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Au pied d'un arbre.

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Sigurfinnur Lokison
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MessageSujet: Au pied d'un arbre. Mer 11 Nov - 15:27:37
Remercions les esprits.

Assis à une centaine de mètres de l'arbre sacré, un jeune homme s'était posé en tailleur, yeux fermés. Communion avec la nature, que les formateurs disaient. Ces personnes qui étaient là depuis suffisamment longtemps pour bien connaître les esprits, savoir comment le tout marche. Et cela marchait par communion avec la nature. A vrai dire, Sigurfinnur n'y croyait pas réellement pour l'instant.. Non pas que c'était impossible, bien des choses supposées impossibles s'étaient révélées possible depuis cet étrange rêve. Juste qu'il ne pensait pas en être réellement capable pour l'instant. Et une voix qui, parfois, résonnait dans sa tête à n'importe quel moment, parfois même pendant son sommeil, pendant ses rêves. Lui indiquant de faire telle ou telle chose. D'aller à tel ou tel endroit. Mais pour l'instant, la discussion était plutôt à sens unique. Et les actions n'étaient pas toujours évidentes non plus. Pourquoi donc devait-il acheter une glace italienne, et spécialement parfum vanille-fraise? Ce n'était pas un parfum qu'il appréciait réellement. Mais quelques minutes plus tard, sur son chemin, se trouvait un enfant qui pleurait. Et une glace qui n'allait pas tarder à fondre dans sa main. Pas de signe, pas de voix à ce moment là, donner la glace à l'enfant était donc peut-être la meilleure chose à faire.

Et Sigurfinnur n'avait absolument aucune idée de si c'était la chose à faire ou non. Mais il n'avait pas vraiment envie de manger cette glace à la fraise de toute façon.

Le voilà donc en quête de questions avec les esprits. Dans un coin tranquille, plutôt seul, à l'ombre d'un arbre à une centaine de mètres du grand arbre. Personne d'autre à côté à une vingtaine de mètres à la ronde. Un silence quasiment absolu, rompu uniquement par le bruit des feuilles qui s'entrechoquent par le léger vent. Peut-être quelques gazouillis d'oiseaux au loin. Et si on s'approche vraiment beaucoup, on peut entendre une respiration calme de la part de cet homme assis, tentant de faire le vide dans son esprit pour pouvoir vaguement atteindre un état d'illumination, ou du moins un état suffisant pour pouvoir communiquer avec l'autre voix qui parfois lui donne des ordres aléatoires. Dix minutes. Vingt minutes.

Les formateurs l'avaient prévenu. Cela pourrait prendre du temps, l'esprit n'a pas toujours envie de discuter avec les nouveaux venus. Mais attendre patiemment et l'esprit viendra à lui. Attendre tranquillement, sans forcer, sans s'énerver. La patience était une vertu généralement reconnue par les esprits et inclinaient ces esprits à répondre. Voilà pourquoi Sigurfinnur attendait, sans bruit, seul, au calme. Sans vraiment prendre conscience de ce qui se passait aux alentours. Sans vraiment se soucier de si des gens passaient par là ou non. Tant qu'il n'y avait pas une voix qui s'adressait à lui, il n'y avait pas grand chose à faire, mis à part attendre et voir ce qui se passerait. Du moins, c'est ce que les formateurs lui ont conseillé. Du moins, c'est ce qu'il avait envie de faire jusqu'à ce que la position lui soit trop inconfortable.
Charity Lunoë
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MessageSujet: Re: Au pied d'un arbre. Mer 11 Nov - 20:15:19
La forêt m'avait accueillie à bras ouverts, c'était du moins l'impression que j'avais. Je devais admettre avoir mis du temps avant de comprendre que quelque chose n'allait pas chez moi. Entre la fatigue due aux insomnies – qui n'étaient pas tout à fait des insomnies d'ailleurs – et cette voix qui allait et venait dans ma tête comme si c'était chez elle, j'aurais vraiment dû le comprendre plus tôt. Mais non, il avait fallu que j'entre dans un parc public et m'arrête au bout de trente minutes à y marcher en me demandant ce que je faisais là. Oui, ridicule, hein ?

J'avais donc pris mes clics et mes clacs et je m'étais rendue là où je sentais que je devais aller. Je venais d'arriver, j'avais encore croisé personne, mais je savais qu'il y avait du monde dans les environs. Si ça se trouvait ils étaient tous en train de m'observer au travers des arbres, je frissonnai. Il ne fallait pas que je pense à ce genre de trucs où je ne dormirais pas cette nuit. Pour ce que je dormais de toute manière ces derniers temps. Et puis il fallait que je me concentre pour pas me casser la figure sur les racines et feuilles en décomposition qui jonchait le sol, comme dans toutes les forêts que je connaissais. J'avais pas pris mes valises dans l'immédiat parce que je ne savais pas où j'allais, au cas où je les avait laissées prêtes à partir dans ma voiture.

C'était très silencieux autour de moi, comme un sentiment d'attente qui me mettait mal à l'aise. En même temps, pour la première fois depuis deux semaines, je me sentais tranquille, en paix avec moi-même. J'avais été particulièrement insupportable ces derniers jours avec mon frère et mon père. Je crois qu'ils n'étaient pas mécontents d'apprendre que je partais m'aérer l'esprit quelque part. Je ne leur avait pas dit où. Je l'ignorais moi-même. Ils avaient été trop gentil d'accepter de s'occuper de Lardon, Plouc et Marcel, il faudrait que je leur offre un restaurant en revenant, pour les remercier.

J'étais donc là, dans cette forêt et je marchais vers ce que je pensais en être le centre, poussée par je ne sais quelle envie bizarre. Je soupirai en levant le nez, regardant la voûte de feuilles se balancer dans une brise que je ne sentais pas. Et je continuai d'avancer.

Ce ne fut donc pas une surprise si grande de soudain me retrouver face contre terre. En grommelant dans ma barbe des insanités, je me relevai et enlevai toutes les saletés qui s'étaient accrochées à mes vêtements. J'avais emprunté ce smoking à mon frère, j'avais pas envie qu'il soit tâché, vu qu'il était pas au courant. En plus il m'allait bien, de fait je voulais encore moins l'abîmer.

Je détachais enfin les yeux de mes vêtements – à peu près propres – et me rendis compte que je me trouvais face au plus grand arbre que j'avais jamais vu de ma vie. Ahurie et fascinée, je restai figée face à lui comme une enfant face à un adulte bienveillant.

Au bout d'un long moment, je détournai les yeux, comme gênée et j'observais les alentours. Rien de bien différent, si ce n'était cette petite tâche de couleur près d'un arbre plus loin. Curieuse, je m'en approchais – en faisant attention à mes pieds cette fois-ci. C'était un homme, plutôt banal en somme sauf qu'il était assis en tailleur au pied d'un arbre, les yeux fermés. Comme si c'était normal. Je me sentis brusquement agacée et en même temps, je n'avais pas envie de le déranger. Mais j'étais pleine de questions, et j'avais de je ne savais quelle manière évité tout les gens du coin, sauf lui. Du coup je m'adressais à lui.

« Dites... On est où ici ? » demandai-je d'une voix qui me parut étrangement étouffée.

Je me sentais ridicule de parler à un gars qui pouvait tout aussi bien être endormi. Mais il fallait au moins que j'essaie.


Sigurfinnur Lokison
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MessageSujet: Re: Au pied d'un arbre. Mer 11 Nov - 22:48:49
Tout vient à point à qui sait attendre.

Cela faisait un moment que Sigurfinnur attendait. Lui même ne savait pas vraiment ce qu'il attendait, mais il attendait. Il attendait probablement qu'une voix vienne lui parler. Qu'une voix vienne répondre à ses questions, et ce sans donner des ordres. Remarque, il pourrait très bien donner des ordres aussi, cela ferait un début de contact. Et une négociation. Après tout, généralement, le jeune homme avait été plutôt conciliant, mais n'avait jamais eu de retour réel. Rester en communion avec la nature était tout de même plutôt difficile. Car cela impliquait de se battre contre un ennemi qui reviendra toujours, quoi qu'il arrive. Un ennemi nommé ennui. Source de bien des maux. Un ennui généré par la soif de mouvement, par la soif de nouveauté. Et se détacher de cet ennui... n'était pas bien facile. L'ennemi était puissant. L'ennemi était coriace. Un adversaire qui frappait là où cela faisait mal, là où on ne s'attend pas. Un adversaire extrêmement difficile à combattre. Sigur ne savait absolument pas combien de temps il tiendrait.

Puis vint la salvation.

« Dites... On est où ici ? »

Enfin, la voix avait parlé! Une voix plutôt douce, légèrement hésitante et un poil étouffée. Mais une voix que le jeune homme trouvait tout de même agréable. Cependant, un petit détail mit un léger doute dans l'esprit de l'islandais. Ce n'était absolument pas la même voix que la voix qui habituellement lui parlait, lui donnait des ordres, lui donnait des conseils, lui disait parfois des phrases totalement aléatoires digne des plus grands philosophes ou des personnes dont le taux d'alcoolémie a dépassé la vitesse maximale autorisée en route de campagne. Peut-être n'était-ce pas son esprit habituel? Peut-être était-ce un esprit de passage qui cherchait son clan mais qui s'était perdu dans le chemin? Après tout, du peu qu'il connaissait les esprits, il les voyait très mal utiliser de la géolocalisation par satellite. Surtout s'ils voyagent d'âmes en âmes. Mais bon, ce n'était pas parce que ce n'était pas le sien qu'il ne fallait pas être poli.

"Dans le cerveau de votre serviteur, Sigurfinnur L... L... Mince, c'est quoi déjà mon nom?"

Curieux. Un instant de gêne certain s'installa. Sigurfinnur avait du mal à se rappeler de son nom de famille. Cela commençait par un L. Quelque chose comme ça. Mais bon, prendre cinq bonnes minutes pour réfléchir n'était pas une bonne idée. Après tout, si cet esprit n'était pas le sien, mais qu'il venait lui demander, c'est que normalement, il cherche quelqu'un d'autre. Un formateur serait probablement plus à même d'aiguiller vers la bonne personne. Cependant, quel formateur indiquer? Il y avait cette personne rousse, dont les charmes ne laissaient pas Sigurfinnur insensible. Il y avait aussi cette personne robuste, aux cheveux en dreadlocks, à qui Sigur n'avait jamais parlé non plus.  Peut-être que s'il savait de quel esprit la voix s'agissait, il pourrait mieux aiguiller?

Et à ce moment là, Sigurfinnur ouvrit les yeux. Et se rendit compte que la voix n'appartenait pas à un esprit. Mais à un ange.

"Oh. Euh. Je... Vous... Désolé. Je vais probablement simplement m'enterrer de l'autre côté de cet arbre."

Réflexion faite, si c'était un esprit, il avait répondu à sa question. Mais puisqu'en l'occurrence, la voix appartenait à une jeune femme... Ou un homme extrêmement androgyne... Plutôt une femme, avec sa chance légendairement absente. Mais bref. Il n'avait donc absolument pas répondu de manière suffisante.

"Vous vous trouvez actuellement près du grand arbre sacré, qui... Apparemment... A un lien avec les esprits qui parfois nous donnent des informations ou des ordres étranges. Un lieu où les esprits sont censés être plus présents, plus joignables... Quelque chose dans le genre."
Charity Lunoë
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MessageSujet: Re: Au pied d'un arbre. Mer 11 Nov - 23:54:32
Il garda les yeux fermés et je me sentis vraiment vraiment idiote de le regarder statique et en tailleur sur le sol. Je soupirai et m’apprêtais à faire demi – tour quand il parla. Complètement abasourdie, je le fixai sans rien faire. Il avait un sérieux problème dans sa tête celui – là ! Il croyait parler à qui ? A grand mère feuillage ? Cet endroit était décidément trop bizarre pour moi. Je devais vraiment me carapater dans ma voiture et filer aussi vite que le vent. Rentrer chez moi et jeter au diable toutes ces bêtises de voix et d'insomnies. J'allais me faire soigner et tout irait bien dans le meilleur des mondes.

Et pourtant, je ne bougeais pas. Je le fixai, dépitée et complètement à l'ouest. Comme si je m'attendais à ce qu'il se lève soudainement pour faire des cabrioles. Mais il ouvrit simplement les yeux. Et perdit toute contenance. Au moins il se rendait compte qu'il s'était ridiculisé. C'était déjà ça, la première preuve de santé mentale qu'elle voyait pour le moment.

Et il s'empêtra dans ses explications, il ne semblait même pas sûr de ce qu'il disait comme s'il n'y croyait qu'à moitié. Le Grand Arbre Sacré, je me retournai brièvement pour jeter un coup d’œil au mastodonte végétal qui se tenait derrière moi. Je hochai la tête. Mais fronçai les sourcils quand il parla des esprits. Les voix, La voix... Je comprenais mieux certaines choses, mais moins encore d'autres... Je soupirai. J'en avais marre, un point c'est tout !

« Je vois... Et est-ce qu'il y a quelque chose de concret que vous pouvez m'expliquer ? Comme le fait que je me sois retrouver ici sans vraiment chercher à y être ? Non parce que vous voyez, hier j'étais encore bien dans mes baskets, puis brutalement j'ai fais mes valises et je suis partie à perpet' les oies pour me retrouver dans une forêt étrange avec des mec bizarres qui méditent au pieds des arbres. » débitai-je avec humeur.

Non mais sans blague ! Je devais me taper tout ce chemin dans des bois plus ou moins accueillants pour me retrouver avec des explications complètement ridicules sur les problèmes qui me touchaient actuellement ! Sans rire ? Je pris brusquement une grande inspiration. Ne pas s'énerver, il n'y était pour rien si des tarés lui avaient conseillé de s'asseoir ici pour parler, ou attendre, je ne savais quoi. Mes paroles me revenant en tête, je grimaçai. Bonjour la politesse, la subtilité et le tact...

« Euh... Pardon. Je n'aime pas particulièrement me faire mener en bateau comme ça et ma frustration vous est retombée dessus. Si vous voulez bien m'excuser... » dis-je d'un air que j'espérais un minimum contrit. Parce qu'en vrai, j'en avais rien à faire que ce soit tombé sur lui ou un autre, il fallait bien que ça tombe sur quelqu'un. Mais ça me donnait bonne conscience vis à vis de mon éducation de m'excuser ainsi, et puis s'il n'y avait que ça à faire. C'était pas grand chose, deux trois mots lancés, sitôt envolés !

« Bref ! » repris-je ma voix ayant retrouvée toute son assurance. « Moi c'est Charity, et donc vous êtes Sigurfurnnir ? C'est ça? » demandai-je en hésitant sur ce nom qui sonnait étrangement dans ma bouche. « Ça vient d'où comme nom ? Vous êtes étranger ? » enchaînai-je.


Sigurfinnur Lokison
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MessageSujet: Re: Au pied d'un arbre. Jeu 12 Nov - 7:21:34
Peu à peu, les sentiments s'ouvrirent.

