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Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe]

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Adrìas Indigo
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MessageSujet: Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe] Jeu 26 Nov - 21:41:07
Des heures s'étaient écoulées depuis qu'Adrìas avait franchit la porte discrète du bar. De la rue, si l'on excluait le rythme de la musique, personne ne pouvait soupçonner que cet immeuble abritait une piste de danse et tant de tables de billard. C'est par un escalier raide et en colimaçon qu'on accédait au second étage, où se situait le bar. L'entrée gardée par un sas en verre, doublé de deux grands vigiles, débouchait sur une salle toute en longueur où s'entremêlaient les canapés, les tables de bistrot et les tables de billard. Un ou deux flippers achevaient de donner au lieu son ambiance si cosy qu'Adrìas aimait tant. Mais le meilleur était caché par l'imposant bar en bois. Juste de l'autre côté, accessible par une ouverture dans le mur, une salle de danse. Elle était assez petite mais tellement agréable avec son parquet un peu abîmé. Vraiment plus agréable que l'autre bar, plus au nord, où Adrìas avait dû jouer des coudes ne serait-ce que pour accéder aux vestiaires. Ici, pas de vestiaires, et pour cause : le bar n'accueillait pas tant de personnes, juste assez pour mettre de l'ambiance et juste pas de trop pour que la danse soit fluide.

Des heures qu'Adrìas dansait sur la piste, les yeux mi-clos. Ses gestes étaient aériens et lisses. Ni les cris des danseurs lorsque la musique se faisait entraînante, ni les bruits lointains de verres ou de bouteilles, ni les quelques personnes qui effleuraient son corps ne pouvaient déranger Adrìas. Il avait la tête complètement vide, lavée par des dizaines de musiques dansées à en perdre haleine. Parfois il semblait perdre l'équilibre et son corps tendait à s'étendre sur le sol, mais à la dernière seconde il retrouvait son équilibre. Pourtant il n'avait bu aucune goutte d'alcool depuis son arrivée, c'était la fièvre de la danse. Tournant, tournant, tournant encore, Adrìas finit bien sûr par percuter une jeune fille. Cette fois il ne put s'empêcher d'ouvrir les yeux, et les lumières envoyées depuis le plafond agressèrent son regard fatigué. Il marmonna un timide "Pardon", plutôt gêné, alors qu'elle se contenta de plonger un regard admiratif dans le sien. Parfois il se demandait combien de personnes le regardaient danser sans rien dire, ce qu'elles pouvaient bien en penser, entre admiration et désarroi.

Après cet incident, il se dirigea vers le bar, il fallait bien qu'il se désaltère à un moment donné. La musique continuait de trottiner dans sa tête, et de faire bouger ses hanches. Il attendit qu'un des barmans ne viennent prendre son billet, réfléchissant à ce qu'il allait prendre. Un blond et il prendrait de l'alcool, un brun et il prendrait du soft.

Blond ou brun ? Adrìas s'impatientait, il se mit à fredonner en rythme :
"Je me fous bien des qu'en-dira-t'on
Je suis caméléon
Prenez garde à mes soldats de plomb
C'est eux qui vous tueront...
"

Un des barmans était enfin libre, ce serait du soft :
"Puisqu'il faut choisir
A mots doux je peux le dire
Sans contrefaçon
Je suis un garçon
Et pour un empire
Je ne veux me dévêtir
Puisque sans contrefaçon
Je suis un garçon...
"
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MessageSujet: Re: Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe] Jeu 26 Nov - 22:08:44
Il se faisait à l'idée de travailler au bar, désormais. Il oblitérait le bruit. Il devenait bruit blanc. Crépitement indiscernable à son oreille, d'où ne ressortaient que les commandes, souvent hurlées. Sur lui se mêlaient l'eau qu'il devait souvent boire rapidement pendant le coup de feu, et qui s'échappait de la commissure de ses lèvres, sa transpiration dans cette chaleur des corps pressés, des stroboscopes et de l'action, et les éclaboussures d'alcool. Un mélange pour le moins poisseux qui collait son t-shirt sur lui. Mais cela lui rappelait cette première plongée dans l'eau. Lorsque son père l'avait jeté par-dessus bord de cette petite embarcation, en plein milieu du lac, habillé, par une froide journée de pêche. Il avait eu cette même impression d'étau un peu étouffant et en même temps rassurant. Comme s'il était enserré par des tentacules glacées et entraîné vers le fond. Mais ici, aucun fond. Il était debout, sur ses deux pieds, ses tennis offrant un délicat bruit de succion inaudible à chaque pas, noyé par le bruit, son souffle libre. Il repoussa distraitement une boucle brune de son front, regardant furtivement sa montre. Dans quelques minutes, il serait relevé. Un dernier client. Et il se plongerait dans un bain mérité, après une course folle dans les rues vides, l'asphalte défilant sous les roues de son vélo, le vent glaçant ses cheveux et sa peau humides.

