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[Flashback] Ayudarme, por favor? [Séraphin]

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Odessa
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Totem du Feu
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MessageSujet: [Flashback] Ayudarme, por favor? [Séraphin] Ven 16 Juin - 21:33:11
Le vent fouette mon visage. Je soupire et jette un œil à Luam, perché sur la vigie, il fait peur aux marins qui croient qu’il va tomber. Je m’en amuse, jamais il ne tombera. Le vent n’est qu’une caresse pour lui. Je me dis que parfois j’aurais aimé glisser sur la même voie que lui… Mais le feu m’a choisie. Je soupire et grommelle dans ma barbe. J’ai encore peur d’utiliser mon tout nouveau pouvoir. Il me dit de ne pas craindre ce qui fait partie de moi. Sauf que j’ai senti en prêtant serment… Il m’a marqué, comme une vague chaude, prise au piège au milieu du volcan de ma propre force, je ne savais plus quoi faire.

Je frissonne, peut-être pour la dernière fois de ma vie. Luam m’a dit que c’était trop récent. Que mon élément prenait le temps de prendre place complètement en moi. Et que j’avais beau avoir accepté en connaissance de cause, je combattais mon élément. Je ne pense pas que je le combat vraiment. Mais Luam a rarement tort. Alors je me tais et je médite comme il m’a appris. Comme ça, je me lie comme il faut à Feu. Et lui. Il m’a trainé dans cette aventure. Je sais que c’est pour m’apprendre à être pour des éveillés ce qu’il a pu être pour moi, même s’il ne l’a pas dit. Je soupire encore. Ça me fait peur. Je devrais pas. Mais ça me fait peur. Il y a encore deux semaines je me sentais prête. Mais depuis. Je ne sais plus.

Je sens des choses que je ne percevais pas avant. Je sais qu’ils sont là, toujours quelque part à la lisière de ma conscience, mais je ne le savais pas avant. C’est dur à expliquer. Et à vivre. J’ai senti la peur instinctive de mes amis de la forêt – à qui je parle toujours s’ils le veulent bien – face à la nouvelle flamme qu’ils sentent en moi. J’ai été attristée. Mais je comprends. Totalement. Je soupire. Je vois la terre qui se rapproche. J’y vais à l’aveugle, Luam sait qui il doit rejoindre, trouver. Je me contente de le suivre. Je m’inquiète aussi pour lui, même si je ne le dis pas. Il le sait je pense. Mais il s’en fiche. Alors faisons comme ça. Je le sens descendre vers moi plutôt que de l’entendre. Ça aussi c’est nouveau. Comme si sa présence était une flamme, de la chaleur dans les embruns de la mer sur laquelle nous naviguons depuis trois semaines.

Il me sourit.

« Nous devons y aller petit flamme. » me dit-il avec sa douceur habituelle.

Je hoche la tête. Il me prend la main. Nous avons fait croire à tout l’équipage que nous avions payé. Il était temps de tirer la révérence. Il me prit la main et monta l’escalier invisible du vent. Tout le monde était trop affairé autour de nous. Personne ne vit. Le bateau fila sous nos pieds suspendus. Je sentis mon cœur se serrer. Il n’y a plus que le vide et sa main. Et la mer. L’eau. Berk. Elle commence déjà à me déranger. Je n’ai plus envie d’y aller trop souvent. C’est plus fort et plus rapide que l’esprit du cerf à se manifester en moi. Peut-être est-ce moi, peut-être est-ce toujours comme ça. JE n’en sais rien.

Il marche, et j’essaie de suivre, sans regarder le vide en dessous de moi. Je me sens mal. J’ai peur. Je prends une longue inspiration, il nous guide vers une petite plage abritée. Nous sommes à dix mètres du rivage. Il me regarde, sourit. Et me lâche. Je crie. J’appelle le feu. Je vole brièvement au ras des vagues et m’écrase sur le sable. J’ai senti le feu pousser. Propulser. Je pleure de soulagement. De peur. Je hurle sur Luam qui me regarde avec son sourire tranquille. Je tremble, nerveusement. Je mets du temps à me calmer. J’ai envie de hurler ma frustration et mon mécontentement. Mais son regard m’incite à me taire. Et progressivement, je retrouve mon calme. Je regarde autour de nous. Je ris et cours autour de nous en sautant partout.

