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L'Antre des roses

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Adrìas Indigo
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Totem du Serpent
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MessageSujet: L'Antre des roses Mer 28 Oct - 17:47:41

Sssssss...

Lent et langoureux, l'animal s'enroulait autour de ma taille. Autant son toucher était doux et lisse, autant la force avec laquelle il pressait mon corps était menaçante. Mais j'avais l'habitude, il venait souvent me tenir compagnie lors de mes nuits d'insomnies. Durant de longues minutes, il se créait un chemin sinueux le long de mon ventre et de mon dos, sans jamais croiser mon regard. Il continuait encore et encore, serrant de plus en plus ma poitrine. Malgré la fréquence de ce genre de rêves, ma réaction était toujours la même : plus il s'approchait de ma gorge, plus je paniquais. Sa puissance me coupait le souffle, et j'avais peur. J'étais à la merci de l'animal, un seul mouvement et il pouvait mettre fin à mes jours par une simple morsure, ou bien en continuant de serrer encore et encore, jusqu'à ce que le mince filet d'air qui parvenait toujours à circuler dans mes poumons, devienne néant. Mais une autre crainte m'animait, celle de sa disparition, qu'il vienne à partir et à ne plus jamais revenir, ne plus jamais me serrer comme il le faisait. J'avais besoin de lui, et aussi longtemps que je pouvais l'espérer, je me disais qu'il avait aussi besoin de moi. Pourtant cette fois là, c'était différent. Il brisa mes espérances quand, au lieu de s'en aller doucement comme il en avait l'habitude, son corps traversa la frontière que créait ma clavicule, pour continuer son chemin sur mon épaule. Il s'enroula ensuite, et se fraya un chemin dans ma nuque. Les poils se hérissaient le long de mes bras, qui refusaient de se lever pour aller arracher la bête de mon corps. La panique était telle que j'en venais à m'asphyxier tout seul. Ma fin était proche, pourtant je ne réagissais pas ; sa présence dans un endroit aussi sensible de mon corps me rendait fou. L'air se vit soudain bloqué au niveau de ma gorge, le long corps du serpent avait cessé de bouger, seule sa force persistait à présent. J'étais à peine assez conscient pour sentir ses dents se promener sur ma chair. Après une seconde de latence (était-ce une hésitation ?) ses crochets s'enfoncèrent dans la peau de mon cou, provoquant une douleur qui me fit sortir de ma torpeur.



Le mal de tête qui m’assaillit à mon réveil me passa l'envie de me lever. Pourtant il le fallait bien, c'était aujourd'hui mon premier jour de travail dans cette nouvelle ville. Pourquoi ici ? La réponse m'était bien difficile à trouver ; une sorte d'envie m'y avait poussé, et vu le rêve que je venais de faire, cela me faisait froid dans le dos. Tout comme mon allure, elle faisait peur aussi. J'étais blafard aujourd'hui, plus que d'habitude bien que cela paraisse insensé. Mais ce qui me frappa le plus devant le miroir et que je m'empressai de cacher bien vite derrière mes lentilles, c'étaient mes iris, d'un jaune perçant, clair, trop clair. Ce n'était pas une couleur naturelle, bien que magnifique, ce n'était PAS normal.

Je descendais les marches qui séparaient mon appartement de ma boutique avec une lenteur infinie. Décidément rien en ce moment ne pouvait me mettre de bonne humeur, pas même l'odeur de mes favorites, sagement exposées derrière les vitres. Je fis rapidement le tour de mes fleurs, comme chaque matin, les arrosant et leur parlant. J'allais en recevoir de nouvelles cette semaine, si bien que quelques étalages étaient encore vides.

Tout était prêt, il ne manquait plus que les clients. Ils viendraient sûrement très vite, les fleuristes ne couraient pas les rues dans cette partie de la ville, et j'avais fait ma publicité dans le journal local. Toute la journée mes pensées iraient vers Lilou, elle avait trouvé un logement à l'autre bout de la ville. C'était si loin, nous avions passé tant de temps dans le même appartement. Mais avec ce qu'il se passait pour moi en ce moment, je préférais ne pas vivre trop près d'elle, pourtant, cela allait être dur à supporter.
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MessageSujet: Re: L'Antre des roses Ven 30 Oct - 22:23:57
Dès que je pénétrai dans la boutique je sentis comme une hostilité sourde. Pourtant, d'habitude je me sentais plutôt bien et reposé parmi les fleurs. J'aimais les espaces naturels malgré une existence basée principalement en ville et dans une atmosphère décidément urbaine. Il n'y avait personne d'autre que moi et si je devais juger à la tête du gérant je pensai qu'il en avait été ainsi depuis le début de la journée.

Le jeune homme qui se trouvait là présentait des signes évidents de fatigue et sa pâleur en devenait presque inquiétante tellement elle était remarquable. Je regardai les bouquets devant et autour de moi mais sans réellement y prêter une attention soutenue. Je finis par saluer mon vis à vis. J'étais tellement absorbé que je ne l'avais pas encore fait. Ce comportement n'était pas dans mes habitudes car je me devais de toujours faire bonne impression. Pour dérober, la première chose à faire était de passer inaperçu...

En l'occurrence je ne comptais pas le voler, je désirais juste des fleurs. A ce moment précis mon idée me parut beaucoup moins bonne. Offrir des fleurs à une inconnue... quelle idée. Mais il fallait reconnaître que tout était bizarre ces derniers jours. Cette décision spontanée n'était pas la chose la plus curieuse de tout ce qui m'était arrivé.