Il avait relevé ses manches humides, dévoilant ses avant-bras, le droit recouvert d'un tatouage tribal serpentant jusqu'à la base de ses doigts, juste coupé par sa montre. Il cherchait quel ticket n'avait pas encore été rempli, ses yeux sombres scannant la foule du haut de sa taille imposante, jusqu'à en repérer un, de client insatisfait. L'éclairage ne facilitait pas les choses, mais ses cheveux étaient clairs et son corps fin. Il l'avait aperçu alors qu'il dansait. Il sourit. C'était le genre de choses qu'il aimait voir. L'abandon. Cela avait toujours eu quelque chose de touchant, de poignant. D'un peu tragique aussi, parce qu'il fallait que ça s'arrête, à un moment ou un autre. Il approcha donc, peu discret, et se pencha interceptant ce qu'il fredonnait. Enfin, les mots plus que la mélodie. La musique était trop forte, et son oreille trop peu sensible. Il posa les avant-bras sur le bar, le fixant avec douceur. Sa voix était basse et ses mots lents.

"Et que puis-je vous servir, incontestable garçon?"

Ses soucis de sens de l'humour. Autre raison pour laquelle il ne parlait pas autant qu'il l'aurait fallu. Il ne connaissait même pas la chanson, tant était que c'en fut une. Sérieusement, des gens chantaient-ils ce genre de choses?
Adrìas Indigo
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MessageSujet: Re: Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe] Ven 27 Nov - 22:20:18
Adrìas entrouvrit ses lèvres mais aucun son ne sortit de sa bouche. Il s'était lui aussi accoudé au bar, mais s'était instinctivement reculé lorsque le brun était arrivé. Il regretta immédiatement son geste, découvrant les yeux bleu sombre de l'homme. Il aurait peut-être dû rester collé au bar, il les aurait vu de plus près, et il y serait tombé, il y aurait plongé, s'y serait noyé. Maintenant une certaine distance c'était glissée entre eux, celle qui ne faut pas briser sous peine de paraître insistant ou bien menaçant. Pourtant Adrìas n'hésita pas un instant et posa ses doigts sur le bois brillant du bar, son ticket placé juste en dessous. Il poussa le papier jusqu'entre les deux coudes de l'homme, avançant d'un pas et décrocha son regard de ses doigts justement - il avait préféré ne pas fixer l'homme en se rapprochant, cela aurait été de trop.

"Un verre d'eau je vous prie." prononça-t-il simplement, droit comme un I, à présent les deux mains posées à plat sur le bar, et les deux yeux dans l'eau, le torse à quelques centimètres du bois. Trop près ou pas ? Il n'en avait aucune idée, mais ne bougea pas d'un pouce. Un instant son regard caressa le bleu foncé de son vêtement, avant d'onduler le long de ses boucles brunes, pour retourner plonger dans ses yeux. Soudain, une lueur frappa son esprit. Un verre d'eau ? La chose la plus simple à faire, un verre, quelques gouttes et l'intensité de son bleu foncé partirait voir d'autres clients. Il fallait plus...

"Quoique, que pourriez-vous me conseiller ?" siffla-t-il entre ses lèvres qui s'étirèrent de part et d'autre de ses dents immaculées. "Sans alcool de préférence..." ajouta-t-il, désireux de rester lucide le plus longtemps possible.
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MessageSujet: Re: Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe] Ven 27 Nov - 22:50:59
Il avait reculé. Ai ne se rendait parfois compte que trop tard que sa taille faisait que, lorsqu'il effectuait un mouvement de ce genre, il se rapprochait un peu trop. Cela l'aidait la plupart du temps, pourtant. Le problème n'était pas vraiment d'entendre, la plupart du temps. C'était de distinguer les mots. D'en faire autre chose qu'un bruit pré-mâché et indistinct. Quelque chose de... Il ne savait même pas le définir. Comment un entendant aurait pu exprimer, en plus de mots qu'il n'en avait, certainement, en plus de métaphores, de poésie... Dans l'absolu, il n'était pas vexé qu'il se soit éloigné. Il ignorait s'il aurait fait la même chose si la situation avait été inversée. Il ne savait même pas s'il serait venu dans ce genre d'endroit. Il n'avait jamais vraiment eu assez d'argent pour en perdre dans un bar. Et ce n'était de toutes les façons pas bon pour ce qu'il avait. Il divaguait encore. De plus en plus fréquent à mesure que la fatigue du travail et des rêves se bousculaient en lui. Il se focalisa donc à nouveau sur ses prunelles... violettes? Ou quelque chose du genre. Il suivit du regard le ticket qui termina sa course, poussé doucement contre la surface du bar, entre ses coudes. Le mouvement avait été lent, calculé. Il avait cette impression hors du temps. Comme si rien d'autre que cette main, ce papier sur le bois, n'avaient existé. Il sentit un léger frisson remonter sa colonne.

