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    Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe]

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    Re: Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe] > le Mar 1 Déc - 20:11:37
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    Adrìas eut du mal à avaler sa dernière gorgée d'Apple Rose, et pourtant le mélange que lui avait servi Ailbe était délicieux, mais il ne s'attendait pas à une telle suggestion. Jamais les hommes avec qui il avait déjà discuté ne prenaient les devants. Il avait plutôt l'habitude de devoir mener la danse, de se jeter à l'eau, et ce n'était souvent pas concluant. Pour une fois cela avait été différent ; Adrìas était touché. Il n'en montra rien, ses joues s'empourprèrent tout au plus.

    Il glissa sa mains dans celle que lui tendait le jeune homme, et sa poignée se fit rapide, comme à son habitude. Il observa les mains d'Ailbe un instant et fut frappé par la générosité qu'elles dégageaient : on voyait qu'il travaillait beaucoup, et pas seulement pour lui. Peut-être travaillait-il la terre ? Il présentait les mêmes égratignures qu'Adrìas avait déjà essuyées à cause de son travail sur les roses et autres piquants. Ou peut-être que non, peut-être qu'il se fourvoyait. Dans la main du brun, sa main à lui semblait fine à l'extrême, fragile et surtout très froide. Seules les fameuses petites égratignures pouvaient évoquer un travail de la fleur, sinon on aurait dit des mains d'enfants, taille exclue, évidemment.

    "La fatigue se fait sentir en effet" admit-il, luttant pour ne pas bailler. "Je vous accompagne avec plaisir. Il me tarde de prendre l'air, la fraîcheur me secouera sans aucun doute." Il se leva en rendant son verre au barman, l'air jovial : "Merci, c'était délicieux, vraiment. Le parfait mélange entre le sucre et l'acide. Vous êtes bon !"

    Il attendit qu'Ailbe se libère en jetant un œil à son environnement. Le bar s'était un peu vidé, il ne restait que quelques courageux et d'autres, beaucoup moins frais. Il reconnut un visage, un habitué des bars, comme lui. A la différence que l'inconnu était un habitué de la boisson alors que lui-même était un habitué de la piste. Ses yeux parcouraient la salle, inconscients vraiment de ce qu'ils regardaient.

    Lorsqu'Ailbe le rejoignit, Adrìas marcha devant lui et lui tint la porte, espérant qu'il ne trouve pas cela vieux jeu. C'était simplement une marque de politesse pour lui, au mieux d'attention. Une fois dehors, il inspira profondément et se sentit plus éveillé. Il se rendit alors compte qu'il avait oublié quelque chose : il avait un peu froid en polo... "Vous pouvez juste m'attendre une minute ? Désolé..." marmonna-t-il avant de remonter les marches quatre à quatre. Il chercha son blouson en cuir noir partout et finit par mettre la main dessus - Dieu soit loué. En redescendant il se fit la réflexion que vouvoyer Ailbe le dérangeait. Les joues roses et le souffle un peu court, il lui demanda en revenant s'ils pouvaient se tutoyer. Ils se connaissaient à peine, cela pouvait surprendre, mais pourtant cela lui paraissait naturel.
    Re: Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe] > le Mer 2 Déc - 18:38:59
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    La fatigue était toujours problématique. D'un autre côté, qui disait qu'un fois sortis du bar, ils auraient vraiment quelque chose à se dire? Ai n'était pas quelqu'un de particulièrement intéressant, ni cultivé. L'école n'avait jamais été pour lui, la lecture pas beaucoup plus. Il n'avait jamais été complexé, puisqu'il était fier d'avoir travaillé et d'être devenu ce qu'il était aujourd'hui. Mais dans ce genre de situation, où il n'avait pas uniquement à rendre service à quelqu'un sans parler vraiment, de lui ou du monde, il se rendait de plus en plus compte qu'il n'était pas vraiment à l'aise. Et moins encore lorsque la barrière rassurante du bar, qui l'identifiait clairement dans une fonction où il servait et aidait, également, conseillait, même, n'était plus. Pourtant il sourit et reprit le verre vide.