L'ennui, c'était que là, tout de suite, les sentiments perçus étaient un grand mélange de colère, d'énervement, de lassitude et de sarcasme. Autrement dit, ce n'était pas vraiment la meilleure des combinaisons pour pouvoir commencer gaiement une conversation. Sigur serra tout de même un peu les dents. La situation que la demoiselle en face de lui expliquait avec panache lui était extrêmement familière, puisqu'il était un peu dans la même situation. Non, pas qu'un peu, en fait. La seule différence, c'était que lui était déjà en train de méditer au pied des arbres au lieu d'en rencontrer. Et c'était exactement le même genre de questions que le jeune homme voulait poser aux esprits, à la voix qui lui parlait parfois. Donc ce n'était pas vraiment lui le mieux placé pour y répondre.

Après tout, ce n'était pas comme s'il en était responsable, si? Ce n'était pas sa voix qui avait été envoyée dans l'esprit de la demoiselle. Enfin. Non. Il espérait que non. Elle le lui aurait déjà fait remarquer, théoriquement, si c'était le cas. Mais n'avait-il vraiment aucune part de responsabilité là dedans? Une pensée rationnelle pourrait tout de suite répondre qu'évidemment non. Mais tant de choses spirituelles, occultes et magiques étaient arrivées que peut-être qu'il pouvait y être pour quelque chose, en fait, même si cette possibilité semblait à la fois tordue, infime et ridicule. La seule chose qu'il pouvait faire, en tout cas, était d'adresser un sourire. Après tout, cela ne coutait rien, et peut-être qu'avec un peu de chance, la conversation prendrait une tournure un peu moins survoltée.

"Si frustration il y a, ce n'est jamais bon de la laisser gardée en soi. Mieux vaut que tout cela sorte d'un coup, plutôt que d'accumuler cela petit à petit et de perdre peu à peu définitivement le sourire. Vous êtes donc toute pardonnée."

Et voilà qu'il commençait à parler émotions et état psychique. Se prenait-il pour un psy ou un truc du genre? En était-il un, d'ailleurs, à la base? Probablement non. Problablement non, parce qu'il n'était pas habillé comme tel et qu'il n'avait pas un joli divan. Mais... Non, Sigur savait que la majorité de son emploi était lié à la création de solutions informatiques. Mais était-ce un passe-temps qui lui arrondissait ses fins de mois ou son véritable emploi? Etrangement, il lui était impossible de répondre à cette question. Depuis que la voix avait commencé à lui parler, depuis ce rêve étrange, Sigurfinnur avait du mal à répondre à pas mal de questions simple. Cela lui revenait, parfois... Mais parfois, seulement beaucoup plus tard.

"Sigurfinnur. Mais vous pouvez m'appeler Sigur. Ou comme vous voulez, en fait. Cela vient de... Zut, d'où est-ce que je viens, en fait? Bon, les consonnances semblent plutôt nordiques. Peut-être l'Islande, en fait."

Le jeune homme n'arrivait même plus à se souvenir de ses propres origines. Serait-il vraiment atteint d'Alzheimer à un si jeune âge? Après tout, ça, c'était plutôt une maladie quand on atteignait la soixantaine ou quelque chose comme ça, non? Et Sigur avait à peine la vingtaine... Cela semblait donc peu probable. Plutôt un tintouin mystique qu'une maladie de vieux, Sigur l'espérait de tout coeur. Mais bon. Peut-être était-ce donc là maintenant à son tour d'exprimer ses sentiments, et de montrer des sentiments similaires à ceux qu'elle venait de présenter.

"Voyez-vous, je ne sais même pas d'où est-ce que je viens réellement. Je sais que dans le cadre d'un petit boulot, j'ai du modifier le système informatique d'un navire en étant dessus, pendant qu'il naviguait, et au lieu de faire le retour, une force m'a poussé à rester sur cette terre. Je suppose qu'on est en France, si je ne me trompe pas. Et je ne parle pas un mot de français, mais pourtant, je vous comprends comme si vous parliez ma langue natale. Et je ne sais même pas laquelle c'est. J'ai donc à mon avis autant de questions que vous, sinon plus encore, mais à priori, la majorité de vos questions sont aussi les miennes. Et c'est pour y répondre, que des personnes étranges m'ont conseillé de m'asseoir ici et de prier, de méditer, ou un truc dans le genre. Depuis je ne sais plus combien de temps, et sans succès. Le seul succès que j'ai eu jusqu'à présent..."

Sigurfinnur voulait enchainer sur le fait qu'il ait des fourmillement dans le postérieur, mais cela n'était peu convenable. Un soupir, un sourire, et le jeune homme s'était légèrement calmé.

"... C'est d'avoir eu la chance et le plaisir de pouvoir vous rencontrer."
Charity Lunoë
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MessageSujet: Re: Au pied d'un arbre. Jeu 12 Nov - 16:20:11
J'avais un peu l'impression qu'il se moquait de moi avec son petit sourire et tout, mais en même temps, je n'avais aucun mal à le croire sincère. Ses manières et ses yeux perdus et agacés quand il perdait ses mots étaient de bons indices. Je penchai la tête et acquiesçai quand il supposa venir d'Islande. Il semblait complètement à l'ouest, mais je pouvais difficilement lui jeter la pierre dans l'état actuel des choses.

Bon, lui aussi avait décidé sans vraiment décidé de venir ici, sauf que c'était complètement différent, il était carrément un étranger. Je me demandais comment j'aurais réagi si j'avais dû m'exiler comme ça pour venir ici, j'aurais été perdue et encore plus désagréable à mon avis. Je n'aimais vraiment pas me faire mener par le bout du nez, et les esprits – ou quoi que ce puisse être – le faisaient à mes dépends. Je devrais leur crier ma rage, mais au final, je me rendis compte que ce n'était pas tant de la colère que de l'agacement. Le genre d'agacement que l'on ressent face à un enfant un peu lent à la détente.

Cette réalisation faite, il me fut plus facile de compatir – enfin du mieux que je pouvais en me forçant – à ce que me racontait l'homme en face de moi.

Il hésita dans sa dernière phrase et je souris, essayant d'imaginer ce que j'aurais dit à sa place, en fait, j'étais fatiguée, et je n'avais pas envie de continuer cette conversation en étant plus haute que lui, c'était désagréable et pouvait facilement me faire passer pour snob. Sauf qu'il était absolument hors de question que je m'asseye sur le sol humide de la forêt. Je me crispai de dégout rien qu'à y penser. En soupirant, je m'accroupis à sa hauteur, c'était un bon compromis.

Et il fallait bien continuer la conversation parce qu'il avait soulevé un point intéressant.


« Vous êtes sûr que vous ne parlez pas français ? Parce que je suis sûr que c'est ce qui sort de votre bouche, à moins qu'il y ait une sorte de traducteur automatique intégré dans les « trucs » que les « voix » nous envoient, je ne comprends pas. » remarquai-je.

Je réfléchis quelques instants.


« Et quand vous parlez de personnes étranges, où sont-elles ? Je n'ai croisé personne avant vous et pourtant j'ai l'impression d'avoir marché des heures dans cette fichue forêt. Je m'y sens bien mais en même temps, non. C'est super bizarre, j'ai l'impression d'avoir des problèmes d'hormones H24… Vous avez eu quels genres d'ennuis vous avez ces esprits ? » demandai-je curieuse.

Si j'avais eu mon bloc note avec moi, je l'aurais sorti pour prendre des notes, je m'étais rendu compte dernièrement qu'écrire tout ce qui pouvait être considéré, noté, ou compris plus tard m'aidait à me recentrer sur le problème et à accumuler des détails qui finissaient par s'assembler dans ma tête comme un puzzle. Mais pour cela, je devais écrire. Je sentais que j'allais me poser ce soir dans un auberge ou n'importe quoi et que j'allais noter tout ce qu'il s'était passé dans la journée dans les moindre détails pour tout analyser plus tard. Ce serait plus productif que de me triturer l'esprit tout de suite alors que je devais me concentrer pour ne rien manqué de ce que l'autre, Sigur si j'avais bien compris, disait.


Sigurfinnur Lokison
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MessageSujet: Re: Au pied d'un arbre. Jeu 12 Nov - 22:22:01
Mais quel manque de convenances!

Continuer la conversation ne pourrait se faire efficacement que si les deux personnes étaient au même niveau. Et voyant la demoiselle s'accroupir devant lui, le jeune homme se sentit légèrement gêné. Voyant que cette gêne semblait légèrement réciproque, l'islandais tenta de se relever. Tenta. Ayant négligé les forces de frottement et surtout la paralysie légère engendrée par une position inconfortable constante pendant quelques temps, Sigurfinnur perdit l'équilibre. Chutant donc lamentablement sur le sol en laissant échapper un petit cri. Mais ce n'était pas très grave. Après tout, ce qu'il voulait faire, après être resté assis aussi longtemps, était de bouger. Profitant donc du fait qu'il soit au sol, Sigur tendit le bras pour attraper son sac derrière l'arbre. Puis le jeune homme se leva, s'adossant contre l'arbre, concentré sur le contenu de son sac.

Et d'un grand geste, Sigurfinnur en sortit un grand torchon. Une serviette. Un truc du genre, carré, à carreaux bleus et blancs, idéal pour pique-niquer dessus. Quelque chose donc qu'il étendit devant lui pour pouvoir s'asseoir dessus. Quoique, réflexion faite, son pantalon était déjà relativement sale et l'herbe n'était pas si humide que cela. Donc autant continuer à s'asseoir de son côté sur l'herbe. Histoire d'être plus proche de la nature, ou un truc du genre. Mais au moins, le torchon était posé, la demoiselle n'était donc plus obligée d'en faire de même. Le revoilà ainsi de nouveau assis en tailleur. Cette fois ci, Sigur n'attendra que 30 min avant de se relever et recommencer.

"Oui, je ne parle pas un mot de français. De plus... Je ne parle pas non plus un mot d'arabe ou de portugais. Et pourtant, il m'avait semblé avoir entendu ces deux langues, et de les avoir parfaitement comprises. Connaissez-vous l'histoire de la tour de Babel? Evénement improbable, scientifiquement impossible, mais si cela se trouve... Il y a peut-être du vrai là dedans."

Soupirant et réfléchissant à d'autres théories, Sigurfinnur regarda les alentours. Hmmm? Sa vue était encore relativement bonne, mais pourtant, le jeune homme ne vit plus personne, excepté la ravissante blonde devant lui. Où est-ce que les gens étaient passés? Il y avait pourtant au moins trois ou quatre personnes là dernière fois qu'il avait ouvert les yeux. Peut-être avait-il trop trainé, et ainsi, étaient-ils partis en pause déjeuner. Ou alors étaient-ce les esprits qui s'amusaient à leur jouer un tour? C'est vrai qu'à force d'attendre, peut-être que l'islandais avait attiré leur attention.

"En allant auprès de l'arbre sacré, deux personnes sont venues me voir. Je leur ai posé des questions, ils ont souri et m'ont répondu que les esprits me répondraient. En me disant d'entrer en communion avec la nature. Je me suis mis à l'écart, et vous connaissez la suite. Peut-être qu'en approchant l'arbre, vous les rencontrerez aussi. Mais vous risquez fort d'obtenir les mêmes réponses que moi."

Ou peut-être que non. Après tout, dépendant de l'interlocuteur, une personne peut être amenée à obtenir des réponses différentes pour la même question. Peut-être aurait-elle plus de chance que lui? Mais après tout, ce qu'il avait fait pour l'instant n'était pas encore si difficile. Peut-être qu'il fallait obtenir un déclic, une réponse philosophique qui lui permetrait alors de tout comprendre sous un autre angle. Mais pour l'instant, il n'avait pas de recul, juste de l'ennui brut. En gros... Pour l'instant que des ennuis et peu de bénéfices.

"Vous voulez dire, outre l'insomnie, les ordres parfois donnés à quatre heures du matin, le fait de m'avoir envoyé dans un pays où je comprends ce que les gens disent mais que j'ai sacrément du mal avec ce qui est écrit et cette foutue amnésie qui me fait oublier jusqu'à mon nom de famille? Ceci étant dit, sans les esprits, je serais probablement enfermé chez moi, à ne jamais découvrir le monde et à me satisfaire d'un quotidien répétitif et sans grand défi. Bien que j'aurais préféré qu'on me pose la question d'abord avant de me lancer directement dedans."
Charity Lunoë
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MessageSujet: Re: Au pied d'un arbre. Jeu 12 Nov - 23:38:59
Il tomba, mais pas une chute toute mignonne, plutôt le genre que l'on revoyait en vidéo en maudissant le salopiot qui l'avait filmée. Je dus me retenir d'éclater de rire. Mais comme il eut la délicate attention de déplier une sorte de nappe sur le sol plein d'humus pour que je m'y assoie, je ne dis rien, ni ne ris. C'était le minimum de respect quand même. Il ne s'était même pas assis dessus. Je ne me fit pas prier en tout cas parce que je commençais à fatiguer en position accroupie comme ça...

Je hochai la tête. Je connaissais la Tour, qui ne connaissais pas ? Mais mieux encore, j'avais dû faire des recherches durant mes études sur le sujet du coup, je m'étais passionnée pour cela et toutes les théories assimilées.

« Scientifiquement impossible certes, mais c'est un bel idéal et c'est surtout une métaphore. Or, ce que nous vivons, si j'en crois ce que vous avez dit et mon expérience, c'est concret, réel et il y a sûrement une explication à cela. Bien que je doute qu'elle nous paraisse rationnelle. »

Je grimaçai, déjà ces histoire d'esprits et tout... J'avais jamais été très connectée au monde réel enfant, j'étais toujours dans mes rêves et mes histoires inventées. Mais j'étais désormais plus... pragmatique et bon, ces délires actuels qui tournaient dans le coin. J'avais beau être dans le grand bain, j'avais beaucoup beaucoup beaucoup de mal à y croire sérieusement. Je fronçai les sourcils en l'écoutant. Si ça se trouvait, les esprits contrôlaient ma vie encore plus profondément que je ne le pensais et ils m'avaient guidés ici pour répondre à ses questions. Le truc le plus débile du monde puisque j'étais miss question sans réponses là. Je grognai.

« Et ben s'ils me répondent pareil, je les envoie chier et je me casse, parce que ça va bien cinq minutes les conneries. » dis-je avec un peu trop de vulgarité par rapport à d'ordinaire. Mais vraiment, ça commençait à suffire. En fait, c'était déjà trop pour moi. Je n'étais pas ce qu'on pourrait appeler d'un naturel patient.

Je le fixai un instant, impressionnée par sa tirade. En fait sa situation était pire que la mienne par bien des aspects. Ne serait-ce que parce que j'étais à environ deux heures de route d'ici alors que lui, il devait supposément traverser l'océan. Que j'étais dans mon pays natal mais que lui se retrouvait à devoir parler un autre langue que celle qu'il connaissait, sans savoir pourquoi... Et d'autres choses encore. Enfin bref, sous tout les aspects, sous tout les points de vue, du mien ou du sien, c'était la merde ici, mais on sentait qu'on avait pas le choix. Et c'était le pire de tout. Surtout pour moi : j'ai toujours eu le choix, j'abhorrais l'idée qu'on m’enlevât mon libre arbitre de quelque manière que ce soit. Je frissonnai.