Il se redressa, s'admonestant mentalement, en entendant la commande. Peu lui importait, en réalité, que ce fut un verre d'eau. Il n'eut même pas besoin de bouger pour le servir, et il s'apprêtait à le lui tendre lorsque la demande changea. Pour quelque chose de plus familier. Conseiller. Cela, il le comprenait, il l'appréciait. Et d'autant plus sur les boissons sans alcool. Il lui sourit en réponse, presque innocent, honnête. Il baissa le regard sur le verre dans sa main caleuse et marquée de petites cicatrices, sous le tatouage. Il servait toujours de la main droite, bien qu'il soit gaucher. Il ne voulait pas jeter de l'eau. Mais la question se posait. Il finit par hausser une épaule et le monta à ses lèvres, le vidant d'une traite, sentant le liquide frais, apaisant, couler dans sa gorge. Il avait sans cesse l'impression d'être déshydraté. Et ce sans lien avec sa glycémie. Il sentit une goutte s'échapper, roulant dans sa barbe, le long de son cou. Il avait tellement chaud qu'il ne lui en tint pas rigueur. Il se pencha encore. Parler fort n'était pas pour lui.

"Si vous souhaitez quelque chose de sucré, je peux vous conseiller un Apple Rose, jus de pomme, citron et framboise. Si vous êtes plus aventureux... Un Virgin Basel. Citron, poivre et tonic."

Il ne le lâchait pas des yeux, comme s'il n'y avait que lui dans la pièce. Ce n'était pas vraiment le cas, et loin de là même, au vu du nombre de corps se pressant contre le bar. Mais c'était cette impression qu'il donnait. Ce qu'il voulait. Satisfaire, après tout, était partie intégrante de l'industrie du service. Et il aimait cela. Difficile à expliquer, peut-être... Une boucle glissa lentement de derrière son oreille pour venir chatouiller sa joue. Pourtant, il ne bougea pas. Il attendait une réponse.
Adrìas Indigo
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MessageSujet: Re: Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe] Ven 27 Nov - 23:49:03
Adrìas dû se re-concentrer sur la réponse de l'homme pour la comprendre, tant le rapprochement l'avait perturbé. Ce n'était pas dans ses habitudes de se laisser emporter à ce point, il décida de retrouver un peu de sérieux. Il se pencha à la droite du brun pour lui parler avec plus d'aisance et moins de puissance. Ils étaient plus proches mais leurs regards ne pouvaient désormais plus se croiser. Voilà qui faciliterait l'échange.

"Va pour l'Apple Rose, mais pas trop sucré si possible." dit-il, et il poussa son ticket plus loin encore, jusqu'à toucher un morceau de peau - il ne savait pas vraiment lequel mais peu l'importait. Il retira ensuite sa main, et se recula, reposa ses mains sur le bar, droit comme un I. Il n'osa recroiser ensuite le regard bleuté de son interlocuteur, et se contenta de fusiller de ses prunelles, l'homme à sa gauche, qui aillant un peu trop bu, venait de le bousculer.

Puis il descendis son regard sur le bras du barman, pour suivre le cours de son tatouage, de tout son long. Il avait presque envie d'en dessiner les contours avec ses doigts, mais ceux-ci restèrent vissés sur le bois. Il allait pouvoir profiter encore de l'observation de la préparation de sa boisson avec un peu de chance. Il pourrait peut-être attraper un tabouret ?
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MessageSujet: Re: Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe] Sam 28 Nov - 0:29:28
Le mouvement avait été fluide, comme toujours. Trop rapide pour lui. Il n'avait rien pu faire pour l'en empêcher. Non que cet effleurement, presque ce contact, le rebute. Oh, bien au contraire. Il aimait toucher les gens autant que leur parler. Plus, peut-être, même. Il sentait légèrement son odeur, le peu de chaleur corporelle qui s'échappait de lui dans cette atmosphère déjà surchauffée. il n'avait pas assez d'imagination pour visualiser à quoi il pouvait bien ressembler, en lui parlant ainsi. Et quoiqu'il ait bien pu lui dire. Il fronça les sourcils, pas de colère, d'énervement... Mais il était désolé. Sincèrement. Et plus encore. Il ne regrettait pas souvent cette méningite, puisqu'il n'avait aucun souvenir de ce que sa vie avait été avant. Et il se retrouvait rarement dans une situation si préjudiciable. Pas pour lui, non. Mais pour son interlocuteur.