    "Merci... Je vais chercher ma veste."

    Il partit donc derrière le bar, profitant d'être seul dans le vestiaire pour faire son prélèvement, qui saignerait une dizaine de minutes, comme d'habitude... Il grimaça en voyant les résultats et fit son injection, en gobant presque un bout du repas qu'il avait préparé. Il ne se changea pas, mais fourra dans son sac l'uniforme du musée avant d'enfiler son manteau, un caban tout simple. Il repassa le chercher, récupérant sa bouteille d'eau au passage, un pansement rougissant au bout du doigt. Il le suivit à travers la foule, toujours souriant. Il ne savait pas exactement que penser de cette rencontre fortuite, mais c'était toujours intriguant de parler comme ça avec les gens. Il n'avait jamais eu peur de cela, et tous avaient, selon lui, quelque chose à raconter, à partager, à enseigner. Chacun était riche de quelque chose de différent.

    Il le remercia lorsqu'il lui tint la porte, n'y prêtant pas plus attention. Il avait été élevé par une communauté de personnes âgées et certains traits désuets pour le commun des mortels étaient tout à fait normaux pour lui. Il le rejoignit donc dehors, et le vit repartir à l'intérieur. Il se demanda un instant pourquoi, puis inspira, expirant un peu de buée. Effectivement, transpirant comme il devait l'être, il n'aurait pas chaud. Non pas que la soirée fut froide à proprement parler... Il redescendrait lui-même un peu en température quand l'insuline ferait effet. Il glissa donc les mains dans ses poches et attendit, le nez levé pour tenter de distinguer les étoiles. La ville... Il n'en voyait, ironiquement, que les ombres. Leur absence pesait parfois. Mais elles seraient visibles là où il l'emmenait.

    Il baissa à nouveau les yeux vers lui lorsqu'il revint, se rendant compte qu'il était légèrement plus grand, puis souriant à sa question avant de le placer gentiment à sa gauche.

    "Aucun problème. J'avoue que j'ai encore du mal à faire la différence. En anglais, tout ça n'existe pas... Je me rends compte que c'est un peu loin, en marchant, ça ne te dérange pas? Sinon, j'ai de la place sur le porte-bagages de mon vélo. Après tout, t'as pas l'air bien lourd."

    Notamment comparativement aux sacs de plâtre ou de farine qu'il avait déjà transportés au cours de sa longue et diverse carrière de manutentionnaire...
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    Re: Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe] > le Mer 2 Déc - 21:32:26
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    Au frais, Adrìas y voyait plus clair. Il était joyeux, d'une joie passive à cause de la fatigue, mais joyeux quand même. Il aimait sentir le froid s'engouffrer dans ses manches, lui caresser les bras, ou bien glisser le long de son dos, quand il avait le malheur de bouger de trop, et que son blouson se décollant de sa peau faisait appel d'air. Il ne manquait jamais de frissonner, et tout son corps se figeait, dans un instant hors du temps. Ses doigts avaient l'habitude de s'engourdir aussi, et le bout en devenait bleu. Parfois les quelques amis avec qui il restait prenaient peur en voyant ses ongles bleuis, mais lui il adorait cette singularité.

    Il remit une mèche courte qui couvrait son front à sa place ; il bruinait, il avait les cheveux humides. Quand il essuya sa main sur son polo, il fut recouvert de paillettes. Ah oui, il avait oublié l'ambiance paillettes... en espérant que cela ne paraisse pas trop étrange pour un homme de son âge... Il secoua sa main, se signifiant à lui-même que cela avait peu d'importance, qu'il aime les paillettes ou non, il ne se résumait pas qu'à un tas de paillettes. C'était pour la fête, on pouvait comprendre.