Je fonce vers un arbre pour taper la discute. Je ris, je chante avec les oiseaux. Etre sur la terre ferme, quel bonheur ! Mais je dois cesser de virevolter. Nous avons à faire. Il nous invente une histoire. Et nous travaillons dans une petite ferme. Il sait qu’il va venir. Alors nous attendons en travaillant. Et moi je veille sur lui, qui est capable de chopper la moindre connerie qui traine dans l’air. Il a l’air si faible maintenant que je sens la vitalité folle du feu en moi.



Séraphin Duplessis
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Totem de la Terre
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MessageSujet: Re: [Flashback] Ayudarme, por favor? [Séraphin] Lun 19 Juin - 19:13:02
J'hésite, je ne sais plus vraiment qui du cheval ou de moi traîne l'autre à sa suite. C'est pourtant censé être robuste ces petites bêtes, mais là ça fait vraiment trop longtemps qu'on marche. Il y a une paire d'années, une telle journée m'aurait laissé épuisé, mais ravi, empli d'une fierté et d'une satisfaction énergisante. Malheureusement depuis quelques semaines, je n'ai plus cette curiosité, cette soif de connaissance et de découverte, qui me poussait à avancer quand je n'en avais plus la force. La seule volonté qui guide mes pas à présent est celle de rendre la bête au paysan bienveillant qui me l'a prêtée pour le mois, quand je suis parti de La Paz pour faire le tour de la Bolivie. Du coup, c'est vrai qu'une journée complète de marche, cela n'a plus la même valeur qu'avant. Ces derniers jours nous n'avons croisé personne, pas de village ni de ferme, et la majorité du paysage n'est que prairie.

Pour le cheval, je ne m'en fais pas trop, quelques temps de repos et il sera vite remis sur pieds, il a juste un peu trop forcé depuis que je suis avec lui. En revanche, pour moi, je n'ai pas la même certitude. Pour commencer, j'en arrive à la fin de mes provisions en nourriture. Evidemment je pourrais toujours me servir sur les arbres, mais j'ai besoin de lipides et de protéines, absolument. Les fruits ne me suffisent plus, comme tous les jeunes hommes, je mange deux fois mon poids par jour ; puisque je marche beaucoup, j'ai aussi beaucoup à compenser. Mais au delà de ça, je rêve trop. La nuit, je veux dire, je ne m'en sors plus. C'est tous les soirs le même cirque, j'ai l'impression de ne pas dormir du tout et de vivre des aventures dans mes rêves, c'est très fatiguant. Que je dorme à la belle étoile ou dans une auberge - j'ai même essayé un lit moelleux dans un grand hôtel, c'est pour dire - je ne passe pas des bonnes nuits.

Tout cela en plus de ma perte de motivation globale, je pense que j'en arrive à la fin de mon périple. Cela m'attriste, mais je sais que mes parents seraient heureux de me voir à la maison. Je grimace en pensant à la pollution, la monotonie des jours là-bas. Voilà qui ne me manque pas plus que cela, en fin de compte. Soupirant, je m'assois sur une pierre sur le bord du chemin, en vue de réfléchir un peu à ce qui adviendra de moi après mon retour. Sans diplôme, amoureux de l'air pur et ne souhaitant rien faire d'autre que d'en profiter, je me sens égaré, perdu, et j'ai l'impression qu'il n'y a pas de place pour les gens comme moi dans ce monde. Partout, tout n'est que question d'argent, de commerce, d'innovation et de mondialisation. Quant aux civilisations les plus retranchées, leurs cultures sont tellement différentes que je ne pourrais m'y faire. Un jour peut-être...

Je voudrais bien vivre en autarcie loin de tout, mais je doute encore que vivre loin des autres me conviendrait. On a au fond tous besoin d'une famille, de ses parents. Les miens seraient morts d'inquiétude de me savoir seul et sans ressources autres que celles que m'offre la nature. D'autant que je me débrouille, mais j'ai encore beaucoup à apprendre ; sans guide je ne suis pas sûr de pouvoir apprendre à vivre ainsi. Décidément, je pense que la seule chose à faire pour le moment est de rentrer... si j'arrive entier au prochain village.

Je suis tracassé et épuisé mais le bel étalon qui me sert de compagnon ne s'arrête pas, il continue son chemin. J'allais l'appeler pour le retenir, quand je remarque qu'il a repéré un toit au loin. C'est une ferme, pour sûr. Une larme de soulagement roule sur ma joue et je reprends mon chemin en pressant le pas pour rejoindre Espejismo, ou Espe, pour les intimes. Je suis décidé, je joindrai mes parents dès que mon portable sera rechargé et je rentrerai chez moi.