- Je voudrais des fleurs (évidemment quoi d'autre ? je me rendis compte que parfois nos habitudes étaient idiotes), un bouquet exactement, pour une femme...
Adrìas Indigo
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MessageSujet: Re: L'Antre des roses Sam 7 Nov - 21:53:55
Malgré sa petite pub dans le journal, Adrìas n'avait reçu aucune visite jusqu'ici. La solitude, il la connaissait bien, et elle ne le dérangeait pas, mais la singularité de sa vie en ce moment le mettait mal à l'aise, dans une sorte de mélancolie permanente, et Dieu sait que la tristesse était un état d'esprit qu'Adrìas ne connaissait pas. Toute la peine qu'il pouvait ressentir, aussi infime fut-elle, elle se transformait en une sorte de haine contre le monde. Certes ici, il n'y avait aucune peine à avoir, mais Adrìas ne supportait pas ce sentiment agressif qui le hantait. Personne encore ne lui avait un jour dit avoir partagé ce même sentiment. Il ne parvenait pas à l'identifier. C'était une sorte de gêne intérieure, mais qui ne provenait pas de lui, comme si on lui demandait de partir. Comme s'il n'était pas chez lui, une sorte de mal du pays, mais qui concernerait son âme. Un sentiment insupportable, plus fort que tout autre sentiment, et qui ne le quittait plus. Décidément, il n'était pas censé être là. C'est ce que ce sentiment lui dictait.

Et cela mettait Adrìas hors de lui. Personne ne devait décider de ce qu'il devait faire. Pourtant c'est ce sentiment qui l'avait mené ici, mais malgré son arrivée en ce lieu, le sentiment était toujours là. Il lui manquait quelque chose, à cette puissance, et elle l'obtiendrait.

Luttant de tout son coeur pour repousser au maximum la haine et le dégoût que lui inspirait son humeur, afin d'accueillir le tout premier de ses clients, Adrìas esquissa un sourire forcé, sûrement aussi froid que le bout de ses doigts un jour de novembre. Mais alors que l'homme aux cheveux sombres poussait la porte, le sentiment d'Adrìas s'effondra. Il n'avait plus besoin de lutter, il était parti. Décontenancé, Adrìas n'avait pas salué l'inconnu avant que celui-ci ne prenne la parole. Parole qui provoqua en Adrìas un tourment monstre. Bien sûr cela l’agaçait.

"Quelle sorte de relation y-a-t'il entre vous ?" demanda-t-il d'un ton qu'il aurait voulu plus dur, et pas neutre, comme il venait de le faire.

D'habitude, il ne posait pas ce genre de question aussi personnelle, il attendait que le client se dévoile de lui-même. Là, il l'avait fait. Peut-être voulait-il que l'inconnu reste ? Peut-être voulait-il en savoir plus sur lui ? Ou bien au contraire, peut-être voulait-il le déstabiliser ? Oui, c'est cela, il voulait qu'il reste, il voulait savoir ce que cette femme était pour lui, ET il voulait le déstabiliser. Parce que cet individu venait d'abattre en un regard le mal-être qui le suivait depuis si longtemps.
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MessageSujet: Re: L'Antre des roses Mar 10 Nov - 9:09:28
Evidemment. J'étais en train de me dire - de penser intérieurement très exactement - que j'avais un vrai problème aujourd'hui. Etait-ce ce drôle de rêve étrange ? Je m'étais senti planer, libre... Voler était le fantasme de l'humanité non ? Cependant le réveil avait été lourd et dur. Mes ailes s'étaient changées en chape de plomb et je me sentais comme privé d'une part de mon être.

Je réagissais comme un fou. Je venais acheter des fleurs pour une femme que je ne connaissais pas et j'étais certain d'avoir entendu "une voix dans ma tête". C'était comme si l'homme qui avait attiré mon regard s'était adressé à moi. Non pas à moi moi mais à mon être intime et intérieur, à mon âme et à mon esprit. Cela me revenait maintenant car sur le moment, je n'avais pensé qu'à ces fleurs... un moyen pour l'aborder, elle. Mais à qui voulais-je surtout parler ? A Elle ou à Lui ? Je n'allais très certainement pas lui offrir des fleurs... Quoi que, avec son air sorti tout droit des profondeurs du règne animal et végétal.... ce n'était peut-être pas une idée aussi débile qu'elle pouvait paraître au premier abord.

Tout à mes réflexions, je ne répondis pas immédiatement à mon interlocuteur et ce fut là que je notai l'incongruité de sa question.

- Pardon ?


Les mots sortirent tout seuls. Qui était ce fleuriste qui interrogeait ses clients sur la nature des relations qu'il entretenait avec la personne, ainsi, à brûle-pourpoint ? Il fallait y mettre les formes quand même. Et pourtant, je lui répondis comme si un effet mystérieux me poussait, d'une voix calme, timbrée d'une pointe d'ironie qui m'était habituelle :

- Et bien je dois dire que je ne le sais pas encore... mais j'espère que ce bouquet me l'apprendra...

Je plongeai mon regard bleuté dans celui de mon interlocuteur. Pour une obscure raison ce type me  plaisait. Il n'était pourtant pas sympathique mais je sentais avec lui comme une affinité.
Adrìas Indigo
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MessageSujet: Re: L'Antre des roses Mer 11 Nov - 21:52:13
Adrìas devait l'admettre, son interlocuteur était fort. Le bleu intense de ses yeux ne voulait pas le lâcher. Il allait finir par se demander qui de lui ou de l'inconnu voulait déstabiliser l'autre. Adrìas décida de détacher son regard de l'homme, histoire que l'ambiance ne devienne pas trop gênante. Que lui donner ?