« Et bien, un sacré périple, des sacrés ennuis. Je compatis. Personnellement, j'en suis juste arrivé à un stade où je n'étais nulle part tranquille, rassurée et sereine, sauf dans une forêt. Quel sens de l'humour exaspérant ! Si humour il y a quelque part dans ce bazar... » remarquai-je avec lassitude. « Peut-être qu'ils sont persuadés de nous faire une faveur avec les voix et tout, mais qu'on est pas encore assez... éveillés pour en saisir tout les points positifs ? » me demandai-je à haute voix.


Sigurfinnur Lokison
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MessageSujet: Re: Au pied d'un arbre. Ven 13 Nov - 7:15:57
Un idéal et une métaphore. C'est aussi vaguement ce que Sigurfinnur avait pensé, autrefois. Mais aujourd'hui, avec ce qui lui était arrivé, le jeune homme n'en était plus aussi sur. Comment pouvait-il comprendre ce que toutes les autres personnes disaient, alors qu'il était persuadé de parler sa langue natale avec les autres, et qu'il était sur et certain que ce que parlaient les autres n'était pas sa langue natale, mais apparemment le français? Et la tour de Babel pouvait répondre à cette question. Sauf qu'il y avait un détail qui ne collait pas. Des esprits, il y en avait plusieurs. Suffisamment pour former plusieurs clans. Or, le mythe de Babel était au contraire relaté par des religions monothéïstes. Difficile donc de voir qu'est-ce qui était vrai ou non, mais cela ne l'empêchait pas de penser.

"Maintenant, corrigez-moi si je me trompe. Mais dans cet idéal, tout le monde parlait la même langue et s'était associé pour construire un édifice dont le but était de défier la ou les divinités. Et pour empêcher la construction, chaque personne s'était retrouvée à parler une langue différente, empêchant ainsi toute coordination et semant la discorde, entrainant la chute de la tour. Maintenant, si c'est réellement ce qui s'est passé, prenons l'affaire dans l'autre sens. Comment est-ce que les divinités ont réussi à le faire?

Le langage. La clé doit être dans la langue. La parole est un don merveilleux, qui est le pouvoir de transformer les idées, les concepts, en objets sonores pouvant être percus par les autres, puis retransformés en idées. Maintenant, imaginez que les esprits, au moment de Babel, aient eu l'idée de mettre à chacun une bride identitaire sur chaque personne? Que chaque idée devienne une idée personnelle avant d'être devenue un objet? Et cela pour nous séparer. Mais aujourd'hui, les esprits manquent de forces et cherchent à nous rassembler, pour qu'on puisse faire preuve de la même coordination qu'autre fois, en faire sauter la bride identitaire. C'est comme cela que je comprends chacun, que je comprends ce que vous dites. Mais ce n'est que ma théorie."


Un petit rire s'échappa de Sigurfinnur quand il entendait son interlocutrice répondre sommairement de sa réaction si les personnes connaissant les esprits lui donnaient une réponse similaire à celle qu'il avait reçue. Lui aussi aurait voulu en faire de même, lui aussi avait été tenté de le faire. Mais ce genre de comportement ne permettait pas vraiment d'avancer, et au fond, il n'aurait probablement pas eu d'autres choix que de s'y résoudre à un moment ou à un autre. Cependant, Sigurfinnur admirait beaucoup sa franchise. Cela nécessitait tout de même une certaine quantité de courage dont il savait qu'il n'atteignait pas le niveau.

Et la demoiselle soulevait un point assez intéressant. Un manque d'éveil. Peut-être qu'il fallait se réveiller un peu plus encore. Mais comment? Il fallait un déclic. Et pour cela, il fallait imaginer une théorie à suivre pour pouvoir y arriver. Comment s'éveiller davantage alors qu'on sait pertinemment que c'est impossible?

"Permettez-moi d'émettre de nouveau une théorie. Si nous ne sommes pas assez éveillés... C'est peut-être par manque de foi. On nous a appris depuis tout petit ce qui était impossible, on nous a mis dans le cerveau que c'était impossible. Peut-être que le premier contact était pour nous permettre de comprendre que c'était possible, et que progresser était en fait d'accepter peu à peu que ce monde dans lequel nous avons été kidnappés est possible. Après tout, si on pense qu'une chose est impossible, c'est que l'on se met une bride pour dire que non, on ne réussira pas, donc on ne risque pas de réussir. Mais si on lâche cette bride, ces préconceptions, cela ne permettrait pas des avancées révolutionnaires? Bon nombre d'avancées même scientifiques ont pu être réalisées parce que les scientifiques avaient lâché leurs préconceptions sur un domaine pour se rendre compte que leurs préconceptions n'était pas vraies..."

Et, d'un coup, en finissant de dire cette phrase, Sigurfinnur commença à rougir. Mais à rougir sévèrement. Il n'y avait rien de magique à cela, cependant. Enfin, si. Simplement qu'il avait enfin réussi à entendre la voix qu'il espérait entendre depuis le début, mais cette voix ne lui avait pas exactement dit ce qu'il souhaitait entendre...

"Non... Je..."
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MessageSujet: Re: Au pied d'un arbre. Sam 14 Nov - 22:24:26
« Se rassembler ? Oui, d'accord, mais dans quel but ? Que pourraient vouloir ces ''esprits'' qu'ils n'aient déjà ? Que pouvons – nous leur apporter dans ce cas ? Une tour de Babel à petite échelle, mais où les hommes plutôt que de se battre – ou de défier – les ''divinités'' essaieraient de créer quelque chose avec elles, ou simplement de marcher dans le même sens ? Croyez – vous que ce soit possible ? Croyez – vous vraiment que cela puisse expliquer ce qui nous arrive ? »

J'étais quand même un peu septique. C'était un peu gros comme hypothèse, mais je ne savais pas pourquoi, elle me paraissait avoir un fond de vérité. Comme un murmure de mon inconscient qui me dirait « Mais oui, c'est clair ! ». Je soupirai devant ma propre bêtise. C'était ridicule et irréalisable, même si j'avais une preuve concrète devant moi en la personne de Sigur qui me comprenait et que je comprenais. En fait, j'avais l'impression d'essayer de me convaincre de l'impossibilité de tout cela, alors que j'y étais plongée jusqu'au cou. C'était moi qui était ridicule en fait.

« Et puis le fait même de nous forcer à nous rallier à eu, par rapport au monde où l'on vit, fait de nous des parias, ou réceptacles d'une autre sorte de bride identitaire, non ? L'idéal serait qu'ils touchent le monde entier, alors pourquoi ne le font-ils pas ? Ça me semble être comme le chien qui se mord la queue quand même... » remarquai-je les sourcils froncés. « Ils nous ouvrent des portes pour en fermer d'autres… Je ne vois pas où tout cela nous mène sincèrement. »

Je hochai la tête lorsqu'il débita sa théorie à propos du manque d'éveil, et de ce que l'éveil avait de bénéfique. Les lèvres pincées, je m'apprêtai à répondre lorsque je le vis perdre toute la contenance qu'il avait pendant la conversation et bégayer.

« Qu'est-ce qu'il y a ? » demandai-je, inquiète. Mais pourquoi m’inquiétais-je d'un parfait inconnu ? Peut-être parce qu'il ne m'étais plus si inconnu que ça. Si je me m'étais à apprécier tout les gens que je croisais j'étais pas sortie de l'auberge...

Même s'il avait deviné que je n'étais pas tout à fait d'accord avec ce qu'il avait dit, au sujet des révolutions du moins, je ne comprenais pas sa réaction. Je me penchai vers lui en haussant les sourcils.

« Hey ! Ça va pas ? Je comprends que tout ça te perturbe, ça me perturbe aussi mais c'est pas une raison pour réagir comme ça. Hey ho ! Du nerf moussaillon ! On va en venir à bout de tout ces mystères ! » dis-je. Même si discuter n'était pas en soi la meilleure manière de résoudre ces bêtises.


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MessageSujet: Re: Au pied d'un arbre. Sam 14 Nov - 23:32:04
A bien y réfléchir, on pourrait presque croire que l'écarlate des joues de Sigurfinnur était magique. Peut-être qu'il l'était, d'ailleurs, mais même si c'était le cas, Sigur ne le remarquait pas du tout, se sachant rougissant et terriblement gêné. Pourtant, ce que venait de lui dire le caméléon était probablement vrai. Enfin, techniquement, le jeune homme n'avait encore aucune idée qu'il s'agissait d'un caméléon. Mais il y avait une énorme part de vrai dans les paroles de la voix qui venait de résonner dans sa tête. Cette voix qui, depuis plusieurs semaines, était relativement la même et lui donnait ordres étranges et conseils cryptiques. Et là, ce que cette voix venait de faire était à la fois un ordre des plus direct et un conseil des plus énigmatiques.

"Non, enfin... Si, mais... Mais non, je... Ce... N'est pas..."

Voyant la ravissante demoiselle se pencher légèrement vers lui, le cerveau de Sigurfinnur se figea un instant, traitant un nombre de données bien trop élevées pour sa cadence de travail. Ou plutôt, sa cadence de travail actuelle avait apparemment tellement chuté qu'il n'arrivait pas à assimiler, encore moins à décider de l'action à prendre. Probablement pour cette raison que le jeune homme bascula et tomba à la renverse en arrière, d'un geste très mal coordonné et absolument pas calculé. Quelque part au fond de son cerveau, l'Islandais entendait quelqu'un l'appeler fuyard ou couard, mais il n'était même pas sur si c'était bien la même voix ou son propre sens critique. Quoique, son sens critique pourrait aussi avoir la même voix que la voix, non?

Bon, cet état ne devait pas durer. Pourtant, Sigurfinnur savait qu'il durerait un bon moment tant qu'il ne faisait pas d'actions contre. Ou pour. Mais actuellement, il se savait à moins de 10% de ses capacités physiques habituelles, le reste trop occupé à trembler ou à se recroqueviller dans un coin. Mais 10% était suffisant, pour se relever avec difficulté, s'adosser à l'arbre qui était encore dans son dos et... Serrant le poing, le jeune homme frappa du tranchant de la main, ou plutôt du bas du poing, le tronc de l'arbre de toutes ses forces. Ou plutôt, du peu de forces qu'il était en ce moment capable de rassembler. Bien sur, l'arbre n'avait absolument rien. Bien sur, cela faisait mal.

Mais la douleur était vive et fulgurante, agissant comme un réveil qui parcourait l'ensemble de ses nerfs jusqu'au cerveau, avant de redescendre dans ses membres. La maintenant, avec le geste qu'il venait de faire, Sigur estimait environ à cinq le nombre de secondes de lucidité totale qu'il avait. C'est à dire, cinq secondes pendant lequel il pouvait avoir un usage de la parole normal sans trop de bégaiement, cinq secondes sur lequel il faudra sérieusement qu'il avoue une majorité de choses. Oui mais, que dire exactement? Sur le coup, Sigurfinnur n'y avait pas songé, et il ne restait plus que quatre secondes. Zut.

"Un esprit vient de me parler à l'instant. Et de m'ordonner de vous embrasser."

Et les quatre secondes étaient passées. Et Sigurfinnur détourna la tête afin d'éviter le regard de la demoiselle. Etant redevenu aussi écarlate qu'il y a quelques instants. Le jeune homme savait qu'il avait fait un premier pas vers le rétablissement vers une condition normale. Mais il savait aussi que le choc de réveil qu'il venait de s'infliger ne marcherait qu'une seule fois, et ne marcherait plus à nouveau. N'étant plus capable de grand chose actuellement, excepter se remettre à marmonner comme il y a quelques instants.

"... Non pas que je sois contre... Mais... Contraire à mes principes..."

Après tout... Aussi charmante qu'elle soit, la demoiselle en face était une quasi-inconnue. Qui ne partageait certainement pas ses sentiments. Ou plutôt, les sentiments que l'esprit voulait qu'il ait...
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MessageSujet: Re: Au pied d'un arbre. Dim 15 Nov - 20:51:41
Il bégaya encore, et était devenu rouge. Mais pas un petit rouge de tapette, non, il était littéralement écarlate. Je ne sus si je devais rire ou pas et je ne pus m'empêcher de ricaner en le voyant tomber en arrière. En fait, j'éclatai totalement de rire en le voyant se débattre comme une tortue tombée sur le dos. Ne comprenant absolument pas son attitude soudaine, je ne voyais pas quoi faire d'autre à part le regarder d'un air abasourdi. Ce que je vis au bout d'un moment à le voir se débattre.

« Euh… Vous êtes sûr que ça va ? »

Il ne me répondis pas tout de suite et frappa la racine d'un arbre. J'écarquillai les yeux, mais il lui avait rien fait et arbre ! Pourtant il sembla reprendre un instant ses esprits et je le fixai, dans l'expectative, intriguée par ses actions, et me demandant s'il n'avait pas un petit problème mental. Un tout petit. Franchement, j'avais autre chose à faire. Et pourtant, nous étions partis pour bien discuter, quelques minutes auparavant, avant qu'il ne fasse une crise de je ne savais quoi. Il parla enfin. Et je le dévisageai, complètement abasourdie. N'arrivant pas à aligner deux mots dans mon esprit pour lui répondre vertement. Je n'avais pas envie d'être méchante quand je voyais sa réaction. Comme un gamin prit en faute il détourna le regard.

Je souris, pris une profonde inspiration et demanda d'une voix doucereuse : « Il a dit quoi ? »

Grinçant les dents, je le regardais bégayer encore concernant cette demande étrange venant de son esprit.

« Pouvez-vous lui dire qu'il peut aller se faire mettre dans un trou ? Bien profond ? Je n'ai rien contre vous, mais dans l'idéal je ne vous connais ni d'Adam ni d'Eve... » remarquai-je en tâchant de ne pas rougir moi aussi.

Nan parce que j'étais pas une nonne, loin s'en faut, mais de là à embrasser le premier inconnu venu. Ceci étant, il n'étais pas moche, sans être extrêmement attirant. Et je ne le trouvais pas désagréable, je pense que l'on pouvait bien s'entendre. Mais là, c'était trop d'un coup. Je me levai d'un bond et me mis à faire les cent pas, pour qui se prenait sa voix intérieure sérieusement ? Je me figeai.

« C'est pas plutôt une blague que vous me faites ? Nan parce que j'y crois moitié à vos conneries d'esprit là, donc bon… » demandai-je.


Sigurfinnur Lokison
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MessageSujet: Re: Au pied d'un arbre. Dim 15 Nov - 22:45:42
Inspirer, expirer. Inspirer, expirer.

Reprendre un rythme de respiration lente et manuelle était le meilleur moyen de faire baisser le rythme cardiaque actuel, bien trop élevé pour être dans un état normal. Sigur n'avait jamais fait de médecine, il était donc possible pour lui que le rouge de ses joues soit du à un excès sanguin. Faire battre son coeur moins vite serait donc un bon moyen à la fois de reprendre contrôle et un état relativement normal. Donc, une respiration lente et forcée, tandis qu'il écoutait la réponse de la demoiselle. Elle aussi semblait extrêmement surprise, et tout aussi peu conciliante à l'aider dans sa requête. A vrai dire, l'entendre ainsi était une source de soulagement. Preuve que la requête qu'il avait entendue ne semblait pas seulement ridicule pour lui, mais aussi pour elle. Un léger rire s'échappa des lèvres de Sigurfinnur.