Il sentit ses doigts sur la peau de son bras. Une caresse, à peine, subtile et presque un souvenir trop rapidement oublié. Pourtant le frisson était remonté. Il ne savait trop qu'en penser. Ou alors, il ne savait que trop bien ce qu'il aurait voulu en penser. Et ce qu'il n'en penserait pas. Parce qu'il ne savait même pas ce qu'il lui avait dit et que lui demander de répéter risquait de simplement ruiner cet instant. En sus d'être terriblement malpoli. Mais avait-il même le choix, en réalité? De toute évidence, il avait commandé, à en croire le ticket poussé vers lui. Il ne prendrait pas l'initiative de deviner. Se tromper et risquer de le vexer? Certainement pas... Après tout, il s'était remis de pire humiliation. Et il n'allait pas simplement abandonner pour cela. Il était plus qu'un tympan en moins. Il en était persuadé. La plupart du temps au moins.

Il ouvrit la bouche une première fois et le vit chasser d'un simple regard celui qui lui était rentré dedans. Il baissa les yeux un instant sur ses bras posés sur le bar. Ferma les paupières un instant. Tout n'était plus que bruit. D'abord distinct, fort, agressif, paroles jetées et échangées, musique résonnant, un peu plate. Puis, de plus en plus, indistincte, brouhaha de son, mélange gluant de bruits de moins en moins discernable, jusqu'à ce point, proche, si proche de son oreille, où il avait senti son souffle quelques instants plus tôt, où il n'y avait rien. Un vide. Comme un angle mort auditif. Mais il n'abandonnerait pas. Il ne le faisait jamais. Quitte à y perdre quelque chose de lui. Le monde et les autres, les interactions, les échanges, tout en valait la peine, s'il se penchait sur la question. Alors il le fixa à nouveau, un sourire contrit aux lèvres, parti pour l'explication. Quitte ou double. Il avait déclenché pitié comme moqueries en s'expliquant.

"Je suis sincèrement navré, je suis sourd du côté droit, et je n'ai pas entendu votre commande. Puis-je vous demander de la répéter, je vous prie?"

En espérant qu'il ne croirait pas qu'il s'agissait d'une tentative pour qu'il se penche à son autre oreille. Difficile de prouver une chose pareille. Sauf que son collègue arriva pour le relever, l'appelant plusieurs fois, par sa droite. Il ne tourna pas la tête, jusqu'à ce qu'il lui tape sur l'épaule. Il se retourna vers lui, surpris, orientant son visage pour lui présenter l'autre côté. Il eut l'air surpris. Puis il hocha la tête.

"Je m'occupe de ce dernier client et je pars. Merci."

Il le regarda à nouveau, toujours aussi intrigué par cette impression. Et par sa danse. L'abandon. Il défit sa queue de cheval, ses boucles s'enroulant follement en tombant jusqu'à ses épaules. Il pencha la tête sur le côté.

"Sauf si vous préférez que ce soit Damien qui vous serve?"
Adrìas Indigo
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MessageSujet: Re: Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe] Sam 28 Nov - 20:53:50
Adrìas émit un franc sourire et ne quitta pas l'homme des yeux pendant son échange avec son collègue. Si en fait, une seconde, pour étudier ce Damien en question, mais il revint bien vite à celui aux boucles brunes. Il réitéra sa commande bien sûr, prenant soin de la diriger vers le côté gauche cette fois. Il s'était un peu penché encore une fois, il ne voulait pas parler trop fort.

"Je ne vais pas décommander mon serveur, voyons.", dit-il clairement, un sourire toujours posé sur ses lèvres. Une douce chaleur à l'intérieur de lui semblait le mettre d'une humeur joyeuse. "Je disais qu'il me plairait de recevoir de vous un Apple Rose, pas trop sucré." et il ajouta simplement, avec un regard sincère "Désolé du contretemps, pour votre surdité partielle."