"Vous savez, la plupart des fleurs que l'on offre traduisent un amour." dit-il calmement. Il quitta sa caisse et commença à marcher parmi les bouquets et autres compositions. Il espérait que l'inconnu le suive, mais rien n'était moins sûr. Il fit évoluer ses jambes élancées à travers les pétales, feuilles et tiges. Son jean ne facilitait pas ses mouvements mais il se déplaçait avec une fluidité étonnante. Il s'arrêta devant le rayon qu'il voulait exploiter. Les dahlias mauves signifiaient la reconnaissance, ce n'était pas encore tout à fait ça, il le sentait, il pouvait trouver mieux. Pourtant, il attrapa quand même un pot et le présenta à l'inconnu, pour prolonger la durée de sa visite.

"Les dahlias expriment une reconnaissance, cela vous sied-t-il, monsieur... ?" sa phrase resta en suspense, il ne connaissait pas le nom du jeune homme.

Le parfum des fleurs détendit Adrìas, il relâcha les épaules. C'est à ce moment qu'il se rendit compte que sa chemise était un peu plus déboutonnée que ce que dictait la bienséance en temps normal. Son regard passa de son torse à l'inconnu, à la fleur. Il ne savait pas rougir, il se contenta de se racler la gorge. En fait, il valait peut-être mieux que l'inconnu parte, Adrìas était mal à l'aise soudain, et sa mauvaise humeur n'allait pas tarder à revenir.
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MessageSujet: Re: L'Antre des roses Sam 14 Nov - 14:24:24
Il avait une manière de s'exprimer très cordiale, très traditionnelle. Il me faisait penser à mes parents, eux-aussi s'exprimaient de cette manière, toujours "civile". Je le suivis au travers des différentes plantes, pots et protubérances végétales diverses qui peuplaient les lieux. J'avais toujours aimé les magasins de fleurs. Je les trouvai reposants. L'image qui me venait était celle d'une cathédrale florale. A sa question, je répondis un banal "non". Je ne savais pas pourquoi mais je m'attendais à autre chose. A quoi ? Je me le demandais bien...

Il me parut quelque peu mal à l'aise bien que rien dans sa conduite ne l'eût réellement indiqué, mis à part peut-être un léger raclement de gorge. Je revins sur l'hésitation précédente et je lui indiquai spontanément mon prénom. Je trouvais sa démarche particulièrement fluide et, en tant que voleur, je notai la dextérité du moindre de ses gestes, comme de la grâce inhérente à sa personne. Je posai alors une question incongrue :

- Etes-vous danseur ?

Je me sentis alors obligé de préciser mes pensées et mes intentions :

- ...parce que vous avez une démarche de danseur. Vos geste sont très fluides... Et vos mains...

C'était tout moi, mon "travail" ressortait quoi que je fisse. Il possédait de magnifiques mains de voleur, fines, agiles. Je prévoyais que ces doigts-là devaient savoir se mouvoir avec dextérité et finesse. Il était ce qui manquait à ma petite bande : un pickpocket de génie ! Je percevais tout cela rien qu'à admirer le fin profil de ses longs doigts qui saisissaient avec délicatesse une nouvelle tige.

- Je m'appelle Keishi, Keishi Hayabusa, et vous ?

Je désirais qu'il se dérida. J'aurais presque voulu pouvoir monter des projets pour lui. Après tout, qui ne tentait rien...
Adrìas Indigo
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MessageSujet: Re: L'Antre des roses Dim 15 Nov - 20:24:00
Encore une fois, la réaction du jeune homme le surprit. Il avait l'habitude qu'au bout de quelques minutes passées en présence d'un inconnu, la ferveur retombe. Soudain, les personnes qu'il rencontrait devenaient ennuyeuses et il ne tardait pas à retrouver son quotidien maussade, reconduisant plus ou moins brutalement les gens en dehors de sa vie.

Adrìas avait besoin d'être constamment stimulé, c'est pourquoi son ancienne amie lui manquait tant, elle avait cette folie qu'il nécessitait. Mais maintenant il n'allait plus entendre parler d'elle, il le savait.

Keishi venait de le piquer au vif. Oui, il aimait danser, et oui, il avait des mains... plutôt avantageuses dans les tâches manuelles.

"Je suis Adrìas, Adrìas Indigo. Il m'arrive de traîner dans les bars qui proposent une piste de danse en effet, mais je ne suis pas vraiment "danseur". Quant à mes mains, elles ont été forgées par dix années de jardinage, et tout autant d'années de violon. Et vous, vous avez une démarche silencieuse à l'instar de la mienne, des habits sombres, un regard observateur. Un homme de l'ombre peut-être ?" répondit Adrìas, dont les interventions se faisaient rarement aussi longues. Il s'était confié assez vite sur ses activités, Keishi était avenant. De plus, Adrìas tendit sa main à l'homme aux cheveux sombres, d'un air amical. Une étincelle de malice brillait dans ses yeux ; il trouvait l'homme vraiment intéressant.

Après lui avoir serré la main, il se retourna vivement vers un pot, et le montra à l'homme. "J'en suis sûr maintenant, c’est celui-ci qu'il vous faut, affirma-t-il, la clématite bleue. "J'espère toucher ta sensibilité." c'est cela que vous voulez lui dire n'est-ce pas ? Vous avez besoin qu'elle aussi elle voit en vous quelqu'un de différent...". Adrìas était sûr de lui, le parfum de la fleur le transportait, il était vraiment surexcité à présent.
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MessageSujet: Re: L'Antre des roses Ven 20 Nov - 9:54:18
Ce jour était-il particulier ou avait-il l'habitude de telles "bizarreries" ? Cette question me trottait dans la tête depuis le début de cette journée me concernant... J'utilisais même le "il" pour plus de distanciation. Je n'en étais pas encore à parler de moi à la troisième personne ! Je serrai la main de mon interlocuteur. "Un homme de l'ombre" ? Cette question me tira un sourire mystérieux et une réponse tout aussi énigmatique :

- Un homme de l'ombre ? Oui, on pourrait dire cela...