    Il réfléchit à la proposition d'Ailbe. Poser ses fesses sur un vélo et se laisser transporter, voilà une proposition alléchante, il avait un peu mal aux jambes, mais de là à obliger le jeune homme à le transporter... Pourtant, passer quelques minutes à filer comme le vent, dans les rues de la ville, à travers les lumières colorées et les décorations multiples, dans le froid et l'humidité, qui avait-il de plus intense ?

    "Si tu le proposes si gentiment, allons-y pour le vélo." lança-t-il avec un sourire. L'argument de son poids... Adrìas se sentait soudain très menu face à Ailbe. Ce n'était pas pour lui déplaire, au contraire, il était fier de sa silhouette. Tout comme il était très impressionné par celle d'Ailbe : tout en muscle, il avait de quoi faire peur... et donner envie. Ils étaient un peu comme le jour et la nuit physiquement, et aucun doute que cela se prolongeait sur le plan psychique. Un peu plus et Adrìas se demanderait si le ciel ne lui avait pas offert une étoile pour veiller sur lui.

    Il attendit qu'Ailbe lui indique son vélo.
    Re: Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe] > le Mer 2 Déc - 21:49:40
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    Machinalement, il repoussa ses cheveux vers l'arrière, ce qui ne servit strictement à rien. L'humidité s'y accrochait maintenant, les faisant boucler follement. Et ce n'était pas près de s'arrêter. En quelque sorte, ce climat ne le dépaysait pas vraiment. Il sourit. Il aimait la pluie, surtout lorsqu'il avait le temps d'en profiter. De s'allonger dessous et de la sentir couler, glisser le long de son visage en gouttelettes rafraîchissantes et tristes, comme des larmes célestes, s'accrochant à ses vêtements ou ses cheveux. Même lorsqu'il faisait froid. Mieux encore, il aimait se baigner quand il pleuvait. D'en-dessous, l'impact de chaque goutte était comme un caillou jeté dans la mare. Les rares moments où il aurait vraiment aimé être un poisson. Et puis, le reste du temps, il appréciait bien d'être ce qu'il était.

    Il alla donc cherche son vélo et le ramena. Rien de très neuf, ni de très moderne, mais effectivement un porte-bagages et des cale-pieds sortant des roues arrières. Ou quelque chose du genre. Il l'enfourcha avec un sourire et tapota l'arrière.

    "Vas-y, monte, ça ira beaucoup plus vite."

    Il attendit qu'il prenne place et le tienne bien avant de lancer les premiers coups de pédale. Il lui fallut un peu de temps pour s'habituer à cette nouvelle sensation, alors que le vent le fouettait en plein et faisait voleter ses cheveux. Il devait sentir quelque chose comme le rat musqué, à cause de sa soirée, mais au point où il en était, il ne pouvait pas vraiment revenir en arrière. Il haussa les épaules pour lui-même et continua, jusqu'à rentrer dans un parc. La dynamo ronronnait le long de la roue, les éclairant chichement, et s'éteignant alors qu'il commençait à ralentir, pour finalement s'arrêter. Il était dans une sorte de parc, un peu loin de tout. Le silence aurait pu y être pesant si la ville avait été plus lointaine et s'il ne l'avait pas tant aimée. Il le laissa descendre du vélo et mit pied à terre, lui indiquant un kiosque du doigt.

    "J'aurais préféré juste le bord de l'étang, mais ça va être glissant avec la pluie. Il vaut mieux s'asseoir sur les bancs. Et puis, la vue est belle."

    Le toit, en effet, était en verre et permettait de voir les magnifiques étoiles. Il avança paisiblement, presque lentement, inspirant profondément, un doux sourire affleurant sur ses lèvres. Il laissa échapper un soupir amusé.

    "Je ne sais pas vraiment de quoi tu veux parler, ou même si tu trouves ça étrange que je t'emmène là. Mais je cherchais un endroit paisible et beau, qui t'irait, et j'ai pensé à ici..."