Soudain, d'un mouvement vif, il posa sa main sur le tabouret qui venait tout juste de se libérer, l'enlevant de peu à un autre client, et le rapprocha de lui pour s'asseoir dessus en rigolant discrètement. Il était gêné par ce sentiment qui l'habitait, cette chaleur qui le rendait heureux mais nerveux. Il tira sur son polo gris, pour le rajuster. Quelle chance, il l'aimait bien ce polo, très flatteur. Il croisa les bras sur le bar, et se mit à taper le rythme du bout de ses doigts. Il rencontra le regard du serveur à nouveau, et la question fusa d'elle-même, sans qu'il n'ait le temps de la retenir : "Quel est votre nom ?". Il passa sa main dans ses cheveux, les ébouriffa, puis les remit en place. De son point de vue, il n'était plus dans un bar. Loin des ivrognes, loin des femmes, seule la musique lui rappelait où il était. Il se sentait dans un endroit plus calme, une soirée privée. Il avait effacé de son champ de vision tous les éléments parasites, il restait le bar, le tabouret, le verre qui allait venir, lui et l'homme. Et de là où il était, il avait juste envie de rire. Il ne savait pas ce qui, chez cet homme, pouvait rendre les gens aussi heureux, mais en revanche il savait que jamais il ne pourrait faire face à sa mélancolie à nouveau. Il pensait que cette tristesse permanente n'était pas si désagréable que cela, mais après avoir goutté à un moment si anodin et en même temps si fort que celui qu'il venait de vivre, il avait du mal à voir comment il allait pouvoir refaire face à la solitude et à l'obscurité.

Mais il ne devait pas y penser pour le moment, il avait encore quelques minutes à passer avec lui, dans la moiteur toxique du bar. Le regard d'Adrìas se fit taquin et paisible, et il caressa les bras de l'homme, son corps, son visage et ses cheveux. Ses lèvres et ses mains, son tatouage et sa barbe, avant de se perdre à nouveau dans le bleu de ses yeux.
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MessageSujet: Re: Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe] Dim 29 Nov - 17:19:53
Il s'était attendu à un refus, en réalité. Parce que c'était sa fin de service, et aussi parce que c'était toujours problématique, de s'exposer ainsi. Il n'aimait pas particulièrement, il était même un peu fier de sa capacité à vivre une vie normale, comme celle du commun des mortels, malgré ce que d'aucuns considéraient comme un handicap, et qu'il ne considérait que comme une différence. Il n'avait jamais cherché la perfection, il ne l'aimait pas. Elle l'embarrassait, presque, l'ennuyait. Il préférait les maladresses, les incompréhensions, les tentatives, parfois échouées, qui donnaient l'envie de tenter encore. Et surtout, par-dessus tout, les gens. Parce qu'ils avaient tous une chose qui les rendaient un et unique. Et c'était cette chose, selon lui, qui leur donnait toute leur beauté. Les nuances de chacun. Comme l'eau n'était jamais toujours exactement la même, résonnant d'une façon, ou bien d'une autre, contre ses tympans. Il ne put donc tout à fait s'empêcher de sourire, un peu gêné, à cette remarque. Ne pas le décommander. Alors que d'autres l'auraient fait, pour la simple et bonne raison qu'il n'était pas... Ce qu'ils avaient attendu.

Il le vit se pencher à nouveau et il approcha encore, cette fois du bon côté. Il hocha la tête, ses boucles retombant encore une fois sur son visage. Il s'était peut-être avancé en les détachant. Mais il aimait les laisser au naturel. Même si c'était contre les normes d'hygiène. Il salua Damien qui partit s'occuper des autres clients, alors que la musique continuait de pulser. Du coin de l’œil, il le regarda monopoliser un tabouret. Après tout, il avait terminé son service, rien ne l'empêchait de rester avec ce client jusqu'à ce qu'il ait terminé son verre. Enfin, il n'était pas censé le faire, évidemment. Il aurait dû le laisser, une fois son cocktail servi, entre les mains de Damien. Mains expertes au demeurant, bien évidemment. C'était lui qui l'avait formé. Parce que c'était le seul à parler anglais, en fait, ou à tout le moins, un anglais correct.

Sous ses mains, la boisson prenait vie, d'une légère teinte rosâtre transparent. Il avait augmenté le citron, diminué un peu le sucre. Il espérait que cela conviendrait au client. Il y mit la paille, le posa sur une serviette, et le posa enfin devant lui, avec un sourire.

"C'est moi qui m'excuse du contre-temps. J'espère que votre Apple Rose vous conviendra."

Il prit sa bouteille d'eau, en buvant une gorgée, se demandant la marche à suivre. Devait-il partir au risque de se voir rappeler? Rester au risque de passer pour un drôle? Ou continuer à se dandiner d'un pied sur l'autre. Il n'avait jamais manqué de confiance en lui, parce qu'il en avait eu besoin, tout au long de sa courte vie, mais certains instants de doute provoquaient ce flottement, courant d'incertitude sous-jacent, par lequel il se laissait porter plus souvent qu'à son tour. Pour, finalement, sans enjeu, ne simplement rien faire. Or, cette fois, il avait l'impression de lui devoir quelque chose, parce qu'il avait accepté, en quelque sorte, cette exclusivité relationnelle qu'un barman pouvait parfois créer avec son client. Aussi la question, si elle le prit un peu au dépourvu, eut pour mérite de répondre pour lui. Il resterait au moins le temps de cette discussion.