La clématite bleue ? Comme savait-il que, outre le langage de la fleur pour le moins approprié, le bleu était sa couleur préférée. Je plongeai quelques instants mon regard profond et azuré dans celui d'Adrias. Je ne désirais pas le mettre mal à l'aise, au contraire, mes prunelles étaient pétillantes et rieuses. Peu de personnes provoquaient ce comportement chez moi.

- C'est parfait.

Il me paraissait si à l'aise dans ce milieu qui lui paraissait naturel. Je pensai que vraiment il me fallait me joindre la collaboration de cet homme, ou du moins son amitié. Je manquais d'individus que je jugeais "mon égal". J'avais besoin d'échanges plus élevés. Et dire que j'étais venu pour des fleurs...

- J'apprécie énormément le violon. Je trouve qu'il s'agit de l'instrument qui possède le plus "d'âme". Nous avons tous besoin d'élévation et de pensées plus éthérées dans ce monde si prosaïque qui nous entoure. La fragrance des fleurs... vous vivez au sein d'un monde magnifié.

Certes, cette boutique me paraissait "hors monde", j'avais une impression de légèreté, comme si une aile m'avait effleuré. Il existait parfois de ces moments d'existence qui semblaient volés au temps. celui-ci en faisait indéniablement partie.
Adrìas Indigo
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MessageSujet: Re: L'Antre des roses Mar 1 Déc - 22:20:59
Adrìas aimait bien son monde magnifié en effet. Il sourit sincèrement à son client et saisit un pot avec douceur. Il jugea la qualité de la fleur et sa santé avant de se diriger vers la caisse, suivit de près par Keishi.

"Je vous l'emballe ?" demanda-t-il, cherchant ce dont il avait besoin pour la vente de la plante. Il envoya un coup d’œil non anodin vers le jeune homme : "Et, vous désiriez peut-être autre chose ?". Adrìas ne voyait vraiment pas ce qu'il pouvait bien vouloir de plus, mais il sentait que leurs chemins n'avaient pas fini de se croiser. Un futur ami peut-être ? Ou bien un camarade professionnel ? Sa réponse quand à ses activités "de l'ombre" l'avait intrigué. Il regarda sur sa caisse, et vit ses cartes de visite. Il n'oubliera bien sûr pas de lui en donner une, si jamais...

"Si vous avez du temps devant vous il faudrait que je vous donne des conseils pour l'entretien de la plante." Avait-il pensé à tout ? Son premier client dans cette ville, cela le rendait un peu nerveux.
Invité
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MessageSujet: Re: L'Antre des roses Mer 2 Déc - 8:43:43
Je sentais bien que ce n'était qu'un début. En toute chose il fallait du temps. En vérité, pas mal d'éléments auraient pu se rapporter à une métaphore florale. L'amitié, les relations, cela débutait et il fallait ensuite les soigner, les entretenir afin de les voir s'épanouir.

- Oui merci puisque c'est pour offrir.


Je lui souris et je réglai mais avant de partir et de me diriger vers la sortie, je plongeai une dernière fois mon regard inquisiteur et perçant dans le sien.

- Vous venez d'ouvrir ? Je suis certain que les affaires vont être florissantes. On sent tout de suite que vous connaissez votre métier...

J'aimais davantage réfléchir que parler mais là je sentais comme une affiliation cachée. Il me présenta sa carte et je fis de même. Je ne pouvais lui parler plus avant de mes activités, pas sans savoir comment il réagirait mais je devais garder le contact.

- Nous pourrions prendre un café ou autre un soir et... bavarder.

Parfois il y avait des rencontres comme celles-ci, la naissance d'une grande amitié, une collaboration indestructible que l'on savait être particulières. On n'agissait alors différemment d'à l'accoutumée. Il me venait cette phrase de Montaigne : "parce que c'était lui parce que c'était moi". Je me dirigeai enfin vers la porte, déjà un autre client s'engouffrait dans le magasin, une femme cette fois.

- Bonne journée et peut-être à bientôt alors !

J'avais presque oublié la raison de ma présence en ces lieux. J'avais tardé, j'espérais qu'"ils" étaient encore là, à cette table, et que j'allais obtenir des réponses ou du moins me sentir moins perturbé.
Adrìas Indigo
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MessageSujet: Re: L'Antre des roses Ven 4 Déc - 19:14:35
Adrìas sourit amicalement aux compliments du jeune homme et le remercia. Il lui tendit son paquet fraîchement emballé, ainsi que sa carte. Il avait accepté l'invitation à boire un café également, partagé entre la conviction que cette rencontre allait donner quelque chose de bien, et l'indifférence aussi quand même. Il y pensait encore en sortant de derrière sa caisse, pour accueillir sa nouvelle cliente.


Fin du RP avec Keishi Hayabusa, la boutique est libre pour d'autres clients.

Alexandra Thomas
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MessageSujet: Re: L'Antre des roses Sam 5 Déc - 21:35:01
Le sommeil est essentiel.

Alexandra avait lu récemment dans SVJ un dossier consacré à une expérience qui visait à empêcher le sujet de dormir. Au bout de trois jours de privation de sommeil, le cerveau n'en peut plus. Le sujet devient agressif, violent, complètement taré, change carrément de personnalité.

Elle dormait mal depuis des jours – des semaines. Toutes les nuits. Des rêves, ou des cauchemars, devaient la tourmenter. Elle avait l'impression d'un sommeil en gris. Elle ne se souvenait pas de quoi elle rêvait, peut-être de rien, ça devait juste être un contrecoup du stress.

Même après le voyage, il restait encore plein de choses à faire. Elle avait espéré pouvoir se reposer maintenant, avoir du temps libre pour jouer, alors qu'il n'y avait plus de dossiers de subvention, de présentation de projet, plus de financement participatif, plus de site internet et de réseaux sociaux... Mais non, il fallait encore faire des choses. Préparer la rétro. Faire la rétro. Faire d'autres rétros.