    Après tout, avec la fatigue... S'il s'endormait, ce serait compliqué, mais ils n'étaient pas trop loin de chez lui, au pire. Il pourrait laisser son vélo ici et le porter jusque sa chambre.
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    Re: Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe] > le Mer 2 Déc - 22:41:14
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    Adrìas avait apprécié le voyage, vraiment. Il adorait depuis l'enfance la magie de Noël sur les façades, sur les arbres de la ville, aux fenêtres et même aux lampadaires. Les couleurs vives des lumières faisaient écho dans sa tête à celle des clubs, même si les unes étaient familiales et douces, tandis que les autres étaient intenses et moins chastes. Une guirlande de Pères Noëls, de sapins, d'or et d'argent défilait devant ses yeux. Il était tellement fatigué que les images se mélangeaient dans sa tête, lui rendant une sorte de ville magique et brillante, comme lorsqu'il était enfant.

    Bien sûr le voyage dans la nuit et l'humidité fut exquis, il avait froid et il aimait ça. C'est tout naturellement qu'il se serrait contre Ailbe - pas trop fort il l'espérait. En fait puisqu'il se tenait à lui, Ailbe était vraiment celui qui le protégeait sur le moment. Contre lui le froid se faisait moins oppressant, la bruine s'amenuisait, et surtout il assurait sa sécurité sur la chaussée. Et, enfin... la proximité avec son corps n'était pas pour lui déplaire. Avoir ses bras autour de lui l'émoustillait vraiment, il se forçait de ne pas trop y penser, mais il pouvait sentir le moindre des mouvements qui lui faisait contracter ses abdominaux, et il pouvait même deviner le rythme de sa respiration. L'euphorie du moment ne manquerait pas de faire décrocher Adrìas...

    Il suivit Ailbe à travers le parc, sur les bancs. Il était émerveillé par l'endroit, la nature les pieds et la tête dans l'eau, la quiétude et dans l'obscurité. Il remarqua que le ciel était particulièrement éclairé par les étoiles. Un endroit féerique en somme.

    "C'est vraiment très joli ici... Ça me plait beaucoup." murmura Adrìas, s'installant sur le banc. Il admira les reflets du ciel dans l'eau. Voilà où il pourrait aller au lieu de traîner dans les bars ! Il glissa ses mains gelées dans les poches de son blouson, pas beaucoup plus chaudes malheureusement. Il n'avait prévu de rester dehors, le blouson n'était pas de taille face au froid. Surtout que la fermeture éclair était cassée, aucun moyen de couvrir plus son torse qu'avec son pauvre polo. Ses poils se dressèrent sur ses bras, il allait avoir froid toute la durée de la soirée... Ce n'est qu'au bout de quelques secondes (ou minutes ?) qu'il se rendit compte qu'il n'avait pas dit un mot depuis qu'il s'était assis. Que dire maintenant ? Le silence devait devenir pesant pour Ailbe... Adrìas se mordit l'intérieur de la lèvre. Il avait l'habitude du silence, et quand cela mettait ses interlocuteurs mal à l'aise, il trouvait cela encore plus drôle. Ailbe était sûrement trop sympathique pour qu'il s'amuse avec lui, mais ses vieux réflexes avaient la vie rude. Encore un instant, il le libérerait dans quelques minutes.
    Re: Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe] > le Jeu 3 Déc - 13:10:54
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    Il lui arrivait de se demander comment les gens vivaient le silence. N'ayant jamais été particulièrement friand de musique, il avait toujours travaillé en silence, ou plutôt, dans cette absence de bruit humain autre que celui de ses vêtements frottant contre sa peau, des outils frappant le sol dur, ou encore la friction de la terre glissant entre ses doigts. Tout ceci avait une identité auditive, olfactive, tactile. Les paroles étaient parfois, souvent, superflues. Il aimait vivre en silence. Il ne l'avait jamais trouvé oppressant. Son père même avait peu parlé, après la mort d'Aine. Il se murait dans un silence buté et alcoolisé. C'était plus une habitude que véritablement un souhait, mais il l'aimait, surtout lorsqu'il était comblé, comme ici, par le froissement des branches, la montée délicate de l'humidité.