***

Un petit quart d'heure nous a suffit pour atteindre la petite propriété. C'est modeste, mais très largement confortable, d'après moi. Je fais le tour de la maisonnée pour voir si quelqu'un se trouve à l'extérieur, sinon j'irais sonner. Je m'arme de mon plus beau sourire, puisant dans mes dernières forces pour demander l'hospitalité dans mon espagnol laborieux.
Odessa
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Totem du Feu
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MessageSujet: Re: [Flashback] Ayudarme, por favor? [Séraphin] Mar 20 Juin - 20:13:34
Nous sommes logés dans une petite ferme, comme une dépendance éloignée de la vraie ferme, qui était située plus au sud. On nous a donné la mission de nous occuper des quelques champs environnants, le temps qu’on réside dans les parages. En fait, c’est surtout un énorme potager. Et je prends beaucoup de plaisir à m’occuper du jardin, et des quelques chèvres qui paissent aux alentours. Au début elles ne m’aimaient pas… Mais j’ai fini par trouver les mots pour qu’elles croient en ma bonne foi.

Le propriétaire avait déjà vu des gens de passage comme nous, ça ne le dérangeait pas comme arrangement. Et quand nous partirons, son fils retournera habiter ici. C’est une belle manière de faire, et une chose intelligente et douce. Une solution productive, bref, j’aime ce genre de vie.

Luam avait tenu que j’apprenne l’espagnol. Je ne sais pas d’où il maitrisait cette langue. Mais il le parlait bien. Tout le monde l’adorait dans le coin. J’ai plus de mal. Mais je m’en sors assez pour me faire comprendre. Il m’a présentée comme sa petite fille. Et il est donc de mon devoir de tenir la maison… beurk. Je me plie au moins au délire de devoir ouvrir la porte quand on frappe.

C’est ce que je fais maintenant. Il y a un garçon de l’autre côté de la porte. Je plisse les yeux en le voyant. Je sens… Je ne sais pas ce que je sens mais je crois bien que c’est Lui. J’écarquille les yeux. Nom d’un esprit ! Mais… Mais comment Luam a pu savoir ? Mais c’est complètement fou ! Mes yeux sont vrillés sur lui, je regarde sa posture, son regard, ses cheveux, son aspect fatigué, ma respiration s’accélère puis ralenti. Je crois que je suis surexcitée. Je ne sais plus quoi faire. Je dois le laisser entrer ?

La voix de Luam, en espagnol, retentit derrière moi, venant de la cuisine où il vient de commencer à faire de déjeuner.

« Qui est-ce, fillette ? »

Ma voix est bloquée un instant. Du mouvement derrière lui, un cheval. Pauvre ami qui a l’air si fatigué ! Cela me délie la langue.

« Entre donc ! Tu as l’air exténué, Abuelo prépare le repas, il y aura bien assez pour nous tous, il en fait toujours des tonnes. »

Je me glisse derrière lui et le pousse gentiment et vais m’occuper du cheval. Je le salue, il renâcle, mais je le rassure en lui parlant calmement.

« Dégage ! » dit-il d’un air fatigué. Je ris.

« Non, je ne dégagerais pas. Viens suis-moi, je vais te donner de l’avoine, on doit bien en avoir quelque part. Ensuite, j’ouvrirais la porte fermière, et tu pourras surveiller qu’on ne fasse pas de mal à ton ami si tu le souhaite. »

Intrigué il me suit.

Cela m’a pris une minute. Je rejoins la maison par derrière, par la porte de la cuisine, que je laisse à moitié ouverte pour le cheval, qui semblerait-il se nomme Espe.

« Abuelo, tu as vu qui est là ? » Je remarque avec un grand sourire.

Il hoche la tête et invite le jeune homme à s’asseoir sur une chaise. Je sautille jusqu’à la commode et me perche dessus. Je le fixe avec un sourire. Luam est reparti à cuisiner. Il me lance un regard, je dois faire les présentations.

« Je suis Natÿre ! Et lui c’est Luam. Salut ! Et toi ? Tu es qui ? » Je demande, pleine d’enjouement.