Alexandra soupira.

Encore …

Ses affiches dans les bras, elle remontait lentement la rue pour aller à son appartement étudiant. Elle en avait donné une dizaine, dans des libraires, à la bibliothèque, à la mairie évidemment, puisque c'était elle qui leur avaient donné une subvention et qui prêtait maintenant une salle pour la projection du film et une soirée rétro pour les habitants.
Elle était épuisée.
Mais elle n'avait pas envie de dormir – pour ce que ça lui apportait en repos...

Une voiture passa en pétaradant. D'une désagréable couleur jaune miel.

Alexandra leva le regard.
Entre les arbres dénudés pour l'hiver, une boutique de fleuriste.
Ah oui, c'est vrai. Je passe devant pour aller à la fac. Et je n'ai pas essayé les boutiques de quartier.
Elle jeta un œil à ses affiches.
ça ne coûte rien... il m'en reste, et c'est sur mon chemin...

Alexandra poussa la porte en bois.
Le tintement habituel d'une clochette...
… ne vint pas.
Quoi ? C'est bizarre, comment elle sait qu'il y a quelqu'un ? Bah, on s'en fiche.

Elle avança de quelques pas.

Immobiles dans le jour dispensé par la vitrine, des fleurs droites comme des colonnes retenaient un silence pesant. On aurait dit des petites statues. Des petites statues avec d'horribles couleurs de plastique luisant.

Alexandra n'aime pas vraiment les fleurs. Sa mère, oui. Elle, elle n'a jamais ressenti quoi que que soit pour de petites herbes dont il faut s'occuper toute l'année pour qu'elles fassent quelques pétales mouillés pendant deux ou trois jours et restent moches et fanées après, fripées comme de vieux parchemins, la noblesse en moins et la pourriture en plus.
L'endroit pourrait être beau, sans doute, pour des gens qui en avait quelque chose à foutre des fleurs.

En revanche, il y avait une odeur. Une odeur délicieuse, infinie, précieuse. Palpitante. Scintillante.

Alexandra n'avait jamais compris tout le truc autour de l'odeur des fleurs. Elle n'avait jamais trouvé que certaines sentaient meilleur que d'autres, ni même que certaines sentaient quoi que ce soit.
C'était la première fois qu'elle percevait une telle fragrance. C'était sucré. C'était rose et doré, ça avait les couleurs de l'été. C'était chaud et riche, comme une tasse de chocolat en hiver. C'étaient une odeur qu'on avait envie de boire, de voir couler entre ses doigt en un liquide paresseux.

Alexandra frissonna.
Elle avait le front brûlant et ses oreilles bourdonnaient plus que jamais.
Le regard fiévreux, elle chercha la fleuriste des yeux.


Adrìas Indigo
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MessageSujet: Re: L'Antre des roses Sam 5 Déc - 21:58:24
"Je suis là." indiqua Adrìas, derrière la jeune femme. Elle l'avait dépassé sans le voir, il était dans un rayon. "Vous désiriez quelque chose ?" Dit-il très vite. Il la trouvait le regard un peu effrontée, comme énervée. Il n'aimait pas les gens énervés. Il n'avait pas dit bonjour, tant pis. Il sortit de derrière le rayon et se planta devant la femme, jambe droites, dos droit, vaporisateur en main. Et il attendit qu'elle parle.
Alexandra Thomas
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MessageSujet: Re: L'Antre des roses Sam 5 Déc - 22:50:43
Loupé, c'était pas une fleuriste.

C'était un fleuriste. Un genre de vieux ado à peu près de son âge.
Une asperge dégringandée qui la regardait du haut de ses vingt centimètre supplémentaires par rapport à elle, armé d'un pulvérisateur qu'il pointait vers elle. Un genre d'émo avec des cheveux violets. La teinture était bizarre, à la fois bien réalisée – sans morceaux décolorés dégueulasses - , mais en même temps extrêmement artificielle, quelque chose de trop lisse, trop brillant. Comme les fleurs.
Il avait surgit de derrière elle et il était pas particulièrement engageant.

La hargne générale qu'Alexandra ressentait depuis des jours se concentra sur cette victime toute trouvée. Loin d'arranger les choses, l'odeur entêtante alourdissait l'atmosphère et lui donnaient mal à la tête. Elle avait envie de la respirer à pleins poumons, de la boire, de l'ingurgiter, mais en même temps, elle la dégoûtait.
-Oui, bonjour, je... soupira-t-elle, exaspérée.

Elle ne savait même pas ce qu'elle allait dire.

Oh, et cette odeur...

-Je …

Ce n'était peut-être pas une bonne idée, en fait.

-Je fais partie des Scouts et Guides de France, avec mon équipe on est parti à El Salvador en Amérique Centrale l'été dernier pour un projet humanitaire – on a construit une maison pour une famille nombreuse – et on organise une rétrospective de notre projet samedi 19 septembre à la Salle Hervé Bazin, en partenariat avec la mairie qui a soutenu notre projet. C'est une manifestation destinée à tous les habitants, alors je pose des affiches. J'habite dans le quartier, alors, je me demandais si vous accepteriez d'afficher mon …

Merde, ça faisait une répétition plutôt sale.
Oh, tant pis.


-d'afficher mon affiche dans... sur votre vitrine, pour informer les gens du quartier...

Elle avait débité rapidement ce texte qu'elle avait pris l'habitude de répéter, mais arrivé à la demande particulière, sa fatigue se faisait ressentir.
Elle grimaça un genre de sourire. Le tout pourrait passer pour poli.

Quelque part, elle en doutait fort.