    Pourtant, pour certains, et surtout après être sortis d'un environnement aussi saturé que le bar l'avait été, il pouvait être inquiétant. Ou inconfortable. Pourtant cette réflexion ne vint qu'après de nombreuses minutes pendant lequel le silence s'était étiré, avait empli l'espace, apaisant. Il finit par baisser la tête de sa contemplation silencieuse des étoiles. Il sortit la main de sa poche, retirant le pansement de son doigt. Il était saturé de sang, mais l'écoulement s'était arrêté. Et il allait mieux. Il but un peu d'eau. Inspira profondément, accueillant en lui ces senteurs de pin et d'humidité, de terre meuble, de froid. Ce fut ce qui le sortit de sa torpeur bienheureuse. Cette fraîcheur. Il n'avait pas froid, il avait l'habitude, d'une part, et son caban était chaud. Il ne savait plus exactement comment il l'avait récupéré... Il regarda le jeune homme, se souvenant de son polo fin, et de la mince veste de cuir qu'il n'avait même pas fermée.

    Il se pencha en avant, avant de finalement venir s'asseoir à côté de lui, espérant lui amener un peu de chaleur juste en bloquant le vent par sa simple présence. Utopiste, peut-être, mais c'était mieux que rien. Au milieu du chemin, il se rendit compte que c'était un peu stupide, comme il l'était souvent. Il retira donc son caban pour lui poser sur les épaules, et s'installa, malgré tout, à côté de lui.

    "Tu dois être frigorifié en fait. Je t'ai vraiment pas amené au bon endroit, d'autant plus que t'es fatigué... Tu veux que je te raccompagne, ou ça va aller, avec ma veste?"

    Le vent mordit durement sa chair sous le t-shirt peu épais, malgré ses manches longues. Au pire, il avait toujours sa veste de costume dans son sac, ce serait mieux que rien si ça s'accentuait. Pour l'instant, ses poils s'étaient juste redressés de froid, et sa transpiration en cours de séchage lui parut un bain glacé. C'était à la fois désagréable et chargé de souvenirs. Il avait fait pire quand il était plus jeune, et cela le fit sourire.

    "Les températures me rappellent cette fois où je me suis baigné dans un lac de montagne en plein hiver. J'ai cru que j'allais mourir transpercé par des lames de froid au début, puis mon corps s'est habitué, et en définitive, je ne voulais plus sortir. C'est tellement apaisant. La vie est comme au ralenti dans ces moments-là. Comme si le monde retenait son souffle, un instant. Tu te sens immense et minuscule à la fois, le centre de l'univers et un grain de sable dans la machine. C'est grisant..."

    Il souriait, les coudes appuyés sur ses genoux, les doigts croisés devant son visage. De près, ses ongles étaient cassés et courts, en mauvais état, comme ses mains sèches et couvertes de petites cicatrices. De temps en temps, sous la pression de l'humidité ambiante, une mèche sautait, boucle sauvage, pour remonter le long de son crâne, presque vivante. Il allait finir par ressembler à un mouton à poils longs...
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    Re: Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe] > le Jeu 3 Déc - 17:05:17
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    Adrìas se demanda un instant ce qu'Ailbe traficotait autour de son doigt. Il voyait vaguement qu'il retirait quelque chose, grâce à la clarté de la lune, mais impossible de savoir ce qu'il faisait clairement. S'il se préoccupait un peu plus des autres, il aurait certainement pu deviner, mais voilà, Adrìas ne vivait que pour lui-même. C'est à peine s'il se préoccupait de ses propres amis. Pourtant là il regrettait, il aurait aimé savoir vraiment. Il aimerais tout savoir sur le grand brun. Et en même temps il ne voulait pas savoir, peut-être qu'il allait le décevoir... Il voulait aussi garder une part du mystère. Et surtout il savait que si Ailbe se livrait, il devrait en faire de même, et ce n'était pas son souhait pour le moment. S'il pouvait garder ses petits secrets... son secret, le plus longtemps possible.