*Oui, je veux bien, mais vu que j'ai passé je sais pas combien de temps à essayer de le contacter, je ne sais pas s'il m'entend, s'il faut que je pense très fort, ou s'il faut que je le dise à voix haute...*

"Chère voix intérieure qui s'amuse à envoyer les gens sans raison dans un trou paumé, moi et ma charmante interlocutrice vous prions d'aller joyeusement vous faire observer en capitale athénienne? Cordialement, violoncelle, comment je m'appelle, déjà?"

*Excusez-moi si cela peut vous paraître étrange, mais quel est le nom que je vous ai donné il y a quelques secondes? Ah oui, Sigurfinnur. Désolé... Une minute.*

"Par curiosité, aurais-je dit tout haut ce que j'étais censé penser et seulement pensé ce que j'étais censé vous dire? Je peux vous assurer que je préfèrerais largement que ce soit une blague."

Maintenant, il ne lui restait plus qu'à constater l'étendue des dégâts qu'il venait de causer tout en constatant aussi la demoiselle faire les cent pas devant lui. Lui même, à cet instant, savait que son état s'était très légèrement amélioré, passant de l'écrevisse au simple carmin. Mais outre un expert en rubéraphilie ou une personne extrêmement réceptive aux basses longueur d'ondes lumineuses, il n'y avait pas vraiment de différences d'un point de vue extérieur. Juste que l'usage de sa parole, bien que légèrement confondu avec l'usage de sa pensée ces quelques dernières secondes, lui était redevenu accessible.

"Tout de suite, l'idée de creuser un trou bien profond pour m'y enterrer me semble très attirante. Mais je crois que cela serait extrêmement contre-productif. Voix ou pas, j'aimerais beaucoup apprendre à vous connaître tout de même. Et j'espère de tout coeur que la voix que vous entendez est bien plus sensée avec vous qu'avec moi..."

Sigurfinnur marqua une petite pause, son visage reprenant légèrement des couleurs et son regard partant légèrement dans le vide. Faisant quelques pas sur le côté, Sigurfinnur cherchait à comprendre le sens de ce qu'il était en train d'entendre. Et assez vite, son rouge de gène se transforma en rouge de colère. Même teinte, mais un visage légèrement plus renfrogné.

"Quoi? Ok. Je crois que la voix nous a entendus. Exactement, 'Félicitations, je viens de perdre un pari avec le cerf à cause de toi. Mais comme je suis plutôt sympa, je préfère te prévenir, baisse-toi.' Comment ça, un pari? C'est ça qu'il appelle être sympathique? Et comment ça, baisse-t..."

Mais Sigurfinnur n'eut pas le temps de finir sa phrase. Un gros coup de vent fit se déplacer une branche, qui ainsi le frappa dans l'arrière de la tête. Pas quelque chose de violent, mais suffisant pour le faire avancer de deux pas en se frottant la tête et en se demandant ce qui était arrivé. Le jeune homme n'avait absolument pas envie d'y croire non plus, mais cela semblait un peu trop gros pour être une coincidence...
Charity Lunoë
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MessageSujet: Re: Au pied d'un arbre. Lun 16 Nov - 21:51:55
Il reprit peu à peu contenance, ce qui n'était pas pour me déplaire, manquait plus que les esprits jouent les entremetteurs ! Je fus tirée de mes pensées par la voix de mon interlocuteur. Je le regardais un instant sans comprendre, arrêtée en face de lui, avant de réaliser qu'il devait parler à sa « voix ». Je pinçai les lèvres pour me retenir de rire puisqu'il utilisait des termes plutôt... imagés. Que je n'avais jamais entendu auparavant. Et puis, bien sûr, il oubliait son prénom. Je gloussai, ne pouvant m'en empêcher mais il ne sembla pas le remarquer.

Quand il me vit rire, il me demanda s'il avait dit tout cela à voix haute, je ne pus que hocher la tête, la main sur la bouche pour me retenir de rire trop fort.

Je repris contenance et hochai la tête.

« C'est toujours sympathique de rencontrer de nouvelles personnes, même dans ce genre de circonstances. » dis-je avec un petit sourire, vestige de mon hilarité précédente.

Son visage recommençait à avoir une teinte normale, mais il eut soudain les yeux vagues, et le rouge revint. Je haussai un sourcil, c'était fou ce qu'il était expressif avec son visage ! En fait, il était un vrai spectacle à lui tout seul. Je me sentis heureuse de ne pas être le même genre de personne. Je savais rester à peu près digne en toute circonstances...

« QUOI ?! » m'écriai-je, de plus en plus persuadée qu'il se fichait de moi. « Un pu*** de pari de mon c** ? » m'indignai-je. Mais c'était quoi ce putain de délire ?

Et il se prit une branche envoyée par une brise. Et je me figeai, pâlis et regardai autour de moi comme une bête traquée.

« D'accord... Là, ça fait peur... » dis-je doucement.

Je me retournai vers Sigur.

« Vous allez bien ? Vous savez, pour tout vous dire, je n'ai jamais vraiment eu de voix dans ma tête, c'était plutôt comme... Comme si me je sentais obligée de faire des choses, par mon inconscient, je sais pas si vous comprenez... Mais là, là je me pose vraiment des questions... » dis-je en m'efforçant de contrôler ma peur et de rester un minimum calme.


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MessageSujet: Re: Au pied d'un arbre. Lun 16 Nov - 22:38:30
Etat des lieux. Bon. L'élasticité de la branche ayant permis de réaliser ce miracle naturel ne pouvait être présente que si la branche était suffisamment fine. Ce n'était donc pas un coup très violent, juste l'équivalent d'une petite calotte dans l'arrière de son crâne. Etait-ce un coup prémédité, ou bien était-ce une pure coincidence et la voix ne cherchait qu'à le prévenir de ce petit danger imminent? Sigurfinnur espérait de tout coeur que ce soit la seconde solution. Mais la première, non seulement avait l'air de plus en plus possible tant les choses étranges s'avéraient réelles, mais avait ceci d'effrayant que, bien probablement, une petite calotte sur la tête était loin, très loin du potentiel maximum dont un esprit était capable. Cela faisait en effet peur. Et regardant la seule autre personne présente en ce moment à ses côtés, le jeune homme vit que la peur qui commençait à s'installer en lui semblait réciproque.

"Ne vous inquiétez pas, j'ai plus été surpris qu'autre chose. Une obligation, dites-vous? C'est vrai que maintenant que j'y pense, le contrat qui m'a amené ici était assez mal rédigé, et je me souviens l'avoir accepté sans vraiment en avoir eu l'ordre. Pourtant, cela ne me ressemblait pas vraiment... Quoi, je suis capable de me rappeler de cela, mais même pas de mon nom?"

Sa mémoire lui jouait de drôles de tours, et étrangement, le jeune homme avait l'intime conviction que ceci était lié à tout cela. Sa mémoire, son arrivée ici, sa rencontre avec Charity, ce coup de branche, tout était lié. Pourquoi, aucune idée. Mais cela reste du domaine de l'esprit. Une voix qui semblait prendre plaisir à le faire cavaler loin de sa terre natale, tout en lui privant des souvenirs de sa terre natale pour qu'il ne puisse pas y retourner. Mais ce n'était pas uniquement par simple sadisme, du moins, c'est ce que Sigurfinnur espérait. En tout cas...

"Maintenant que j'y pense... J'avais aussi beaucoup de questions que je me posais, mais un certain scepticisme quant à l'obtention d'une réponse. Et ce n'est qu'en acceptant son existence que... Vous avez bien vu comment tout cela a commencé. Libre à vous de croire ou non en ce que je dis, mais étrangement, de mon côté, le fait d'y croire a répondu à quelques unes de mes questions initiales... Et a généré encore plus de questions."

Un bien étrange monde, où donc Sigurfinnur ne savait absolument plus ce qui était possible et ce qui ne l'était pas. Ce qui était normal et ce qui ne l'était pas. Mais ainsi, son premier contact lui avait permis d'ouvrir les yeux... Et peut-être qu'il fallait qu'il aide ainsi les autres personnes dans un contexte similaire au sien à croire de la même façon. Ou les convaincre, au contraire, de ne surtout pas y croire pour ne pas être entrainé de plus en plus dans ce monde totalement étrange... En tout cas, son visage avait repris une teinte neutre et des traits normaux. Un petit sourire ornait même ce visage tandis qu'il s'adressait à la ravissante blonde en face de lui.

"Puis-je donc savoir si les questions que vous vous posiez sont similaires aux miennes? Je ne pense pas pouvoir y répondre, mais si nos questions se rejoignent, peut-être qu'en réfléchissant à deux, nous pourrions trouver une réponse satisfaisante... Et qui, de préférence, ne finisse pas avec un arbre qui me tape dessus."
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MessageSujet: Re: Au pied d'un arbre. Mar 17 Nov - 21:36:07
Je hochai la tête, qu'il ait juste été surpris, je voulais bien le croire. Je déglutit et tâchai de reprendre contenance, je n'aimais pas avoir peur mais combien de pourcentage de chance que ça n'ait été qu'une coïncidence ? Je croyais rarement aux coïncidence, surtout depuis que je faisais des trucs sans savoir pourquoi, comme me retrouver là, à discuter avec ce mec aussi paumé que moi.

Je me remémorais son avertissement, celui qu'il disait avoir entendu... L'Esprit du Cerf ? Pourquoi l'esprit du Cerf ? Comme les trucs de totems indiens ? Ou comme les divinités égyptiennes, un peu mi-homme mi-animal... Ou alors... Rahh ! Je savais pas et ça me dérangeait profondément.

Sa vision des choses était étrange, aucune question n'avait trouvé de réponse chez moi, juste plus encore de questions. Mais j'étais encore dans une phase où j'avais encore du mal à y croire donc si j'en croyais sa réflexion, c'était pour cela. Bizarre, mais aussi sensé en fait, comme idée. J'avais encore peur, mais penser à autre chose, plus ou moins, ça aidait. Je ricanais nerveusement.

« Oui, vu comme ça... Bah... En fait je crois que ma seule question c'est : Pourquoi ? Pourquoi ces impulsions qui me font aller à droite plutôt qu'à gauche, dans une foret à deux heures de chez moi plutôt qu'au centre commercial, qui me font prendre un thé – alors que je déteste ça – plutôt qu'un café, qui me font écouter de la musique classique plutôt que du rock... Pourquoi ? Parce que c'est comme ça que je l'ai vécu... Oh, et puis : Pourquoi ces fichus rêves interminables qui me bouffent mon sommeil déjà pas bien puissant ? » dis – je en soupirant.

J'en avais marre, tellement que je me laissais tomber sur le sol, en tailleurs sans me soucier de mon pantalon – ce que j'allais sûrement regretter plus tard d'ailleurs. Je me pris la tête entre les mains.

« Et vous, quelles étaient – sont – vos questions ? » demandai-je.


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MessageSujet: Re: Au pied d'un arbre. Mar 17 Nov - 22:42:02
Pourquoi.

Une question que l'on se pose bien souvent, et qui en effet comptait pour 90% des questions que Sigurfinnur cherchait à poser s'il arrivait à communiquer avec la voix, sans que ce ne soit un dialogue à sens unique. Il était vrai que sa première pensée était légèrement sarcastique. Pour les embêter, par pur plaisir sadique. Après tout, s'ils étaient capables de les torturer ainsi, pourquoi s'en priver? Sauf que cela n'était pas logique. Et de surcroit, bien trop pessimiste. Pourquoi les torturer en lui faisant faire, 40% du temps, des bonnes actions au lieu de l'inciter à semer le chaos? Bon, certes, il y avait tout de même une part chaotique dans ce qu'il faisait, mais c'était un chaos aléatoire, entropique et non un chaos anarchique et destructeur. Améliorer le monde, et s'amuser un peu en même temps? Peut-être était-ce la raison.

"Pourquoi faire faire tout cela? Probablement parce que nous avons tous deux un rôle à jouer. Une chose que nous seuls pouvons faire. Et donc, chaque action qui peut nous sembler contre-nature nous rapproche de leur grand objectif. C'est vrai que j'apprécie moyennement qu'une voix s'amuse avec ma destinée, la force vers une direction non naturelle pour moi. Mais si je n'avais pas traversé cet océan et vous n'avez jamais fait ces deux heures, jamais par exemple, je n'aurais pu vous rencontrer. Il ne reste à savoir que si nous réunir dans ce lieu pour mieux comprendre est un objectif ou une simple étape. "

Quant à l'insomnie... Il était vrai que Sigur avait tout de même pas mal de mal à dormir convenablement, avec des rêves plus épuisants qu'autre chose. Cependant, aujourd'hui, à l'instant même, le jeune homme se sentait plutôt bien. Il était possible que cela soit du à la charmante compagnie qu'il avait actuellement, toutefois, il existait une explication bien plus plausible à cet étrange phénomène. Ou du moins, il n'y avait absolument rien de plausible pour une situation normale, mais cela semblait faire sens dans la tête de Sigurfinnur. Cela méritait quelques tests, mais il y avait de grandes chances pour que cela soit ainsi.

"Ou peut-être que le but est de nous éloigner de la ville qu'on connait et nous amener près d'ici. Mon sommeil est aussi extrêmement léger depuis, ne permettant pas de récupérer grand chose. Mais le fait d'avoir tenté de méditer, au pied de cet arbre, m'a donné quasiment l'équivalent d'une nuit de repos. Peut-être que ces rêves sont là pour vous rappeler de vous hâter à venir en ce lieu. Essayez-donc? Vous poser, ainsi, pendant cinq minutes, à fermer les yeux et à ressentir la nature. Voir si cela peut vous faire du bien, vous reposer comme ce que je viens de ressentir. Quant à mes questions, c'est aussi des 'Pourquoi moi', 'Pourquoi m'avoir fait traverser l'océan alors qu'il y a probablement aussi des arbres dans mon pays', et surtout, 'Mais qu'est ce qui arrive en ce moment avec ma mémoire'. Et je vois que fort heureusement, ce troisième problème ne vous touche pas."

Enfin. Peut-être que cela marcherait tout de même mieux au contact direct de l'herbe, mais comme la serviette-nappe avait été déjà étendue, autant en profiter pour ne pas se salir. Quoique. Sigurfinnur avait oublié quelque chose. Ce qui n'était pas étonnant, en fait. Mais... Cela lui revint assez vite en mémoire.

"Si cela peut vous rassurer, je vous promets solennellement de ne rien faire à votre encontre pendant ces cinq minutes. Vous avez probablement besoin de repos, et je ne voudrais pas le gâcher."
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MessageSujet: Re: Au pied d'un arbre. Mer 18 Nov - 22:20:54
Je n'aimais pas l'idée de faire parti d'un plan plus grand sur lequel je n'aurais pas de voix au chapitre. J'aimais décider de ma vie, j'aimais tout contrôler. Je ne supportais pas de dépendre volontairement ou non de quelqu' un ou de quelque chose. En réfléchissant bien, je comprenais où il voulait en venir. Et j'avais la désagréable impression que ce n'était qu'une étape, et ce n'était pas pour me rassurer. Il fallait avouer que pour l'instant je n'avais l'impression que d'être un jouet entre des mains étranges et invisibles. Et franchement... ça craignait.