Adrìas Indigo
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MessageSujet: Re: L'Antre des roses Dim 6 Déc - 21:35:40
Adrìas n'écouta qu'à moitié ce que la jeune lui disait, il se faisait du souci pour sa plante en fait, elle avait les feuilles très sèches. Lorsque le mot "affiche" monta jusqu'à sa cervelle, il lui prit des mains et la scotcha sur la vitre, sans plus de cérémonie. "Autre chose ?"
Alexandra Thomas
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MessageSujet: Re: L'Antre des roses Mer 9 Déc - 13:36:30
Qu... Que, quoi ? Mon affiche !

Schlak, schlak, deux coups de scotch tiré d'une poche, l'affiche sur la vitrine.

Ah, heu... Ben ok, écoute... Comme tu veux...

-Autre chose ?


Vraiment pas aimable, ce type. Même carrément antipathique.

Dis, tu pourrais me regarder quand tu je te parle, non ? Ou même faire l'effort de faire semblant d'être poli, j'ai bien essayé moi, et de nous deux, c'est toi le commerçant nouveau dans le quartier.

Alexandra se sentait exaspérée par l'attitude indifférente de ce fleuriste bizarre.
Et il y avait toujours cette odeur étrange, lourde, comme un gaz épais, qui s'étendait paresseusement entre eux et ne semblait vouloir se dissiper.
Alexandra était très sensible aux petites contrariétés. Alexandra était malade et fatiguée. Alexandra conçut de la présence de cette senteur envahissante une frustration encore plus grande que celle que lui apportait ce déplaisant personnage.
C'est pourquoi elle répondit avec toute la politesse forcée qu'elle pouvait invoquer en cet instant.

-Merci beaucoup, monsieur. Vous êtes le bienvenu si jamais vous êtes disponible samedi 19, l'entrée est libre. Nous serions ravis de vous compter parmi nous.

De toute façon tu dois pas être le genre à te soucier d'autrui ou des problèmes de l'autre bout du monde, hein ? Tu l'as même pas regardée, mon affiche. Si ça te fais chier, tu peux toujours me dire non, tu sais ! Tu n'as pas la moindre idée d'où se trouve le Salvador, et tu t'en contrefous. Des dizaines de morts tous les jours, ça ne te fais ni chaud ni froid. Je suis même pas sûr que si ça arrivait dans ta rue, tu t'y intéresserais.

Il suffisait de le regarder, avec son regard ailleurs, ses cheveux artificiels et ses fleurs en plastique.
Elle aurait pu repartir immédiatement de la boutique, mais elle prenait un plaisir pervers à exorciser son stress et sa fatigue en insultant ce personnage désagréable en pensée tout en l'abreuvant de mielleuses paroles. Les merveilles de la politesse exacerbée.

-D'ailleurs, vous n'êtes pas ici depuis très longtemps, non ? J'habite dans le quartier depuis que je fais mes études ici, c'est-à-dire trois ans, et, sans offense, je ne vous avais pas remarqué l'année dernière. Vous ne savez peut-être pas où se trouve la salle. Vous pouvez vous rendre sur notre site internet, l'évènement est annoncé, avec un plan pour y accéder. Tout est indiqué sur l'affiche.

Pourquoi je me fais chier à te dire ça, hein, tu n'iras pas de toute façon. Tu as envie que je sois déjà partie, de toute manière. Je pourrais m'en aller, et te laisser penser à ta petite vie bien rangée et bien tranquille et oublier les autres êtres humains de cette planète, mais non, j'ai trop envie de te déranger encore un peu, que tu te rende compte que le monde ne se résume pas à ton petit quotidien étriqué.

Obséquieuse, elle poursuivit sa litanie.

-Nous allons présenter une projection reprenant notre voyage, monsieur, avec des photos et des films que nous avons pris là-bas, et expliquer la situation du pays. C'est le pays avec le plus de morts par jour actuellement, vous le saviez ? C'est à cause de la guerre entre les gangs, les maras, qui fait des ravages parmi la population. Nous avons construit une maison pour une famille très nombreuse, avec des méthodes traditionnelles, et nous avons rencontré beaucoup de Salvadoriens différents. C'était une expérience très enrichissante, monsieur, et nous la présentons actuellement un peu partout dans le département, pour sensibiliser les gens sur ce beau pays et sa situation. Enfin, je vous dis tout ça, mais peut-être que vous le connaissiez déjà !

J'en doute fort, mon grand. Tu es là dans ta petite boutique... Le monde, c'est ta rue, n'est-ce pas ? Tout ici respire la misère. Tout est gris et artificiel. Ta boutique est étriquée, trop droite, trop vide, avec ses étagères millimétrées et les quelques pots qui se battent en duel dessus. On dirait un photomontage. Tu dois passer des heures à tout ranger et remettre en place, en attendant que quelques pigeons viennent acheter un fleur coupée pour l'offrir et la voir mourir quelques jours après, contents d'eux...

Il y avait quelque chose de la haine irraisonnée dans les pensées assassines qui se formaient dans son esprit alors qu'elle regardait le vendeur.

-Dans tous les cas, vous devez aimer les fleurs, pour travailler ici. Là-bas, c'est un climat tropical – vous pensez, Amérique centrale, côte atlantique, juste sous le Guatemala ! - alors, des fleurs on en a vu, et des superbes ! Je ne sais pas si vous vous intéressez aux plantes tropicales, monsieur, mais tout amateur ne saurait nier la beauté de la flore salvadorienne.

Plus belle que tes petites plantes en pot luisante de produits, ça c'est sûr, ou que l'odeur bizarre que tu dois vaporiser en permanence pour donner l'illusion que tu as de vraies plantes, qui viennent de la nature. Qu'est-ce que tu vaux, en tant qu'être humain ? Pas même une de tes fleurs, non ?

-Enfin bref, je ne vais pas vous retenir plus longtemps. Je ne voudrais pas vous déranger et vous empêcher d'accueillir vos clients. Je vous souhaite une excellente journée, monsieur, et encore merci pour le service que vous nous rendez.