    Néanmoins du peu qu'il avait observé Ailbe, il pouvait deviner qu'il était bien ici, dans cet environnement naturel. Ce devait être un homme d'extérieur. Lorsqu'il vint s'asseoir, Adrìas lui sourit, mais peut-être que le jeune homme ne pouvait le voir dans l'obscurité ; il avait lui-même du mal à distinguer son visage,  la fatigue jouait. Quand le jeune homme vint le couvrir de son caban, Adrìas eut un coup de chaud, tant d'émoi que de honte. Il offrait si peu aux gens, et voilà qu'un parfait inconnu allait jusqu'à lui passer son manteau un soir de décembre. Il ne pouvait pas accepter...

    Il lâcha un petit rire nerveux tant la situation le mettait mal à l'aise. Il écouta Ailbe lui raconter son souvenir, avant de lui répondre. "Ailbe, garde ton caban s'il te plait, tu vas attraper froid sinon..." dit-il en lui tendant son manteau, toujours ému. Il avait fait exprès de prononcer son prénom, il l'adorait. Il continua, un peu hésitant : "Tu t'es déjà baigné dans de l'eau gelée comme ça... ?" Il considéra un instant cette possibilité. "Cela ne m'est jamais venu à l'esprit. J'aime me baigner, mais de là à affronter un froid aussi intense... Pourtant cela à l'air plaisant comme tu me le racontes, il faudra que j'essaie." conclut-il. Jetant à nouveau un coup d'oeil à son voisin, Adrìas reconnut qu'Ailbe avait l'air d'avoir beaucoup plus de vécu que lui. Il avait sûrement eu plus d'expérience, des plus sociales, des plus professionnelles, des plus généreuses. Lui avait seulement vécu les mauvaises expériences, dans l'obscurité des rues de Paris. Il devaient avoir autant de points communs qu'un vieux sage et qu'un jeune ado. Parce que c'était ça au fond, il n'était qu'un jeune ado, qui n'avait pas vu le temps passer et qui tardait à grandir.
    Re: Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe] > le Jeu 3 Déc - 17:40:16
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    Comme déjà évoqué dans d'autres aventures, Ai était têtu. Très têtu. Dans les tâches de la vie quotidienne, évidemment, puisqu'il ne s'était jamais laissé abattre (il était aussi un éternel optimiste), dans ses apprentissages, dans ses questions, et dans ces décisions, quitte à s'en mordre ou s'en brûler les doigts. Et en l'occurrence, c'était une situation où il acceptait encore moins le refus. Il n'offrait pas son aide pour obtenir une contrepartie. Et d'autant moins auprès de gens qui en avaient visiblement besoin. Ou un peu moins visiblement, mais qui ne s'en seraient pas plaint. Probablement. Bref, peu importait, il avait décidé, à tort ou à raison, que le jeune homme devait avoir froid. Et donc, il ne put que lui sourire, reprendre son manteau, et lui remettre sur le dos.

    Il resta à moitié tourné vers lui, réfléchissant à ce qu'il lui disait. Il s'était en fait certainement mal exprimé, à un moment ou un autre. C'était beaucoup moins glamour que ça, en réalité. Lui aimait ça parce qu'il était certainement un peu fou, quelque part, et parce que l'eau lui avait toujours apporté ce réconfort. Il était bon nageur, et l'avait été depuis ce jour où son père l'avait jeté au milieu du lac. Ou presque. La première expérience avait été catastrophique et l'homme avait dû plonger le récupérer alors qu'il avait déjà presque perdu conscience au fond de l'eau. Mais il avait adoré cette sensation. Il ne s'en était plus jamais autant rapproché, puisqu'il n'y avait plus personne pour venir le chercher, pourtant. Chaque fois qu'il avait commencé à sentir le sang sur sa langue, ses poumons au bord de la rupture et les étoiles sous ses paupières, devant son crâne prêt à imploser, il avait toujours donné le coup de pied pour crever à nouveau le placenta. C'était cette renaissance perpétuelle qu'il recherchait. Il ne se réinventait pas, certes, mais il se sentait comme purifié.