« Moui » dis-je d'un air dubitatif. « Une étape, un rencontre fortuite ? Mouai. Ils se foutent de nous j'ai l'impression. »

Je haussai les sourcils, sa proposition était pour le moins... surprenante. Mais sensée, dans l'état actuel des choses. Il était vrai que je me sentais plus calme depuis que j'avais pénétré dans la forêt, mais ce n'était pas une raison pour avoir l'air bête comme lui précédemment. Et pourtant... Pourtant, cette proposition m'attirait inexplicablement. Comment expliquer cette sérénité latente qui m'imprégnait depuis que je foulais ce sol sale et parsemé de feuilles ? C'était peut-être juste la ville qui devenait stressante avec le cumul de mon agacement et de mon insomnie. Mais après tout, pourquoi ne pas essayer ?

« Je comprends vos questions au vu de ce que vous m'avez raconté. Et je vous souhaite franchement beaucoup de courage avec votre mémoire. Ça m'a l'air assez embêtant. Je crois que je deviendrais folle à votre place... Sans rire, c'est un peu pervers comme truc... » dis-je.

Je soupirai. Bon, j'allais essayer. Je hochai la tête en réponse à ses paroles et imitait la position dans laquelle je l'avais trouvé, les paumes sur les genoux, les chevilles croisées et les yeux fermés. Je m'efforçais d'oublier la présence de Sigur et de me concentrer sur les bruits naturels. Le vent dans les arbres, les petits gazouillis d'oiseaux. J'eus brièvement l'impression d'entendre comme le pouls de la forêt elle-même, avant de retomber sur terre et d'ouvrir les yeux brusquement.

Rester statique comme ça, ça ne m'allait pas du tout, je ne pouvais m'empêcher de me demander ce qui arrivait autour de moi, de m'inquiéter de tout et de rien, du moindre craquement de branche au moindre souffle de vent un peu trop derrière moi. Bêtement, j'en conclus que faire ce genre d'exercices chez moi me serait bien plus profitable. De toute manière, il fallait bien que je rentre à un moment où à un autre. Peut-être aujourd'hui, peut-être demain selon ce qui allait se passer ensuite.

« Je ne... Je ne supporte pas de rester plus longtemps à faire ça... Ça me... Enfin, ça ne me correspond pas. Il est vrai que ça fait un peu de bien... Mais ce n'est clairement pas fait pour moi. »

Je frissonnai et jetai un coup d’œil mal à l'aise aux alentours. Non, je n'étais pas rassurée. Tout ce qui m'entourait constituait un lieu trop grand et ouvert pour que je me sente en sécurité. Pour le moment du moins. Je soupirai et lui fit un petit sourire pâlichon.

« Désolé. Je pense que c'était une bonne idée, mais... je ne suis pas assez à l'aise pour cela. » Je déglutit.


Sigurfinnur Lokison
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MessageSujet: Re: Au pied d'un arbre. Mer 18 Nov - 23:07:17
Sans folie, point de raison.

Peut-être que Sigurfinnur était déjà fou. Ce qui était possible, après tout. Le jeune homme ne se souvenait pas d'avoir eu des crises de folie. Mais en même temps, de quoi se souvenait-il exactement? Peut-être que la majorité de tout ce qui se passe n'était en fait qu'hallucinations de sa part. On dit parfois des fous qu'ils entendent des voix dans leur têtes, et c'était ce qui lui arrivait. Il était donc très probable que pour la majorité du monde, Sigur puisse être catégorisé comme un fou. Mais est-ce pourtant une mauvaise chose? Après tout, le jeune homme avait beau être fou, il se sentait plutôt libre. Enfin, si le destin était déjà écrit par cette voix dans son esprit, il ne l'était pas tant que cela, mais Sigur venait de prouver à l'instant même que cette voix n'était pas entièrement maître de son esprit et qu'il gardait tout de même un minimum de libre arbitre.

Regardant la demoiselle faire, Sigurfinnur l'observa avec attention. Non pas par pensée de chair malsaine, mais par simple inquiétude. Est-ce que cela réussira avec elle? Plutôt concentré sur son visage, la jeune femme semblait, par réflexe, se crisper très légèrement, l'espace d'un dixième de seconde, à chaque bruit soudain qui arrivait. Certes, ces bruits étaient infimes et Sigurfinnur n'y prêtait pas vraiment attention, mais c'est parce que lui n'était pas concentré sur cela. Simplement concentré sur elle, sur comment l'aider éventuellement. Et le fait qu'elle ouvre soudainement les yeux le fit sursauter. Combien de temps est-ce que cela faisait? Le jeune homme n'en avait strictement aucune idée, mais à vrai dire, il allait considérer que cela faisait plus de cinq minutes. Intéressé par quelle était la conclusion que la demoiselle allait en tirer... Sigurfinnur eut un petit sourire désolé. Quoique, non. Pourquoi abandonner tout de suite?

"Détendez-vous. C'est vrai que c'est relativement désagréable au début. Cette impression de vide, d'hostilité, de se retrouver seul dans un monde inconnu et vaste... Mais vous n'êtes pas seule. Faites moi confiance. Laissez-moi vous aider."

S'agenouillant derrière Charity, Sigurfinnur prit une grande inspiration en fermant les yeux à son tour. Posant sa main gauche sur son épaule gauche, et sa main droite à plat au milieu de son dos. Bon, les vêtements empêchaient certes de sentir le pouls de la demoiselle, mais le but était simplement de la rassurer, de lui indiquer qu'il était derrière elle. Eventuellement pour lui transmettre son énergie, sauf que Sigurfinnur ne croyait absolument pas pour l'instant aux théories du qi gong et donc n'avait absolument aucune idée de comment s'y prendre. La seule chose qu'il savait, c'était dans quel était il était à peu près au moment où la demoiselle l'avait rencontré. Et c'était un état similaire qu'il espérait que la jolie blonde atteigne.

"Prenez un rythme de respiration calme et lent, mais appuyé. Le but n'est pas de tout contrôler, mais au contraire, de lâcher prise. Si quelque chose doit arriver, qu'il arrive, cela ne vous atteindra pas. Je serai là pour vous protéger. Pour vous permettre de vous détendre."

Lui n'avait certes personne pour le protéger, enfin, il avait un arbre à la place. Cela devait d'ailleurs être pour cela qu'il avait pris plus de deux heures... Parce qu'un arbre, c'est pas franchement rassurant.
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MessageSujet: Re: Au pied d'un arbre. Jeu 19 Nov - 18:29:47
Je me sentais fébrile, j'avais envie de me lever et de courir un sprint. Mais il m'encouragea gentiment et se plaça derrière moi. Je voulus me retourner pour voir ce qu'il allait faire mais je n'en eus pas le temps. Je me raidis à son contact et dû me faire violence pour ne pas m'y dérober. Je pris une grande inspiration pour me calmer parce que je sentais que j'allais finir par devenir violente, soit pas les mots, soit par le poing. Je n'aimais vraiment pas me sentir hors contrôle.

Sa main était chaude dans mon dos, au travers de mes vêtements, et je tâchais de me concentrer sur cette chaleur plutôt que sur la gêne que je ressentais à son contact. J'écoutai ses conseils et pris une profonde inspiration, j'expirai aussi profondément, en utilisant mon diaphragme. Lentement, je calmais mon rythme de respiration. Si sa présence me gênait, elle me rassurait aussi – ce qui était visiblement le but – et je me laissais un peu aller. Mes yeux s'étaient fermés sans que j'y fasse attention.

Je me sentais sereine, vraiment sereine. J'entendais toujours les moindres sons de la forêt et ça me perturbait toujours, en quelque sorte, mais ça glissait aussi sur moi, comme si de rien n'était. Je ne sus pas combien de temps je restais comme ça, consciente et inconsciente, quasi endormie mais éveillée. Je vis quelque chose, quelque chose d'imposant, bouger à la périphérie de mon champs de vision. Mais j'avais les yeux fermés.

Je sursautai et sortis de mon espèce de transe. Je me retournai vivement, regardant tout autour de moi. Ce que j'avais vu… C'était dans ma tête ou bien j'avais les yeux ouverts et c'était dans la forêt ? Sans dire un mot, je me levai et allai farfouiller un peu partout autour de nous, aussi discrètement que possible pour ne pas effrayer ce « quelque chose » quel qu'il soit, qui était dans le coin. Et je sentais je ne savais comment que c'était là. Mais ça s'éloignait, ça m'échappait. J'en aurais hurlé de frustration.

« Vous avez vu quelque chose ? » demandai-je fébrilement en me retournant vers Sigur que j'avais laissé en plan derrière moi. « Je suis sûre d'avoir vu quelque chose... » grommelai-je en revenant vers lui lentement.

Je soupirai. Je me sentais bien mieux, il fallait l'admettre, mais en même temps, j'avais la sensation d'avoir laisser passer une occasion. Une occasion de quoi ? Je l'ignorais, mais je savais qu'il y avait eu quelque chose.

« Merci » dis-je au jeune homme qui m'avait aidé. Je lui fis un petit sourire. « Je me sens mieux, c'est vrai, mais je ne crois pas que je recommencerais l'expérience ailleurs que dans mon appartement, bien renfermée avec mes animaux. » ajoutai-je en riant nerveusement. « Je suis désolée pour ma réaction, c'est… je… enfin. J'ai dû délirer. » conclus-je en haussant les épaules.


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MessageSujet: Re: Au pied d'un arbre. Jeu 19 Nov - 19:50:07
Lorsque ses mains furent posées, Sigurfinnur sentit une contraction immédiate. Une raideur qui était donc tout l'inverse de ce qu'il escomptait. Généralement, avec une telle réaction, le jeune homme s'attendait à ce que la demoiselle se retourne et lui colle une gifle, ou un poing. Mais peu à peu, la demoiselle parvint à se décrisper, se calmer lentement, et se détendre. Un peu plus qu'il y a quelques instants. Cela pouvait se sentir, il n'y avait plus de mouvements brusques et soudains. Simplement concentré sur elle, Sigurfinnur calqua sa propre respiration sur la sienne. Il n'eut étrangement aucun mal à trouver le bon rythme, mais ce n'était en même temps pas bien difficile. Peu à peu, ses yeux voulaient se fermer pour une raison inconnue. Normalement, l'Islandais aurait laissé son instinct faire, mais il secoua la tête et garda ses yeux ouverts.

S'il y avait quelque chose, il serait là pour la protéger.

Mais fort heureusement, il n'y avait pas grand chose à faire pour cela. Regardant donc devant eux, Sigur observa la forêt aux alentours. Calme, paisible. Quelques oiseaux dans les arbres, pas d'animaux au sol. Un léger vent qui soufflait, quelques petits nuages vaporeux dans un ciel bien bleu. Aucun bruit particulièrement soudain, aucune silhouette apparaissant. Les deux personnes étaient seules, dans ce petit monde de verdure. Un sentiment de paix se créa chez le jeune homme, et au vu de la respiration de la demoiselle, cela devait probablement être réciproque. Pas de voix qui lui disait de faire des bêtises non plus. Tout était bien. Tout allait bien. Et Sigurfinnur n'avait absolument aucune idée de combien de temps était en train de passer. Juste qu'il était bien ici, assis ainsi, en si charmante compagnie.

Malheureusement, rien n'était éternel. Enfin, heureusement d'ailleurs, parce qu'il aurait surement faim au bout d'un moment. Mais ce petit moment de tranquilité prit soudainement fin. Il y avait d'un coup un petit décalage dans les respirations des deux personnes. Ce qui lui faisait tout bizarre, son cerveau tournant légèrement au ralenti à cause de la précédente sensation de bien-être. Mais le temps d'analyser cela, la jolie blonde s'était retournée et levée. Or, Sigurfinnur avait toujours sa main posée et s'était légèrement appuyé. Ce qui fit que, non préparé à cette soudaine rupture, et dans un état d'esprit mal réveillé, le jeune homme déséquilibra légèrement et prit quelques secondes pour reprendre ses esprits, cherchant ce que la demoiselle cherchait à voir.

"Non, je n'ai rien vu... Du moins, rien d'autre que vous, et des arbres. Quel genre de choses avez-vous vu? Peut-être que moi, je ne peux qu'entendre la voix, mais vous, vous pouvez en revanche la voir sans savoir ce qu'elle dit? Quoique dans ce cas, ce ne serait plus vraiment juste une voix, mais plus un... Euh... Esprit?"

Un petit soupir, et Sigurfinnur se rassit. C'est que ça faisait mal aux genoux, en fait, de s'accroupir comme cela pendant une durée indéterminée. Ca expliquait aussi pourquoi il avait déséquilibré il y a quelques instants. En tout cas, la demoiselle semblait aller bien mieux. Plus détendue, plus souriante. Plus... Sigur lui adressa ainsi donc un sourire en retour.

"Ravi d'avoir pu vous aider. Cependant, je doute de pouvoir vous aider à nouveau dans votre appartement.", déclara-t-il avec un rire similaire.

"Ce n'est rien, vous êtes toute excusée. Nous avons eu notre lot de choses étranges, et à mon avis, ce serait fort improbable que cela s'arrête, bien au contraire, ce n'est probablement que le début. Ou du moins, je l'espère fortement, car m'avoir fait faire je ne sais pas combien de milliers de kilomètres juste pour cela, il y a bien intérêt à avoir autre chose de bien plus important derrière.

Sigurfinnur soupira. Tout n'était pas mauvais dans cette histoire. Et puis, de toute façon, dans le pire des cas, il pouvait très bien continuer sa vie ici. Il lui suffirait d'étudier un peu, il avait pu louer un petit appartement pas loin d'ici, donc si l'aventure devait vraiment s'arrêter ici, le jeune homme n'en mourrait pas.

"Enfin... La seule chose que j'ai remarqué... C'est que vous avez un rire magnifique, Charity."
Charity Lunoë
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MessageSujet: Re: Au pied d'un arbre. Jeu 19 Nov - 21:15:06
Je le regardais, écoutant sa réponse, me sentant un peu désespérée. Et comme toujours, je n'aimais pas. Qu'on se fiche de moi comme ça... C'était tellement vicieux à mon goût. Je ne pouvais m'empêcher de laisser vagabonder mon regard aux alentours, persuadée d'avoir vu quelque chose. Cette sensation... Je ne voulais pas m'en défaire. Je ricanais cependant en réaction à Sigur. Un esprit, bah oui !

Mais je devais avouer que dernièrement, ça aurait presque du sens, et après avoir discuter avec le brun, ça en prenait encore plus. Il était plus ouvert que moi à ce genre de possibilités. Mais après tout... pourquoi pas ? Je soupirai. Et hochai la tête à sa remarque, il manquerait plus que je l'invite chez moi pour qu'il m'aide à méditer, tiens. Quoique... ça pourrait être intéressant, voire amusant en fait ! Je secouai la tête : c'était ridicule. C'était vrai que je me sentais plus légère et calme. Ça faisait du bien, et ça rassurera sûrement mon frère et mon père qui n'en pouvaient plus de me voir grincheuse et acariâtre.