"Ailbe. Et vous-même?"

Cela ressemblait à quelque chose comme "Olbé", dans sa bouche. C'était tellement ironique, comme nom. Le blanc alors qu'il n'était que cheveux et yeux sombres, peau tannée et vêtements foncés. Il resta pourtant devant lui. C'était une discussion. Ou en était-ce vraiment une? C'était un début. Un bon début, il n'en doutait pas. La partie la plus embarrassante ayant été évacuée, ce n'était plus que cet échange, entre un barman qui aurait dû s'occuper d'autres clients mais n'y était plus forcé, rallongeant peut-être inutilement son service, et un client qui aurait pu choisir n'importe qui le long de ce bar, et qui avait choisi de s'installer face à lui. Chance ou hasard. Il n'avait plus qu'à voir ce que la prochaine vague lui apporterait...
Adrìas Indigo
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MessageSujet: Re: Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe] Lun 30 Nov - 22:39:12
Le liquide rosé dans le verre d'Adrìas sembla soudain le captiver. Il tourna distraitement sa paille à l'intérieur, pensif. Cela faisait longtemps qu'il n'avait approché un homme qui lui plaisait, parce que dans son ancienne ville il avait déjà vu tout ce qu'il y avait à voir. Enfin pas vraiment, il avait plutôt entendu tout ce qu'il y avait à entendre. Était-ce une bonne idée de retenter sa chance ? Était-il vraiment prêt ? Ailbe avait l'air différent, mais Adrìas ne savait pas vraiment si cette différence tenait de sa nature d'être humain, ou si elle rejoignait celle qu'il avait observé sur quelques-unes de ses nouvelles connaissances ces derniers temps. Était-il vraiment différent, ou simplement différent ?

C'est en buvant quelques gorgées de sa boisson qu'Adrìas comprit qu'il était vraiment différent, sûrement trop pour se poser des questions ce soir. Il sourit au barman et frotta ses yeux un peu fatigués.

"Je suis Adrìas." répondit-il avec entrain, puis il continua avec plus ou moins de facilités : "Je me demandais, vous auriez encore un peu d'énergie après votre soirée de travail pour discuter avec un client ? Le bar se vide et un tabouret vient de se libérer..." il lui suggéra le tabouret d'un coup d'oeil, le ventre un peu retourné. Il n'était plus tout à fait sûr d'un coup.
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MessageSujet: Re: Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe] Lun 30 Nov - 23:03:02
Il suivit son regard qui se portait sur le verre. Ce n'était pas le premier Apple Rose qu'il faisait. Loin de là, même s'il ne travaillait pas ici depuis si longtemps. Ce n'était pas non plus son premier boulot de barman. Raison pour laquelle il avait été embauché, malgré qu'il ne parle pas français. D'ailleurs, il se demanderait plus tard comment ils pouvaient discuter aussi aisément. En anglais certainement. Ce serait tout de même un comble que ce soit pour les mêmes raisons pour lesquelles il avait réussi à discuter avec Mélusine. La coïncidence aurait été un peu grande. Trop, même. Ce n'était pas ce qu'il voulait se demander pour l'instant.

Ce fut en le voyant se frotter les yeux qu'il se rappela l'avoir vu danser pendant ce qui lui semblait des heures, avant qu'il ne vienne au bar pour ce verre. Ce dernier verre, en quelque sorte. Il devait être épuisé, et il savait de source sure (absolument pas de première main, puisqu'il ne dansait jamais, mais les soirées avaient au moins cet effet sur lui) que la musique et la chaleur pouvaient endormir. Pourtant, il n'eut rien le temps de dire dans l'immédiat. Il lui sourit et hocha la tête, le laissant terminer avant de lui tendre la main, geste naturel pour lui. Ses mains n'étaient pas douces ou agréables, mais sa poignée ferme. Trop calleuses, de trop de travail, avec des ongles abîmés et ce tatouage envahissant. Qu'il adorait, évidemment. Il l'avait dessiné lui-même. Il se pencha donc pour lui répondre. Il avait remarqué que son débit avait ralenti. Aucun doute, il devait tomber de fatigue.

"Enchanté de vous rencontrer, Adrìas. Contrairement à vous, je n'ai pas dansé, je suis encore en forme. Mais je suis désolé, c'est un peu bruyant pour moi ici..."

Il se tapota l'oreille droite avec un sourire contrit, puis il poursuivit.

"Et cette ambiance doit vous épuiser, à force. Je connais un endroit plus calme, si ça vous dit. C'est en extérieur, mais il ne fait pas trop froid, et au moins, vous ne sentiriez pas que j'ai transpiré comme si on m'avait plongé dans une mare."