    Pourtant, il n'irait pas lui dire une chose pareille. Il ne voulait pas voir quelqu'un d'autre essayer. Que lui risque sa vie était une chose, mais les autres... Il se rendit compte qu'il était resté silencieux, à le fixer, un certain temps. Il lui sourit donc. Il haussa une épaule en frottant sa barbe de trois jours (ou moins, ou plus, peu importait, c'était l'expression).

    "C'est moins confortable qu'il n'y paraît, en réalité. J'aime ça parce que c'est absolument saisissant. Mais c'est dangereux si on n'est pas un bon nageur. Ou qu'on n'a pas l'habitude des lacs de montagne. Ou des températures de ce genre. Il vaut mieux commencer par un lac par beau temps si t'as jamais essayé. C'est déjà beaucoup plus froid qu'on ne l'imagine."

    Il s'appuya du coude sur le dossier du banc, réfléchissant à ce qui serait le mieux. Même un lac de basse altitude pouvait être frais, au moins en son centre. Les rives... Non, elles étaient souvent assez douces, l'avantage d'être en vase clos. C'est ce qui était traître, en soi. On les sentait chaudes, et on s'avançait, confiant, et soudain... On était saisi. Les deux faces de la nature. Il tapota du doigt sur le bois pendant sa réflexion, fronçant les sourcils en le sentant douloureux. Il releva la main en tentant d'y voir quelque chose. La piqûre s'était rouverte. Il chercha un pansement dans son sac et le remit autour en soupirant. Il ne se plaignait pas de sa condition, mais elle était parfois pesant. Et notamment dans ces cas-là. D'autant plus que ses difficultés d'absorption des protéines le rendait particulièrement sujet aux anémies. Quoique, ces derniers temps, il avait moins cette impression...
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    Re: Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe] > le Jeu 3 Déc - 18:25:32
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    Adrìas ne savait plus quoi dire. Il avait abandonné l'idée de refuser une nouvelle fois le manteau, cela aurait été inapproprié. Refusez deux fois de l'aide et ça en devenait pesant... il l'avait déjà remarqué à Noël quand il était jeune, le deuxième refus agaçait souvent. Alors il garda le manteau, et fut à la fois réchauffé par la matière, et par l'intention. Ailbe se mit à le regarder. Il le savait parce que son visage était tourné vers lui, bien qu'il ne pouvait savoir ce qu'il regardait exactement chez lui. Il se contenta de fixer le sol en face de lui, remontant le manteau qu'il avait placé comme une couverture. Et il se tut pendant de longues minutes, écoutant le silence, et n'osant bouger.

    Puis il écouta avec attention les conseils d'Ailbe, prenant tout en note pour une fois, tandis qu'il avait l'habitude de laisser s’échapper les informations qui lui étaient données. Il se promit de le faire, de braver un jour le froid d'un lac. S'il le faisait en présence d'Ailbe, tant mieux, cela signifierait qu'ils auraient accroché. Sinon, tant pis, et lorsqu'il se plongerait dans l'eau gelée, il se souviendrait du beau brun du bar. Il se souviendrait de cette rencontre, et de l'histoire qui s'en serait suivie, que celle-ci soit heureuse ou non. Il y repenserait avec bonheur ou avec douleur, dans l'eau il verrait le reflet d'un sourire, ou bien le reflet de l'eau serait troublé par une larme chaude. Se souvenir avait du bon, toujours. Il estimait que même les moments les plus difficiles avaient leur avantages, surtout dans la création artistique. Il pensa à ses notes furieuses oubliées dans un carnet quelque part, mais il chassa bien vite cette pensée, parce que ce n'était pas le moment.