« Et bien, c'était grand... Mais ça voulait pas que je le vois vraiment, c'était à la lisière de mon champ de vision... On aurait dit un cheval ou une vache... Ça avait quatre patte en tout cas... » tentai-je d'expliquer, soudain j'eus un flash : ''j'ai fait un pari avec le cerf''. « Ou un cerf peut-être... » soufflai-je, me demandant quelle part de vrai il y avait dans ce que je venais de dire et vivre, et quelle part d'hallucination.

Je ris de nouveau à sa remarque, le pauvre, je le plaignais d'avoir dû se taper tout ce chemin... Je me figeai et sentis mes joues chauffer un peu. Il n'avait pas osé.... Je lui tournai le dos brusquement et retournai fureter dans un coin, l'air de rien.

« Merci. » dis-je doucement, essayant de faire comme si ça ne m'avait rien fait, ce compliment.

Sauf qu'après ce petit moment à méditer ensemble... Avec cette promiscuité et cette espèce de connexion. Sans parler le fait qu'ils vivaient à peu près la même chose, là, avec les trucs – je me refusais de les nommer esprit pour le moment. Bref ça faisait une accumulations de choses qui faisaient que je me sentais un peu... mal à l'aise et en même temps... Rah ! Définitivement, j'en avais marre de me sentir chose pour à peu près rien, ou à peu près tout. Je – ne – voulais – pas – tomber – dans – la – guimauve – de – quelque – manière – que – ce – soit. Point.

« Au moins vous vous souvenez de mon prénom. » remarquai-je calmement, avec un petit sourire en me retournant vers lui.

Je haussai un sourcil avec amusement : je venais de penser à autre chose.

« J'espère que vos pertes de mémoire ne va pas vous faire oublier où vous habitez... Si j'entends parler d'un mec trouvé sur le bord de la route dans les environs, je penserais tout de suite à vous. » ajoutai-je en gloussant un peu. Puis, ne pouvant me retenir, son image de pauvre hère perdu sur le bord de route s'imposant à mon esprit. J'éclatai de rire.


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MessageSujet: Re: Au pied d'un arbre. Jeu 19 Nov - 22:27:01
"Nope. Rien de ce genre en vue de mon point de vue. Peut-être que je n'ai pas réussi de mon côté à suffisamment me plonger dedans pour pouvoir le voir..."

Quelque chose de grand. Quelque chose de quadrupède. Regardant à gauche, à droite et derrière lui, Sigurfinnur ne voyait absolument rien correspondant à cette description. Cela semblait être donc un grand animal, probablement un mammifère. Cependant, les animaux, généralement, ça ne parlait pas. Mais pour l'avoir fait sursauter de cette manière, ça devait probablement être énorme. Toute cette histoire leur avait fait perdre probablement la moitié de leurs points de santé mentale. Enfin. Il fallait désormais reprendre du poil de la bête. Tous ces points perdus n'allaient pas se regagner tout seuls. La vie devait continuer, et toute cette folie ambiante allait peut-être en occuper une bonne partie, mais il était hors de question de la laisser prendre toute la place.

L'espace de quelques secondes, après avoir entendu cette petite réflexion, le sourire de Sigurfinnur retomba légèrement. Le fait qu'il se souvienne de son prénom était normal, ils étaient en train de parler, le jeune homme n'allait pas l'oublier tout de suite... Non? Sauf qu'il n'avait absolument aucune idée de comment marchait sa mémoire, ou plutôt ses absences de mémoire, si elles effaçaient ses souvenirs ou bien si elle les masquait pendant un temps, si n'importe quoi pouvait être masqué ou s'il y avait un moyen de protéger certaines informations. Le seul point positif, c'est que cela la faisait rire. Lui même avait donc un petit sourire gêné.

"J'aimerais beaucoup vous dire que jamais je ne risquerais d'oublier une si ravissante demoiselle, cependant, étant capable d'oublier mon propre nom, je ne sais absolument pas comment marchent ces pertes de mémoire..."

D'un côté, Sigurfinnur se disait que cela l'attristerait beaucoup s'il venait à l'oublier. Cependant, il ne savait même pas si, en l'oubliant, il aurait oublié ou non l'intégralité de son existence. Et cela l'attristerait encore plus de ne même pas se rendre compte qu'il l'aurait oubliée, et donc de ne pas en être triste. Un bien étrange cercle duquel le jeune homme aimerait sortir. Cependant, là tout de suite, il n'avait pas vraiment d'idées sur comment faire. Mais fort heureusement, il n'était pas seul en ce moment. Peut-être qu'elle, en revanche, aurait une idée, ou au moins un début de piste qu'il pourrait approfondir et expérimenter ensuite?

"Et vous, auriez-vous une idée de comment faire pour remédier à mes pertes de mémoire? Comment je pourrais faire, pour ne pas vous oublier?"
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MessageSujet: Re: Au pied d'un arbre. Jeu 19 Nov - 23:27:26
Je haussai les épaules. Peut-être tout simplement avait-on un truc différent qui nous pourrissait la vie, mais de même nature... Et puis, techniquement, je n'entendais pas de voix, moi. Alors que lui si. Il devait bien y avoir un truc qui changeait entre nous, la question était de savoir quoi.

Je repensais à la chose que j'avais vu... J'étais de plus en plus intimement convaincue que c'était bien un cerf... Ou un cheval, j'avais quand même un petit doute. Mais ça dégageait la classe, donc pas de vache ou d'autres trucs dans le genre. J'eus un petit sourire intérieur, un truc qui avait la classe pour moi... Ça correspondait bien. Ma modestie était en train de m'étouffer aussi me repris-je en lançant un regard à mon vis à vis et hochai la tête pour lui montrer que je l'écoutais.

Je lui avais fait un peu perdre le sourire, ce n'était pas mon but... Au moins l'avais-je gêné... C'était méchant mais je n'avais fait que lui renvoyé la sensation. Je me sentais puérile maintenant, je soupirai. Encore des flatteries, j'en venais à me demander s'il le faisait exprès où si c'était dans sa nature. Parce que jusque là, ceux qui avaient joué à ça avec moi avaient toujours une arrière pensée... pas très catholique dirais-je.

Ceci étant, elle avait un peu pitié de lui, et sincèrement une fois n'est pas coutume. Résultat je lui tapotai l'épaule un peu gauchement, dans un geste de compassion. Je réfléchis à sa question. C'était complexe, et en même temps plutôt basique.

« Bah, perso, j'ai des post-it partout dans mon appartement pour pas oublier mes rendez-vous et tout, avec un code couleur selon leur importance ou leur sujet. Mais bon, si vous oubliez même votre prénom, je vous vois mal vous souvenir d'un code couleur... Mmmmm. Ayez toujours un bloc note avec vous, et notez tout ce dont vous voulez vous souvenir. Comme ça vous les reprendrez plus tard, et ça stimulera votre mémoire. Et un portable avec appareil photo, ou un appareil photo simple, pour avoir des images et comprendre ce à quoi vous faites référence dans vos notes. » proposai-je.

Pour ce genre de trucs j'étais très méthodique, parce que j'étais un peu tête en l'air quand je m'y mettais et j'avais mis au point pas mal de stratégies. Même si ça ne fonctionnait pas tout le temps : par exemple à force de voir mes post-it partout, j'en oubliais leur existence et l'intérêt de les lire. J'avais quand même raté certains rendez-vous du coup... Ce qui était idiot au final.

« Sinon je vois rien de plus, sincèrement : l'image et l'écrit. C'est ce qui fonctionne le mieux. Les mots pour dire, les images pour décrire. Les mots pour les impressions, les images pour les souvenirs concrets. Les couleurs, ça va pas être bon, parce qu'il faut de la mémoire pour analyser le code couleur. Et les croix simples demandent aussi de la mémoire. Le mieux serait si vous savez dessiner. Au travers des dessins c'est tellement plus facile de transmettre des émotions. Ou alors au travers de la composition de musique, ce qui donne le même effet à mon avis... »

Je me grattai la tête, plongée dans ma réflexion.

« Dans l'idéal, je pourrais même vous aider si vous tentez la musique, j'ai déjà écrit quelques trucs de merde, assez basiques, pour mon frère, et je sais lire une partition et mettre une musique sur un texte... Enfin, bref, je pense avoir fait le tour. » conclus-je en redescendant sur terre, station forêt, émission Sigur.

Je lui fis un petit sourire. J'espérais lui avoir été utile.


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MessageSujet: Re: Au pied d'un arbre. Ven 20 Nov - 0:17:50
"Chlorophylle, bien sur! C'était évident, pourtant!"

Pendant quelques secondes, le cerveau de Sigurfinur s'arrêta. Non pas qu'il avait cessé de fonctionner par cause d'attaque vasculaire cérébrale, mais simplement parce que la réponse donnée était d'une simplicité enfantine. Pourquoi diable chercherait-il à garder sa mémoire uniquement dans sa mémoire? Si chacun pouvait faire cela, on n'aurait pas besoin de feuilles ou de cahiers à l'école, tout se ferait uniquement avec cerveaux. Non, écrire était le meilleur moyen de se souvenir. Pourquoi n'y avait-il pas pensé plus tôt? Est-ce un cas tellement simple qu'il ne l'avait pas vu? Non, ceci était peu probable, c'était trop gros pour être ignoré. Ou plutôt, est-ce qu'il y avait pensé plus tôt, mais qu'il avait aussi oublié qu'il y avait pensé? Ceci par contre était un peu plus probable. Et il n'y avait qu'un seul moyen de le vérifier.

Prenant son sac, Sigurfinnur chercha dedans et vit en effet la présence d'un bloc-notes inconnu. Enfin, inconnu. Cela devait être probablement le sien, puisque c'était son sac. L'ouvrant, Sigurfinnur découvrit pas mal de notes, écrites en islandais. [Þessi bók tilheyrir Sigurfinnur Lokison .], écrit sur la première page. Voilà donc qui réglait deux problèmes : Le premier, c'est que si ce carnet tombait dans d'autres mains, il faudrait que la personne connaisse l'islandais pour pouvoir comprendre ce qu'il y a marqué dedans. Et le second... C'était donc apparemment que son père s'appelait bien Loki. Voilà donc une réponse d'obtenue. D'autres renseignements se trouvaient en première page, comme son adresse, son numéro de téléphone et sa date de naissance.

"Il semblerait que j'ai pensé comme vous, mais... Que je l'avais oublié. Ainsi donc, je m'appelle Sigurfinnur Lokison. Quant aux codes couleurs... C'est vrai que cela peut aider, mais oublier la signification des différents codes annule leur intérêt. Et mes capacités en dessin sont..."

Feuilletant son carnet, Sigurfinnur tomba sur une feuille volante coincée entre deux pages. Une feuille contenant un dessin. Un dessin horriblement mal fait, comme si c'était un dessin d'un enfant de quatre ans. Il n'avait certes aucun souvenir de l'avoir dessiné, mais si c'était dans son carnet, c'est que c'est probablement le sien.

"Apparemment horribles. Enfin. Sinon, je ne pense pas vraiment avoir la fibre musicale... Peut-être qu'une chanson reste plus facilement dans la tête, mais j'aimerais garder cela uniquement en dernier recours."

Répondant avec un sourire, Sigur recommença à fouiller dans son sac. Il finit par y dénicher son téléphone portable, apparemment doté d'une petite lentille probablement utilisée comme appareil photo. Il ne restait plus qu'à... Le déverrouiller. Avec un code pin. Comment pouvait-il avoir une idée de quel... Oh. Ah oui, c'est vrai. Le carnet. Et fort heureusement, ce code là était écrit en toutes lettres.

"Dites-moi... Pourrais-je vous prendre en photo? J'aimerais beaucoup ne pas vous oublier et avoir un souvenir de notre rencontre... Même si ce souvenir ne se trouvera peut-être plus dans ma tête à ce moment là..."
Charity Lunoë
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MessageSujet: Re: Au pied d'un arbre. Ven 20 Nov - 17:08:12
Chlorophylle ?! C'était quoi cette nouvelle version de « mais c'est bien sûr ! » ? Je le fixai bizarrement parce qu'il avait réagit d'une manière à laquelle je ne m'attendais pas. Ceci étant, il n'y avait plus grand chose pour me surprendre, aussi quand il se jeta sur son petit sac à dos, et qu'il en sortit un bloc note, je me contentais de fronçer les sourcils. Alors s'il oubliait même qu'il avait déjà pensé à ça, c'était vraiment qu'il était dans la mouise totale au niveau mémoire. J'avais jamais vu ça... Franchement, je le plaignais. Pourtant quand je le voyais tout fébrile et content d'avoir trouvé ce bloc note, je ne pouvais m'empêcher de sourire un peu. Lokison... Comme ce dieu nordique, là, celui de la malice et des apparence trompeuses. C'était assez drôle considérant combien était malicieuse son amnésie.

Parce que se souvenir de certaines choses de moindre importance, mais même pas de son nom... Enfin, c'était franchement abusé. Il avait rien demandé le pauvre. Et pourquoi ça me touchait autant en fait ?! Je gloussai quand il sortit un dessin... Enfin... un dessin... Je me forçais à ne pas rire, même moi je savais faire des trucs plus, euh, parlant. Restons politiquement correct : il ne savait absolument pas dessiner, et il ne valait mieux pas qu'il s'y essaye.

Je hochai la tête. « Ce n'est pas un mauvaise idée, la musique juste pour les trucs les plus essentiels... » dis-je en me penchant vers lui tandis qu'il recommençait à chercher dans son sac en toile.

Je le regardais passer du portable qu'il y avait trouvé au carnet, sûrement pour trouver son code. Je ne pouvais m'empêcher de m'imaginer comment je serais devenue folle si j'avais été à sa place, oublier tout mes codes internets, mes mots de passe pour le travail... Les livres que j'avais lu, les partitions que j'avais apprises... Je frissonnai : quelle horreur... Je mis un temps à réagir à sa question même s'il brandissait son mobile.

« Euh... Et bien, je ne suis pas très photogénique... » commençai-je avant de tilter qu'il se fichait de ce genre de considérations, il allait m'oublier de toute façon, d'une manière ou d'une autre. « Bah... Allez-y, si ça peut vous aider... » ajoutai-je donc finalement en me figeant avec un petit sourire gêné sur le visage.

Je soupirai une fois qu'il eut fini et lui demandai à voir. Bon, ce n'était pas trop mal. Ça aurait pu être mieux mais de toute façon je ne m'aimais jamais sur les photos. Alors une de plus ou de moins, de toute façon, il allait oublier... Je haussai intérieurement les épaules. Ça ne pouvait pas faire de mal, au moins pour lui. Je lui souris.

« Maintenant va falloir compléter avec des notes sur ce qu'on a dit et tout, sur le carnet. » dis-je. « Et puis, que diriez-vous de bouger un peu ? J'ai ma voiture un peu plus loin, à la lisière de la forêt, je dois avoir des petits sablés ou quelque chose du genre, et il commence à faire faim, vous ne trouvez pas ? » proposai-je en me grondant intérieurement : grosse bouffe.