Il rit un peu, mouvement silencieux qui ne faisait que secouer ses épaules sans qu'il émette un son. Il espérait vraiment qu'il serait pour, mais lui devait sortir. Le bruit lui montait à la tête, et il allait falloir qu'il fasse son injection bientôt. Le problème du service étant qu'il n'avait que rarement le temps de manger, et ce soir ne faisait pas exception. Il tirait sur la corde, mais les pourboires étaient plus qu'utiles. Il se pencha donc, croisant les mains sur le bois, attendant sa réponse. Ou peut-être avait-ce été étrange, comme demande..?
Adrìas Indigo
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MessageSujet: Re: Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe] Mar 1 Déc - 20:11:37
Adrìas eut du mal à avaler sa dernière gorgée d'Apple Rose, et pourtant le mélange que lui avait servi Ailbe était délicieux, mais il ne s'attendait pas à une telle suggestion. Jamais les hommes avec qui il avait déjà discuté ne prenaient les devants. Il avait plutôt l'habitude de devoir mener la danse, de se jeter à l'eau, et ce n'était souvent pas concluant. Pour une fois cela avait été différent ; Adrìas était touché. Il n'en montra rien, ses joues s'empourprèrent tout au plus.

Il glissa sa mains dans celle que lui tendait le jeune homme, et sa poignée se fit rapide, comme à son habitude. Il observa les mains d'Ailbe un instant et fut frappé par la générosité qu'elles dégageaient : on voyait qu'il travaillait beaucoup, et pas seulement pour lui. Peut-être travaillait-il la terre ? Il présentait les mêmes égratignures qu'Adrìas avait déjà essuyées à cause de son travail sur les roses et autres piquants. Ou peut-être que non, peut-être qu'il se fourvoyait. Dans la main du brun, sa main à lui semblait fine à l'extrême, fragile et surtout très froide. Seules les fameuses petites égratignures pouvaient évoquer un travail de la fleur, sinon on aurait dit des mains d'enfants, taille exclue, évidemment.

"La fatigue se fait sentir en effet" admit-il, luttant pour ne pas bailler. "Je vous accompagne avec plaisir. Il me tarde de prendre l'air, la fraîcheur me secouera sans aucun doute." Il se leva en rendant son verre au barman, l'air jovial : "Merci, c'était délicieux, vraiment. Le parfait mélange entre le sucre et l'acide. Vous êtes bon !"

Il attendit qu'Ailbe se libère en jetant un œil à son environnement. Le bar s'était un peu vidé, il ne restait que quelques courageux et d'autres, beaucoup moins frais. Il reconnut un visage, un habitué des bars, comme lui. A la différence que l'inconnu était un habitué de la boisson alors que lui-même était un habitué de la piste. Ses yeux parcouraient la salle, inconscients vraiment de ce qu'ils regardaient.

Lorsqu'Ailbe le rejoignit, Adrìas marcha devant lui et lui tint la porte, espérant qu'il ne trouve pas cela vieux jeu. C'était simplement une marque de politesse pour lui, au mieux d'attention. Une fois dehors, il inspira profondément et se sentit plus éveillé. Il se rendit alors compte qu'il avait oublié quelque chose : il avait un peu froid en polo... "Vous pouvez juste m'attendre une minute ? Désolé..." marmonna-t-il avant de remonter les marches quatre à quatre. Il chercha son blouson en cuir noir partout et finit par mettre la main dessus - Dieu soit loué. En redescendant il se fit la réflexion que vouvoyer Ailbe le dérangeait. Les joues roses et le souffle un peu court, il lui demanda en revenant s'ils pouvaient se tutoyer. Ils se connaissaient à peine, cela pouvait surprendre, mais pourtant cela lui paraissait naturel.
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MessageSujet: Re: Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe] Mer 2 Déc - 18:38:59
La fatigue était toujours problématique. D'un autre côté, qui disait qu'un fois sortis du bar, ils auraient vraiment quelque chose à se dire? Ai n'était pas quelqu'un de particulièrement intéressant, ni cultivé. L'école n'avait jamais été pour lui, la lecture pas beaucoup plus. Il n'avait jamais été complexé, puisqu'il était fier d'avoir travaillé et d'être devenu ce qu'il était aujourd'hui. Mais dans ce genre de situation, où il n'avait pas uniquement à rendre service à quelqu'un sans parler vraiment, de lui ou du monde, il se rendait de plus en plus compte qu'il n'était pas vraiment à l'aise. Et moins encore lorsque la barrière rassurante du bar, qui l'identifiait clairement dans une fonction où il servait et aidait, également, conseillait, même, n'était plus. Pourtant il sourit et reprit le verre vide.

"Merci... Je vais chercher ma veste."

