payer une partie de la nourriture et des charges."

    Il dégagea ensuite doucement sa main pour monter sur le vélo. Il désigna son sac à dos.

    "Et toutes mes affaires sont déjà là. Tu montes derrière, comme la dernière fois? Je me souviens peut-être même encore du chemin."

    C'était inutile de lutter de toutes les façons. Mais c'était à la fois une sensation agréable et terriblement déplaisante de compter sur quelqu'un.
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