Oh, douce ironie, coulant comme du miel dans sa bouche.

Du miel ? Je n'aime pas le miel. Je suis bien trop fatiguée pour les comparaisons...

Sourire faussement aimable, petite inclination de tête exagérément servile.
Mais Alexandra ne fit pas un pas vers la porte, ni le moindre mouvement. Elle avait une vague impression que ce n'était pas terminée. Elle avait envie de continuer à jouer son double jeu, mais elle le savait, quelque part au fond de son esprit malade... Elle n'aurait pas du faire ça, elle allait regretté de s'être montrée si désobligeante envers ce pauvre commerçant un peu original. Mais quelque chose, quelque part dans son cerveau, l'empêchait de partir. Elle avait besoin de continuer à se défouler.
Elle avait l'impression diffuse que l'autre allait dire quelque chose.
Un doute l'assaillit.
Elle avait pensé beaucoup de choses, des choses fort peu aimables. Elle les avaient pensé très fort, et sa bouche avait prononcé des mots exactement à l'inverse.
Elle les avait pensés, c'est sûr, et pas dit. Non, elle se souvenait du son des obséquieux "monsieur" roulant dans sa gorge.
Mais – c'était idiot – elle ne se demandait si, quelque part, elle ne les avait pas pensés si forts que, d'une façon où d'une autre, ce personnage antipathique ne les avaient pas entendus, ou du moins compris.

Spoiler:
 


Adrìas Indigo
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Totem du Serpent
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MessageSujet: Re: L'Antre des roses Sam 12 Déc - 19:40:15
Adrìas se douta qu'il avait heurté la jeune femme. Elle avait soudain prit un air assez pincé, une corde à linge. Il l'écouta dire tout ce qu'elle avait à dire, jusqu'au bout sans l'interrompre. Heureusement d'ailleurs, car s'il avait répondu du tac au tac, à chaud, cela aurait sûrement envenimé la situation. Il n'aimait particulièrement pas que les gens viennent lui transmettre des paroles aussi mielleuses, surtout lorsqu'il s'agissait là d'une hypocrisie presque apparente. En attendant, il observa avec attention la porte derrière la dame. Il la voyait sans la regarder, nul doute que cela achèverait de l'agacer. Cependant il écoutait ce qu'elle disait, et attentivement, afin de pouvoir rétorquer par après. Non pas qu'il voulait la provoquer, mais si en fait. Entrer dans son jeu serait une autre alternative. En fait il hésitait entre toutes les options qui s'offraient à lui, il était très indécis aujourd'hui, comme pour le choix de son petit déjeuner ce matin. Céréales ou chocolat ? Jus de fruit ou café ? Thé ? Lait ? Et ce midi alors ? Ce soir, ce n'était même pas encore la peine d'en discuter... Oh, la dame a fini...

"Cela aurait été avec plaisir samedi, mais malheureusement l'Antre reste ouverte. Les commerçants, vous savez, toujours à vouloir faire le meilleur chiffre d'affaire, donc le samedi, c'est important !" minauda-t-il. Il entrait dans son jeu au final. "Ils doivent être tellement heureux, ces pauvres gens, de savoir que des européens les plaignent, tout en étant assis dans des sièges à boire du champagne et manger des petits fours, oh oui alors, quelle belle action, mademoiselle." continua-t-il. Il sourit, l'air royalement moqueur, avant de la viser avec son vaporisateur à eau. "Vous avez peut-être eu chaud là-bas, de l'eau cela vous rafraîchirait-il les idées ?" rigola-t-il, avant d'enclencher le mécanisme. Sauf qu'il ne l'avait pas fait exprès, vraiment, cela avait été un simple réflexe. Il attendit la réaction de la demoiselle, les yeux écarquillés, choqué par sa propre action inconsciente.
Alexandra Thomas
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MessageSujet: Re: L'Antre des roses Mar 2 Fév - 16:34:14
Elle le voyait dans ses yeux qu'il ne l'écoutait qu'à moitié. Qu'il ne l'écoutait pas du tout.
Ses paroles semblaient ruisseler sur lui comme des gouttelettes d'eau, et cela l'exaspérait au plus haut point.
(il faut bien admettre que quelques secondes plus tard, cette comparaison lui sembla soudain singulièrement emprunte d'une certaine ironie tragique).

-Cela aurait été avec plaisir samedi, mais malheureusement l'Antre reste ouverte. Les commerçants, vous savez, toujours à vouloir faire le meilleur chiffre d'affaire, donc le samedi, c'est important ! minauda-t-il. Ils doivent être tellement heureux, ces pauvres gens, de savoir que des européens les plaignent, tout en étant assis dans des sièges à boire du champagne et manger des petits fours, oh oui alors, quelle belle action, mademoiselle.

Alexandra ouvrit la bouche, à la fois outrée de ce qu'elle entendait et incrédule qu'une personne puisse faire preuve d'une telle désinvolture par rapport au sort d'autrui sans se sentir misérable.

Non mais il se rend compte de ce qu'il dit ce con ?

Il arborait un sourire goguenard, le pistolet à eau pointé sur elle comme une arme.
Soudain, elle n'avait plus envie de jouer à être la plus fine. Juste de lui enfoncer son putain de vaporisateur dans les narines avant frapper son crâne étroit et violet dégueulasse sur ses pots de fleurs en plastique.

-Vous avez peut-être eu chaud là-bas, de l'eau cela vous rafraîchirait-il les idées ? poursuivit-il, mielleux.

Elle voyait bien ce qu'il voulait dire.
Elle ne s'attendait en revanche vraiment pas à ce qu'il le fasse littéralement.