Séraphin Duplessis
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Totem de la Terre
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MessageSujet: Re: [Flashback] Ayudarme, por favor? [Séraphin] Aujourd'hui à 22:06:17
Les extérieurs de cette jolie ferme ne m'ont donné personne à aborder. Je caresse Espe et essaye de le rassurer avant de toquer à la porte. Il y aura bien quelqu'un pour nous ouvrir, cette maison n'est pas abandonnée, cela se voit. En attendant que l'on m'invite à entrer, j'essaye d'apaiser le vieil étalon d'un regard un peu tendre. Il se fait vraiment temps que je le ramène, j'aimerais le soulager.

À mon plus grand étonnement, la personne qui ouvre la porte est une jeune fille très blanche et très rousse, à tel point que sa présence ici relèverait presque du surnaturel, pour moi qui n'ai croisé que des peaux brunes dans les campagnes de la Bolivie. Elle semble me regarder avec le même regard étrange que je porte sur elle. Pourtant, moi, ma peau a pris les couleurs du soleil d'Amérique latine depuis longtemps, je n'ai pas à rougir de mon bronzage presque parfait, alors pourquoi m'observe-t-elle ainsi ? Sont-ce les yeux trop verts à son goût ? Je hausse légèrement les sourcils. J'ai l'air si mal en point que cela ? Tandis qu'elle me pousse à l'intérieur avec une vivacité que je n'aurais sans aucun doute jamais de mon vivant, je crois trouver un élément de réponse : elle me regarde ainsi car elle aussi elle a ce sentiment étrange. Je n'arrive pas à mettre de mots dessus, c'est très subtil. C'est un peu comme si je la reconnaissais. Secouant la tête, je laisse cela de côté. J'aurais bien le temps d'y réfléchir plus tard, pour l'heure, je porte mon regard sur le vieil homme qui fait la cuisine. Le sentiment que j'ai éprouvé pour la jeune femme se fait plus intense alors, me plongeant à la fois dans un confort et une incompréhension générale. Car, somme toute, le malaise occasionné par l'apparition violente de ce sentiment n'efface pas la douceur que celui-ci provoque en moi. J'ai comme l'impression d'être à la maison, de voir mes proches, d'être à ma place.

Je suis surpris d'entendre la jeune femme parler à celui qui semble être son grand-père comme s'il m'attendait. J'accepte avec un certain soulagement la chaise que l'on me propose, posant mon lourd sac à terre et souriant à la demoiselle, qui s'est perchée sur un meuble. Elle est vraiment pleine de vie, cela contraste avec moi...

- Enchanté, Natÿre ! Luam, je suis également enchanté de vous rencontrer. Je vous remercie vraiment de nous avoir accueilli, Espejismo et moi. Je m'appelle Séraphin Duplessis, je suis français.

Avant de raconter ce qui m'amène ici et pourquoi j'en viens à leur demander l'hospitalité, j'attendrais qu'ils me posent des questions. Je n'ai pas envie spécialement de m'étaler sur les longs voyages qui ont fait mes derniers mois. Durant ceux-ci, j'ai trop souvent eu l'occasion de conter mes périples à ceux chez qui je logeais, notamment à des enfants, et même si tous m'assuraient qu'ils adoraient entendre mes histoires, j'ai toujours eu une sorte de pudeur à les exposer ainsi. Tous n'ont pas les moyens de voyager et j'aurais honte de m'en vanter.

Par mon silence, j'évite également de leur faire voir la détresse dans laquelle je suis, à quel point j'ai faim, à quel point je suis épuisé et à quel point j'ai envie de rentrer chez moi, car je ne veux leur provoquer aucune pitié ni aucune inquiétude. Malheureusement, alors même que j'ai fini ma phrase et que le silence s'installe rapidement, mon ventre se met à gronder comme jamais. Nul doute, toutes les personnes de la pièce ont pu entendre son râle, peut-être même Espejismo. Je me plie légèrement, portant une main à mon ventre à cause de la crampe qui me prend soudainement.

Quelque peu gêné d'être victime d'une telle faim en leur présence, je me racle la gorge, tournant des yeux légèrement paniqués vers Natÿre.

- Vous avez pu trouver un endroit pour abriter Espe ? Je suis désolé, j'espère que cela ne vous dérange pas d'héberger un cheval sans en avoir été prévenus à l'avance...

J'essaye désespérément de leur faire oublier le boucan qui a secoué mon estomac.
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MessageSujet: Re: [Flashback] Ayudarme, por favor? [Séraphin]
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