En fait toutes ces émotions m'avaient creusé l'appétit, et je me sentais tellement bien, je n'avais pas envie de redevenir grincheuse à cause d'un petit manque de sucre... Ce serait beaucoup d'efforts ratés pour rien... Et puis je n'allais pas le laisser tout seul en plein milieu de la forêt avec ses trous de mémoire. Il serait bien incapable de s'orienter dans ce bazar végétal. J'eus soudain un éclair de clarté dans mon esprit et je regardais mes habits tout froissés, et pleins de terre et de feuilles humides. Je glapit.

« Ah !! Le costume de mon frère ! » m'exclamai-je horrifiée en essayant d'enlever un maximum des salissures qui le parsemait. Et en me sentant tellement inutile avec mes mains. J'allais devoir l'emmener au pressing. Ça allait me coûter cher, crotte de raton !


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MessageSujet: Re: Au pied d'un arbre. Ven 20 Nov - 19:48:02
"Ne vous inquiétez pas, je veux simplement pouvoir me rappeler de vous."

Clic! Et voilà une photo de prise. Bon, Sigurfinnur n'était absolument pas un photographe professionnel, mais tant que la photo était nette, et que sa cible avait les yeux ouverts et une expression normale, cela lui convenait. Un petit sourire plutôt timide, qu'il trouvait plutôt charmant. C'est vrai que, au vu de la photo, il était plutôt difficile de savoir si cette personne était un homme ou une femme. Renommer la photo "Charity", et commencer donc à écrire quelques détails sur son carnet. Le détail le plus important étant qu'il s'agissait de la première personne avec qui il avait discuté, qui apparemment avait quelques problèmes similaires aux siens. Et que, ensemble, cela a pu vaguement répondre à certaines de ses interrogations. Quoique... Feuilletant le carnet, le jeune homme vit quelques théories diverses et variées, et compléta celles dont il avait une avancée sur la réponse.

"Bouger? Je ne serais pas contre me dégourdir un peu les jambes après tout cela en effet. Retournons donc à la civilisation que nous connaissons, et je ne serais pas contre vous offrir un café. Il m'avait semblé entendre que vous préféreriez cela à une tasse de thé."

Ramassant et repliant le torchon-nappe posé au sol, le jeune homme commença donc à suivre la demoiselle. Tout en marchant, Sigurfinnur compléta son carnet et le farfouilla à la recherche d'éléments qui lui manquaient. Ses occupations. Son adresse. Son chemin. Sa situation. Le fait d'être développeur-chef de projet freelance ne lui évoquait rien pour l'instant, cependant, il se sentait capable de le faire tout de même. Se disant qu'il aura les habitudes qui lui reviendraient au bon moment. Et puis, il aurait surement de quoi remédier à ses pertes de mémoire, à prendre une page et à réécrire comment faire son boulot une fois qu'il s'en souviendrait. Et d'un coup, une exclamation le sortit de ses pensées et de son carnet. Refermant son carnet, tout en le gardant à la main, Sigur regarda Charity tenter d'enlever quelques traces de terre de leur petites expériences. De son point de vue, puisqu'ils étaient la majorité du temps posé sur le bout de tissu, il n'y avait quasiment rien, mais bon...

"Ou plutôt qu'un café, je peux toujours vous offrir un pressing? C'est un peu de ma faute après tout, si je n'étais pas là, je doute que vous vous seriez installée ainsi de cette manière... Et que ce n'est pas donné pour une étudiante. Enfin. Sauf si je me trompe royalement ou que j'ai déjà oublié, auquel cas je m'excuse..."

La vingtaine, probablement première moitié de vingtaine, il avait environ une chance sur deux de tomber juste ou de se tromper. Mais Sigurfinnur était plutôt confiant à ce sujet. Après tout, si elle avait un emploi, elle ne serait probablement pas en ce moment ici... Sauf si c'était un coup de cette voix ou de ces esprits. Ou que, comme lui, elle pouvait librement exercer sans avoir à être à un endroit fixe. Ou peut-être un peu des deux...
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MessageSujet: Re: Au pied d'un arbre. Lun 23 Nov - 18:25:14
Riant, je l'aidai à ramasser ce qui était étalé sur le sol, en effet celui qui voulait me faire boire du thé risquait d'en souffrir. Mais je n'étais pas contre un petit café dans le village d'à côté. Je savais qu'il me suivait alors je me concentrais sur mes pieds, et sur la technique pour éviter de me casser la gueule partout. Je me retenais aux troncs, et plissais les yeux pour essayer de déterminer un sentier. Celui que j'avais pris à l'allée.

Je secouai la tête à sa remarque sur le pressing.

« C'est gentil, vraiment, mais je peux m'en charger, je préfère le déposer à celui où j'ai l'habitude. » dis – je puis lui en souriant, j'ajoutais. « J'ai fini mes études, et je travaille. J'ai de quoi payer ne vous inquiétez pas. C'est juste que je tiens à ce costume, il est à mon frère… Et disons que je ne lui ai pas pris avec sa permission. »

Je ricanai comme une idiote en me moquant de moi – même. J'étais bien mal lotie du coup parce qu'il y avait plus de chance qu'il le remarque.

« Ne vous inquiétez pas, c'est une petite taquinerie entre nous, j'ai toujours aimé lui piquer ses fringues, juste que j'aurais préféré qu'il n'y ait par de risque du tout qu'il s'en rende compte. Là, j'augmente le risque. Mais bon, fallait y penser avant, c'est un peu trop tard pour paniquer. »

Il fallait que je relativise parce que sinon j'allais angoisser sur sa réaction, et ça n'allait pas être bon. Je déglutis. Reportant mon regard sur al route, je découvris que ma voiture était toujours parquée sur le côté du fossé. Soupirant de soulagement – on ne savait jamais ce qui pouvait arriver, il pouvait très bien y avoir eu un truc qui l'avait envoyée voler, ou autre, mais non – j' ouvris la portière et entrai dans l'habitacle, retrouvant avec plaisir un environnement familier. Je baissai la vitre automatisée de la portière passager et m'adressait à Sigur.

« Montez ! Je vous emmène jusqu'au village le plus proche, vous pourrez vous retrouvez jusque là ?"   demandai – je. « Ou le café tiens toujours ? » continuai – je avec un clin d'oeil.

Je retrouvais ma joie de vivre et mon aisance maintenant que j'étais sortie de la forêt. Même si le cadre me faisait du bien, il m'oppressait, je m'en rendait compte maintenant que j'en étais sortie.


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MessageSujet: Re: Au pied d'un arbre. Mar 24 Nov - 7:15:48
Oh? Trompé.

Sigurfinnur se gratta la tête en voyant que la demoiselle devant lui n'était plus une étudiante. Mais cela ne l'aidait pas plus à ce sujet. Crayon en main arrêté sur son carnet, le jeune brun s'interrogea sur plusieurs faits, farfouilla quelques pages en arrière, et retourna à la page actuelle où il avait commencé à écrire les informations sur sa rencontre aujourd'hui. Ainsi donc, elle avait un frère à qui elle empruntait sans permission des vêtements. Bon, eh bien, problème apparemment réglé, ou plutôt, qui n'avait pas forcément besoin de sa participation pour être réglé.

"Très bien... Si ce n'est pas indiscret, puis-je savoir ce que vous faites? Avec ma chance et mon boulot de... Apparemment, développeur free-lance... Je ne serais pas étonné qu'une nouvelle coincidence fasse de vous en fait mon employeur actuel sans le savoir. Mais bon... Quelle serait la probabilité que vous soyiez en fait rédactrice en chef d'un magazine musical?"

Petite phrase à la légère avec un petit rire, cependant, il fallait vraiment espérer que, dans les toiles du destin, ce ne soit pas le cas. Apparemment, d'après son carnet, ce sur quoi le jeune homme travaillait actuellement était sur la version numérique d'un magazine de littérature musicale. La deadline était d'après son carnet dans une semaine, et la majorité des fonctionnalités demandées étaient terminées, sauf une... Qui consistait à traduire les partitions incluses en bandes sonores histoire de laisser le néophyte entendre ce qu'il lisait. Un petit ajout qui avait l'air fort sympathique, mais qui en réalité était une horreur à coder... Du moins, cela expliquait le petit flot d'insanités dirigées contre de la musique et des partitions. Et le jeune homme avait bien hâte, par curiosité, de s'y replonger dedans aussi vite que possible, tout en sachant que sa hâte allait probablement s'effondrer au moment où il retrouverait ses marques.

Une voiture, ainsi garée. Sigurfinnur hésita quelques instants, avant de secouer la tête pour chasser ses idées et retrouver son sourire habituel, et de monter ainsi côté passager. Etrangement, la demoiselle paraissait plus détendue une fois au volant de sa voiture. Peut-être était-ce un cas de personne dont la personnalité changeait du tout au tout? C'est vrai que le fait de conduire lui permettait d'aller là où elle le voulait, et donc de lui rendre un certain contrôle par rapport à ce que les voix ou esprits semblaient dire.

"Si vous m'amenez au village le plus proche, ce ne serait que la moindre des choses que de vous offrir un café. Etant venu à pied... Pas de voiture apparemment, dans mon carnet... Je suppose que je ne dois pas habiter très loin en effet."

Attachant sa ceinture, le jeune homme se laissa donc guider par cette ravissante blonde...
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MessageSujet: Re: Au pied d'un arbre. Mar 24 Nov - 13:15:06
Développeur free - lance ? Non d'une pipe en bois ! C'était classe comme travail !

Je le regardais avec amusement tandis qu'il montait dans la voiture et s'installait. Je réfléchissais à ce qu'il m'avait dit. Développeur… de site internet je suppose. J'avais bien envie de lui demander de quel magazine musical il parlait. Et encore plus…

« Avez – vous lu des articles de ce magazine ? Si oui, y a – t – il un des critiques qui sont signées par C. ? » demandai – je.

Parce qu'un magazine musical, c'était un peu flou comme demande. Bon, je pouvais au moins éclairer une petite chose pendant que je mettais le contact.

« Je ne suis pas rédactrice en chef, heureusement pour moi, mais je suis journaliste critique, donc ça se pourrait que j'écrive dans le dit magazine mais sans plus. » expliquai – je.

Le moteur ronronna, et je me détendis totalement. J'adorais ce bruit mécanique, il était rassurant. Je soupirai et sortit du bas côté de la route pour rouler vers le village le plus proche. Je me demandai s'il savait conduire, mais je ne pensais pas, vu qu'il était venu à pied. Ou alors il n'avait pas encore eu le temps de s'acheter une voiture ici s'il était arrivé dernièrement. Je soupirai en lui jetant un coup d’œil.

Le village était vraiment petit, il devait y avoir une poste, une boulangerie et un seul café. Mes suppositions se vérifièrent lorsque j'arrivais à la place principale de l'endroit, en face de l'église, le bar PMU café se dressait, propre et vert, quasi désert. Je soupirais. Bah au moins s'il vivait ici, il allait connaître la tranquillité, ça lui permettrait d'éviter de se laisser tenter par tout et n'importe quoi. Et vu ses problèmes de mémoire, s'éparpiller ce n'était pas vraiment une bonne idée.

Je me garai sur la place et sortit de l'habitacle en sifflotant un air aléatoire que j'avais en tête. Je souris à Sigur et je cliquai sur ma clé pour fermer les portes.

« Bon ! Je crois qu'on a pas beaucoup de choix ! » m'exclamai – je avec bonne humeur.

J'allais m'installer à la terrasse du café en jetant un coup d’œil sur mon portable. Pas de messages inquiets de ma famille, ni de mon boulot. Par - fait ! Je commandais un café et me détendit lentement en étendant et croisant les jambes devant moi.

« Donc vous êtes développeur ? Et ça va pas être compliqué avec vos trous de mémoire et tout ça ? » demandai – je, intriguée.


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MessageSujet: Re: Au pied d'un arbre. Mar 24 Nov - 22:57:14
"Lu des articles... Vous souvenez-vous d'un petit détail? Je n'ai absolument aucune idée de quel magazine c'était. Je ne savais même pas que je travaillais ainsi avant il y a à peine cinq secondes. Je regrette donc de ne pas vraiment pouvoir vous répondre. "

Logiquement, il avait certainement lu des articles. Après tout, travailler dessus, pour s'assurer que ce soit le bon article qui soit affiché, il valait mieux le lire. Cependant, il y avait plusieurs détails qui le chiffonnaient un peu. Etait-il capable de lire? Oui, apparemment, le jeune homme comprenait ce qu'il y avait écrit aux alentours. Mais le comprenait-il réellement? Il s'agissait encore d'une traduction automatique spirituelle? C'était extrêmement étrange. S'il avait un don de compréhension des hommes, comment pouvait-il comprendre un livre? L'important, c'est que cela marchait. Comment, ce sera à étudier plus tard. Quoique. Il avait de quoi tester après tout. Réfléchissant à tout cela, les deux personnes étaient arrivées au village voisin. Et deux commandes de café !

"Par curiosité, êtes-vous capable de lire ce qu'il y a écrit dans ce carnet? Je sais que c'est écrit en islandais, mais... J'ai le sentiment que vous pouvez comprendre. Et ce sans savoir le parler. "

Et qu'importe si ce carnet était bourré de petites lignes diverses et variées concernant pas mal de points sur sa propre vie et étant sa mémoire externe. La science était plus importante. Et puis, le jeune homme avait envie de remplir ce carnet sur ses avancées dans le phénomène qui le touchait. Qu'importe si elle tombait sur un fait de trivia, sur une donnée sur quelqu'un d'autre ou sur un de ses souvenirs censés être marquants. Non, en fait, Sigurfinnur n'était pas un exhibitionniste, il n'avait simplement pas pensé à cette conséquence. En tout cas, les cafés étaient arrivés, et Sigurfinnur sortit de son sac son portefeuille. Puis, quelques secondes plus tard, prenant une gorgée de café bien chaud, l'islandais ne put s'empêcher de la recracher en toussant derrière lui.

"Il semblerait que j'aie oublié que je détestais apparemment le café. Je ne sais pas d'où vient le préjugé que les développeurs sont addict à la caféïne, et je ne sais même pas pourquoi je me souviens d'un tel préjugé."

En tout cas, son premier réflexe était d'y mettre une tonne de sucre et le petit chocolat fourni avec dedans pour le rendre un peu plus supportable. Au moins, il pouvait le boire à ce moment là.