Ainsi, quand elle reçu la vaporisation humide et glacé dans le visage, elle ne put qu'ouvrir la bouche comme un poisson stupide, brusquement muette de surprise et de rage, incapable de choisir entre tous les jurons fleuris qui se bousculaient au portillon.

Il m'a arrosée, ce con.
Mais il a vraiment un problème ! Il pas net ce type !


Mais, au prix d'un effort assez colossal, elle referma la bouche et sourit aussi hypocritement que possible – un peu crispé, certes.

-Je vous remercie pour cette charmante attention, monsieur. Je dois vous avouer qu'en effet, j'avais grand besoin d'un peu d'eau fraîche en cette glaciale matinée d'hiver, quand bien même je suis déjà bien malade et que je dors très mal. Vous savez vraiment soigner vos clients et vos voisins, c'est une rare qualité chez un commerçant de nos jours.

Elle avait presque l'impression d'assister à la scène du dessus, comme si elle était totalement étrangère aux mots qui sortaient d'une bouche qu'elle aurait juré être la sienne pourtant. Elle n'arrivait pas à croire à ce qu'elle disait alors que tout son cerveau était saturé d'insultes toutes plus violentes et agressives les unes que les autres.

-On devrait vous jeter des fleurs pour ça, poursuivit-elle.

Elle tendit la main vers un grand pot de roses d'un écœurant rose barbapapa coupées. D'un geste ample et insouciant, elle en tira trois et les lui lança en souriant.

Elle savait que l'eau dégoulinante des tiges lui renverrait un tant soit peu l'ascenseur.
Mais elle n'en ressentait qu'une satisfaction partielle – en fait, la honte lui rongeait déjà l'estomac et hurlait dans son cerveau vide de tout bon sens sans être entendue. Mais elle ne pouvait pas s'arrêter d'être odieuse.

-Je vous remercie encore pour ce chaleureux accueil, cher monsieur, conclut-elle. Je n'hésiterai pas à repasser ici pour profiter encore de votre hospitalité et de votre professionnalisme si rare.

Et cette fois-ci, elle posa la main sur la porte pour repartir.



Spoiler:
 


Adrìas Indigo
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MessageSujet: Re: L'Antre des roses Ven 19 Fév - 12:51:29
Au lieu de prendre la mouche comme il l'aurait fait à son habitude, Adrìas ri sincèrement lorsque la demoiselle lui envoya ses fleurs au visage. Voilà longtemps qu'il ne s'était pas tant diverti au travail. Il ramassa vite fait les fleurs au sol et les posa sur sa caisse puis il saisit une carte de visite.

- Mademoiselle, du coup n'oubliez pas ma carte, cela me ferait très plaisir de vous revoir dans mon Antre !

Il s'approcha très près d'elle et lui tendit sa carte avec un sourire charmeur. Il lui glissa encore quelques mots.

- Votre compagnie est des plus agréable, vous êtes très bonne mademoiselle. Je me demande d'ailleurs si vous n'êtes pas trop bonne. Peut-être faudrait-il que vous développiez votre caractère ? Rajoutez donc un peu de piquant à votre humeur, pour ne pas vous laisser marcher sur les pieds. Je vous proposerais bien une rose avec plein d'épines mais je crains qu'elle ne se plaise pas autant que moi en votre compagnie.

Sa dernière phrase était entre insulte et flatterie et il savait que la jeune femme ne manquerait pas de n'y voir que le coté insultant. Il lui sourit un moment avant de s'éloigner, décidant de la laisser tranquille.

- Au revoir mademoiselle, j'espère qu'un jour j'apprendrais votre prénom.

HRP:
 


La rose n'a d'épines que pour celui qui veut la cueillir. FICHE - JOURNAL
Alexandra Thomas
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MessageSujet: Re: L'Antre des roses Ven 19 Fév - 14:47:54
- Mademoiselle, du coup n'oubliez pas ma carte, cela me ferait très plaisir de vous revoir dans mon Antre !

Elle ouvrit la bouche et la referma, furieuse mais à court d'énergie pour continuer leur petit jeu.
Elle attrapa d'un geste rageur la carte de visite qu'il lui tendait et la fourra dans son sac sans même y jeter un coup d’œil.

- Votre compagnie est des plus agréable, vous êtes très bonne mademoiselle. Je me demande d'ailleurs si vous n'êtes pas trop bonne. Peut-être faudrait-il que vous développiez votre caractère ? Rajoutez donc un peu de piquant à votre humeur, pour ne pas vous laisser marcher sur les pieds. Je vous proposerais bien une rose avec plein d'épines mais je crains qu'elle ne se plaise pas autant que moi en votre compagnie.

Mais c'est qu'il se moquait d'elle ouvertement, sans se démonter.
Oh, elle le détestait.
Il était insupportable.
Il était dédaigneux, odieux, mielleux, hypocrite, …
Oui, oui, un peu comme elle.
Elle ravala une envie de réplique dont elle ne connaissait de toute façon pas le contenu, et tira résolument la porte.

-Au revoir mademoiselle, j'espère qu'un jour j'apprendrais votre prénom.

-Certainement monsieur, répondit-elle avec un sourire crispé. Je ne manquerais pas de repasser profiter de votre compagnie et de votre... piquant.

Elle tourna le dos au fleuriste violet le plus antipathiques qu'elle avait jamais rencontré et et sortit  d'un pas violent et fiévreux, malade comme jamais, dans ses entrailles et son cerveau, au propre et au figuré, honteuse et furieuse à la fois, et envahie par le même bourdonnement que ces dernières semaines, mais plus intense et grondant qu'il ne l'avait jamais été.

Spoiler:
 


Adrìas Indigo
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MessageSujet: Re: L'Antre des roses Mar 5 Avr - 17:27:09

Fin du RP avec Alexandra Thomas. Boutique exceptionnellement fermée.


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