    "Ce que j'aime moi, c'est marcher dans le froid, enfin quand je ne suis pas trop fatigué. J'aime avoir mal partout en rentrant, à la fois à cause du froid et aussi à cause de la marche. Ça défoule énormément, et puis ensuite, je prends une douche brûlante, j'y reste pendant des heures, et je ressors complètement vidé. Ou alors si la douche ne me tente pas, j'allume un feu. Une fois j'ai même complété la soirée avec un chocolat chaud sous une couverture devant la cheminée..." commença-t-il à raconter. Puis il s'arrêta, se disant que ce n'était pas forcément intéressant, et qu'Ailbe n'était pas obligé de savoir qu'il s'agissait là de son premier rendez-vous avec un garçon, et qu'il ne l'avait jamais revu après cette soirée là.

    Ailbe sortit un pansement de sa poche et y enroula son doigt. "Tu t'es blessé ?" demanda naïvement Adrìas. "Tu sais, on peu se partager ton manteau en tant que couverture, ce serait une sorte de compromis ?", il espérait que le jeune homme réponde par la positive.
    Re: Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe] > le Jeu 3 Déc - 18:53:10
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    Pendant un instant, il le regarda, surpris. Blessé? Il baissa les yeux sur son doigt sans vraiment le voir. Il commençait à faire très sombre et le dernier lampadaire était un peu loin. Tant mieux pour la vue, mais en l'occurrence, ça lui compliquait un peu la tâche. Il avait plutôt intérêt à tendre l'oreille, parce qu'il n'avait aucun espoir de lire sur ses lèvres. Mais avant toute chose... Il se rapprocha de lui et se glissa partiellement sous le caban. Ils n'auraient pas tenu à deux en entier, même en écartant les pans. Ou alors, il aurait fallu qu'il monte sur ses genoux, et ça n'aurait pas été très pratique pour l'entendre. Son ouïe... Enfin bref. Il avait donc à peu près une moitié de dos couverte, et ce serait amplement suffisant. Après tout, Adrìas n'avait pas grand-chose sur les os, pour le protéger du froid. Mais à force, à eux deux, ils finiraient bien par irradier suffisamment pour qu'il ne commence pas à frissonner. Ce qui serait un comble, il avait déjà eu tellement plus froid, sur des chantiers, ou en tant que débardeur... Il secoua la tête, l'effleurant certainement avec ses cheveux de plus en plus densément bouclés.

    "Non, je ne suis pas blessé. Je cicatrise juste très mal. Ça m'arrive des dizaines de fois par jour."

    Que ce soit à cause de son contrôle insuline ou parce qu'il se coupait pour de vrai, d'ailleurs... Mais il n'aimait pas que les gens s'inquiètent pour lui, en réalité. Parce qu'il était... Un peu fier. Et trop têtu pour avouer ses fautes et ses manquements. Mais aussi parce qu'il n'aimait pas étaler ses problèmes. C'était un état d'esprit qu'il n'était pas habitué à avoir, aussi changea-t-il vite d'idée, se replongeant dans le reste de la conversation. Il eut d'ailleurs un petit rire silencieux.

    "Je déteste marcher. Enfin, si je peux faire autrement, je préfère le vélo. Je passe toutes mes journées et soirées debout, statique. Alors quand je peux avoir cette impression de vitesse et de liberté, j'en profite un maximum. Par contre, je suis pour la flambée. J'ai pas de cheminée, ici, mais en Irlande...""

    Il sourit, nostalgique. Il ne savait pas vraiment ce que les gens d'ici connaissaient de son pays. Il ne se posait pas la question, trop occupé à essayer de s'adapter. Il ne posait pas non plus la question, parce que c'était trop compliqué d'essayer de comprendre ce qu'on lui racontait, quand on ne parlait pas dans sa mauvaise oreille, déjà. Mais là, c'était l'occasion ou jamais.

    "Tu connais un peu, comme pays?"

      Hidden Lands