"Bien sur que cela va être compliqué. Cependant, quel métier ne serait pas compliqué si à tout moment, on pouvait oublier quel métier l'on faisait? Heureusement, il semblerait que par des instants de lucidité, j'aie d'après mon carnet mis à ma disposition tout ce qu'il me fallait pour réapprendre en express si je venais à oublier. En espérant que je sois un bon professeur... "
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MessageSujet: Re: Au pied d'un arbre. Mar 24 Nov - 23:32:00
« Et bien, j'ai dû surtout en faire sur les articles de rock, et j'ai bien entendu parler d'un projet de site mais ça doit toucher la moitié des magazines du secteurs donc bon... »

Je respirai l'arôme du café en me sentent revivre, la première gorgée bien chaude fut délicieuse. C'était tellement ma drogue le café... Il me tendit son carnet. Je grimaçai en voyant la successions de mots bizarres, qui m'étaient complètement étrangers. Je pinçai les lèvres et essayai de déchiffrer pendant quelques instants, sans résultats. J'avais le cerveau en bouillie. Et puis, alors que j'allais lui rendre le carnet en lui affirmant que je n'y arrivais pas. Les lettres changèrent, se brouillèrent, et je pus lire. Stupéfaite, et pas automatisme, je lus toute la page, puis celle d'après, sans vraiment faire attention à l'invasion dans son intimité que j'opérais ce faisant. Comment... ? Je revins à la réalité lorsqu'il recracha son café par tout les pores de son visage. J'éclatai de rire.

« Ah ! Et bien, voilà qui est amusant ! Commandez quelque chose d'autre, c'est cadeau, je n'aimerais pas me forcer à boire quelque chose que je n'aime pas à cause de sautes de mémoire ! » dis – je tout en le regardant ajouter un tas de truc dans sa tasse, pour en faire une mixture peu ragoutante.

« Quant au préjugé, je crois qu'il concerne un peu tout les métiers sans horaires, avec des gens qui peuvent se coucher à pas d'heure juste pour finir un truc, et qui boivent beaucoup de café pour tenir le coup » expliquai – je. « Je vois mon frère, ingénieur son, pour faire ses mixages il tourne qu'au café les trois quart du temps... et je peux lui envoyer un sms à deux heures du matin, il répondra, parce que toujours en train de préparer x truc pour le lendemain. »

Je soupirai. Ça blasait mon père d'ailleurs, parce que qui dit sms répondu à deux heures, dit, sms ignoré à midi le lendemain... Et bon, c'est pas dans la mentalité paternelle de faire des grasses matinées. C'était pourquoi j'étais bien contente d'habiter dans une autre ville et de ne pas risquer de le voir débarquer chez moi n'importe quand sous prétexte que je n'avais pas répondu à son message. Bon, raconté ensuite par l'un ou l'autre, c'était bien drôle, il fallait l'admettre.

Je souris à sa remarque.

« Je suis sûre que vous êtes un bon prof pour vous – même. Vous notez des choses selon votre mode de pensée, donc vous comprendrez ces choses vite à la relecture. » dis – je en lui rendant le carnet. « Je pense qu'il est plus facile de tenir un métier comme le mien sans mémoire, il suffit de continuer d'avoir l'esprit critique. Bon, les référence culturelles ça aide, mais ce n'est pas tout dans le ce job, heureusement ! » m'exclamai – je en riant.

Je désignai ensuite son carnet.

« Et j'arrive à lire, à partir du moment où je n'y réfléchis pas. C'est comme s'il fallait que je détende mon esprit pour que ça me soit accessible. Quand je me forçais, rien ne venait, quand je ne cherchait plus rien, je lis. »


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MessageSujet: Re: Au pied d'un arbre. Jeu 26 Nov - 20:17:34
Une chose de découverte, en tout cas. Il n'aimait pas le café, mais ajouter beaucoup de sucre et de chocolat à l'intérieur rendait le tout buvable et acceptable. Mais après, certains puristes trouveraient que ce qu'il avait en face de lui n'était plus du café désormais. Juste une vague mixture qui avait un semblant d'arôme de café. Mais ladite mixture était pour lui buvable, et certes pas franchement appréciable, mais il avait payé pour. Enfin. Au moins, s'il avait une grande dépense énergétique à faire et qu'il devait tenir une soirée avec du café, il saurait donc comment faire. Il était en effet fort probable que son rythme de vie soit relativement chamboulé, par des deadlines impossibles, et qu'il finisse parfois ses soirées à trois ou quatre heures du matin. Et étrangement, au moment où le jeune homme pensait à cela, la jolie demoiselle le mentionna aussi, à propos de son frère.

"Non, cela ira, mais merci pour l'offre. Quel genre de personne serais-je si je vous laissais m'offrir une autre tasse alors que c'était moi qui étais censé vous inviter? Et surtout, rien ne dit que j'apprécierais plus la prochaine boisson..."

Un petit soupir, et Sigurfinnur reprit son carnet avant de lever un sourcil. Lui même pensait que sa théorie n'avait aucune chance de marcher, et pourtant... Il avait obtenus des résultats totalement inespérés. La demoiselle comprenait ce qu'il avait écrit tant qu'elle ne réfléchissait pas. C'était un paradoxe assez étrange, tout de même, d'être capable de comprendre et de traduire inconsciemment dans sa propre langue quand on ne le voulait pas, et de ne pas en être capable quand l'objectif était de le faire. Sigurfinnur testa donc cette petite théorie avec un petit panneau écrit sur le fond du mur, en cherchant donc à le traduire en islandais, mais niet, impossible de comprendre ce qu'il était écrit, il reconnaissait simplement que c'était des caractères en alphabet latin. Secouant sa tête et chassant ses pensées, son nouvel objectif était devenu simplement de regarder ce panneau, qui apparemment disait qu'il fallait se laver les mains pendant au moins 30 secondes avec du savon.

"Incroyable, incroyable ! Cela ne répond pas tout à fait au problème, mais je n'aurais jamais pu trouver sans votre aide ! "

Un bon professeur pour lui-même... Cela dépendait apparemment des pages. Il semblerait que la majorité des pages suivent un ordre relativement logique dans le contenu de ce carnet, sauf qu'il est entrecoupé d'anecdotes prises sur le fait, de trucs au pif qui n'avaient rien à voir et qui ont été écrit là uniquement parce c'était la première page sur lequel il était tombé et qu'il voulait l'écrire avant d'oublier. Ce qui fait qu'il était apparemment en plein milieu d'une explication sur les boucles et les variables, et qu'il était passé à la ligne en dessous à une excellente recette de hachis parmentier. Sortant son smartphone, Sigur ouvrit deux ou trois trucs pour essayer ce qu'il lisait, tout en ouvrant aussi une carte de la région.

"On verra bien si dans quelques années, je tiendrai toujours financièrement... Au moins, connaissant mes problèmes de mémoire, cela me force à être plus prudent et à souvent sauvegarder, pour ne pas perdre tout un texte ou tout un code. Enfin. Il semblerait que j'habite d'après cette carte à un petit village pas très loin d'ici, à un kilomètre environ. Par là."
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MessageSujet: Re: Au pied d'un arbre. Jeu 26 Nov - 21:57:56
Je le regardais fixer son carnet puis lire une affiche derrière moi. Je me retournais, me demandant ce qu'il y avait de passionnant à celle-ci quand il s'exclama tout content qu'il avait réussi à lire. Je compris. Si ça fonctionnait dans un sens, pourquoi pas dans l'autre. Je prenais tellement pour acquis de savoir lire l'alphabet romain classique que je pensais que c'était le cas pour tout le monde.

Je ris, heureuse d'avoir pu lui être utile d'une manière ou d'une autre.

« Et bien, au moins nous serons arrivé à quelque chose finalement, vous avez appris à lire l'alphabet en lettres romanes ! » dis – je en gloussant.

Je ne me moquais même pas. C'était juste une constatation, pleine d'entrain. Bon, il pouvait le prendre pour un moquerie, j'espérais que ce ne serait pas le cas. Il semblait concentré sur une carte qu'il avait sorti de son sac et pianotait sur son téléphone. Je l'observais en buvant mon café à petites gorgées, pour savourer sa chaleur et son goût. Même si c'était visiblement de l'expresso de base, c'était toujours du café pour moi, de l'or liquide. Je hochai la tête et regardai dans la direction qu'il indiquait.

« Je pourrais vous y conduire, je crois que c'est sur ma route, ça ne me dérange pas. » remarquai – je en haussant les épaules. « Ce sera toujours plus sûr qu'à pieds. Et je vous souhaite de ne pas avoir de problèmes financiers avec vos problèmes de mémoire. Au moins vous vous en rendez compte, vous pouvez agir en fonction. » ajoutai – je.

Je le regardais attentivement, compatissante.

« J'aimerais tellement pas être à votre place... Sans vouloir vous vexer, franchement c'est la merde, surtout si c'est à cause... » Je baissai la voix en regardant aux alentours. « … des esprits... »


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MessageSujet: Re: Au pied d'un arbre. Mar 1 Déc - 21:00:49
Un petit instant de réflexion, et une gorgée de machin hypersucré. C'était bon, le sucre. Et sa tasse de café était enfin vide. Un petit soupir sur la petite réflexion de Charity. Apprendre à lire l'alphabet français... N'avait absolument rien de magique, n'avait absolument rien à voir avec les voix ou les esprits et était une des connaissances qu'il avait déjà avant toute cette histoire. Après tout, le français et l'anglais partageaient un bon nombre de lettres dans leur alphabet, et bien qu'il n'était pas vraiment bilingue, apprendre l'anglais courant était tout de même un pré-requis pour obtenir le diplôme qu'il avait. Enfin, qu'il était censé avoir d'après son carnet. Mais bon. Ce n'était pas méchant. Du moins, si c'était méchant, cela aurait été dit sur un tout autre ton.

Et puis, cette proposition arriva. Sigur releva sa tasse, mais aucune goutte n'en sortit. Oh? Zut. Certes, il n'était pas mécontent d'avoir enfin fini sa tasse, mais sur le coup, il avait besoin de réflexion, et d'une réflexion extrêmement rapide. Cependant, il s'agissait majoritairement d'un conflit interne entre raison et convenances, et la raison chez lui était tout de même plus forte. Bien qu'il soupçonnait que la raison ne soit pas le seul argument en faveur.

"Je pensais tout d'abord refuser par politesse. Vous en avez déjà tant fait pour moi que je n'oserais vous déranger plus, je me disais que c'était plutôt proche. Mais après réflexion, je pourrais très bien oublier en plein trajet où et pourquoi j'allais à cet endroit, et finir par ne plus jamais pouvoir rentrer chez moi. Il vaut donc bien mieux accepter votre proposition. Merci beaucoup donc."

Et elle espérait ne pas être à sa place. Il fallait absolument que Sigurfinnur découvre les causes de son amnésie et... Si les esprits, comme elle le disait, en étaient responsables, qui d'autre pouvait être touché, et qui d'autre ne risquait pas grand chose. Ce n'était pas une chose à prendre à la légère. Mais il semblerait qu'elle n'ait jamais développé de symptômes similaires, donc, il était en effet peu probable qu'elle finisse, un jour, par obtenir ce problème à cause des esprits. Enfin, en tout cas, Sigur l'espérait de tout coeur.

"J'ai déjà passé ma crise de nerfs à ce sujet il y a quelques instants, je ne vais pas être vexé. Je me contenterai juste de vous remercier pour votre sollicitude. Enfin..."

Une petite dernière note sur son carnet, et Sigurfinnur soupira, refermant son carnet.

"En tout cas... Je ne pense malheureusement pas pouvoir vous dire que je ne vous oublierai jamais, Charity. Mais vous avez une place qui vous est uniquement réservée dans ma mémoire. ", disait-il en désignant son carnet.
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MessageSujet: Re: Au pied d'un arbre. Jeu 3 Déc - 17:58:43
Je ris, c'était précisément pour cela que je lui avais proposé, j'avais un peu peur d'entendre plus tard dans le journal qu'ils avaient retrouvé un homme répondant à sa description perdu à cinq kilomètre de l'endroit où il devait se trouver, amnésique. Quand je voyais avec quelle facilité il oubliait son prénom… Les courses d'orientation n'étaient vraiment pas faites pour lui.

« De rien, c'est normal. Semblerait qu'on soit à peu près dans la même galère. » remarquai-je. « Il faut se serrer les coudes. »

Je finis ma tasse de café en poussant un soupir de bien être, j'adorais son amertume. Je haussai un sourcil à sa remarque, j'avais peu être été trop insistante ? Peut-être, visiblement, je me frappai mentalement. Je le regardais noter quelque chose sur son bloc-note et attendis. Il le referma et releva la tête. Je souris. Vive son cerveau rassemblé dans un carnet.

« Et bien, c'est au moins ça de noté ! » dis-je en me levant souplement.  

Je lui jetai un regard interrogateur, voulait-il payer ? Il avait parlé de m'inviter mais je ne voulais pas lui imposer un simple café. Ce n'était pas dans mes habitudes.

Ensuite, je retournais vers ma voiture, mis les clés sur le contact et attendit qu'il s'installe et s'attache.

« Alors ! Montrez-moi la route si vous vous en souvenez, s'il-vous-plaît. » demandai-je avec un sourire.

J'allumais le contact et m'aventurais sur les routes de campagne en faisant attention à chaque route par laquelle je passais pour éviter de me perdre et pour retrouver mon chemin plus tard, pour rentrer chez moi ensuite.


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MessageSujet: Re: Au pied d'un arbre. Sam 5 Déc - 19:06:52
Après avoir payé les cafés sans un mot (mais sans laisser de pourboire, simplement parce que l'idée ne lui était pas venue à l'esprit), le jeune homme suivit la demoiselle jusqu'à la voiture. S'attachant assez vite, Sigurfinnur ressortit son petit smartphone. Comment survivrait-il sans? Ou plutôt, comment survivrait-il le jour où il oublie que ce petit concentré de technologie existe? Ayant gardé l'itinéraire dans sa mémoire actuelle (c'est à dire, n'ayant pas refermé la page de son smartphone), Sigurfinnur n'eut aucun mal à indiquer quelle était la voie à suivre. Peut-être que sa voix calme et plutôt rassurante ferait une bonne voix de GPS. Le reste de la route se fit donc assez vite, vu la proximité de la destination. Et les voilà garés devant un petit immeuble assez ancien à deux-trois étages.

"Eh bien, nous voilà arrivés... Enfin, d'après ma mémoire externe. Aucun souvenir de ces bâtiments."

Maintenant, la question était, devait-il l'inviter à monter chez lui? La question étant, si proche du but, se souvenait-il au moins de quelle porte était chez lui? Le jeune homme avait bien un set de clefs, cependant, aucune idée d'à quelle porte elle correspondait. Cependant, ce ne devrait pas être une épreuve trop difficile. Les boites aux lettres alignées lui donneraient bien un numéro d'appartement, numéro qui devraient pas mal aider à réduire le nombre de portes possibles et le nombre de clefs à essayer. Mais ensuite, est-ce que c'était au moins rangé chez lui? Etait-il maniaque ou bordélique? Est-ce que son appartement était rempli d'informations compromettantes mises spécifiquement en valeur au cas où il risquerait de les oublier?

"Je vous aurais bien invité monter prendre un café, mais au vu de ce qui s'est passé il y a quelques instants, je doute assez fort pouvoir vous en fournir une autre tasse dans ma demeure."

Enfin. Le voilà donc détaché de sa ceinture de sécurité et soupirant, clefs à la main. Sortant de la voiture, Sigurfinnur contempla l'immeuble pendant quelques instants. Enfin. Il semblerait que l'heure de la séparation soit arrivée.

"Ce fut un plaisir de vous rencontrer, Charity. Merci pour la route, merci pour tout."
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