Il partit donc derrière le bar, profitant d'être seul dans le vestiaire pour faire son prélèvement, qui saignerait une dizaine de minutes, comme d'habitude... Il grimaça en voyant les résultats et fit son injection, en gobant presque un bout du repas qu'il avait préparé. Il ne se changea pas, mais fourra dans son sac l'uniforme du musée avant d'enfiler son manteau, un caban tout simple. Il repassa le chercher, récupérant sa bouteille d'eau au passage, un pansement rougissant au bout du doigt. Il le suivit à travers la foule, toujours souriant. Il ne savait pas exactement que penser de cette rencontre fortuite, mais c'était toujours intriguant de parler comme ça avec les gens. Il n'avait jamais eu peur de cela, et tous avaient, selon lui, quelque chose à raconter, à partager, à enseigner. Chacun était riche de quelque chose de différent.

Il le remercia lorsqu'il lui tint la porte, n'y prêtant pas plus attention. Il avait été élevé par une communauté de personnes âgées et certains traits désuets pour le commun des mortels étaient tout à fait normaux pour lui. Il le rejoignit donc dehors, et le vit repartir à l'intérieur. Il se demanda un instant pourquoi, puis inspira, expirant un peu de buée. Effectivement, transpirant comme il devait l'être, il n'aurait pas chaud. Non pas que la soirée fut froide à proprement parler... Il redescendrait lui-même un peu en température quand l'insuline ferait effet. Il glissa donc les mains dans ses poches et attendit, le nez levé pour tenter de distinguer les étoiles. La ville... Il n'en voyait, ironiquement, que les ombres. Leur absence pesait parfois. Mais elles seraient visibles là où il l'emmenait.

Il baissa à nouveau les yeux vers lui lorsqu'il revint, se rendant compte qu'il était légèrement plus grand, puis souriant à sa question avant de le placer gentiment à sa gauche.

"Aucun problème. J'avoue que j'ai encore du mal à faire la différence. En anglais, tout ça n'existe pas... Je me rends compte que c'est un peu loin, en marchant, ça ne te dérange pas? Sinon, j'ai de la place sur le porte-bagages de mon vélo. Après tout, t'as pas l'air bien lourd."

Notamment comparativement aux sacs de plâtre ou de farine qu'il avait déjà transportés au cours de sa longue et diverse carrière de manutentionnaire...
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MessageSujet: Re: Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe] Mer 2 Déc - 21:32:26
Au frais, Adrìas y voyait plus clair. Il était joyeux, d'une joie passive à cause de la fatigue, mais joyeux quand même. Il aimait sentir le froid s'engouffrer dans ses manches, lui caresser les bras, ou bien glisser le long de son dos, quand il avait le malheur de bouger de trop, et que son blouson se décollant de sa peau faisait appel d'air. Il ne manquait jamais de frissonner, et tout son corps se figeait, dans un instant hors du temps. Ses doigts avaient l'habitude de s'engourdir aussi, et le bout en devenait bleu. Parfois les quelques amis avec qui il restait prenaient peur en voyant ses ongles bleuis, mais lui il adorait cette singularité.

Il remit une mèche courte qui couvrait son front à sa place ; il bruinait, il avait les cheveux humides. Quand il essuya sa main sur son polo, il fut recouvert de paillettes. Ah oui, il avait oublié l'ambiance paillettes... en espérant que cela ne paraisse pas trop étrange pour un homme de son âge... Il secoua sa main, se signifiant à lui-même que cela avait peu d'importance, qu'il aime les paillettes ou non, il ne se résumait pas qu'à un tas de paillettes. C'était pour la fête, on pouvait comprendre.

Il réfléchit à la proposition d'Ailbe. Poser ses fesses sur un vélo et se laisser transporter, voilà une proposition alléchante, il avait un peu mal aux jambes, mais de là à obliger le jeune homme à le transporter... Pourtant, passer quelques minutes à filer comme le vent, dans les rues de la ville, à travers les lumières colorées et les décorations multiples, dans le froid et l'humidité, qui avait-il de plus intense ?

"Si tu le proposes si gentiment, allons-y pour le vélo." lança-t-il avec un sourire. L'argument de son poids... Adrìas se sentait soudain très menu face à Ailbe. Ce n'était pas pour lui déplaire, au contraire, il était fier de sa silhouette. Tout comme il était très impressionné par celle d'Ailbe : tout en muscle, il avait de quoi faire peur... et donner envie. Ils étaient un peu comme le jour et la nuit physiquement, et aucun doute que cela se prolongeait sur le plan psychique. Un peu plus et Adrìas se demanderait si le ciel ne lui avait pas offert une étoile pour veiller sur lui.

Il attendit qu'Ailbe lui indique son vélo.
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MessageSujet: Re: Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe] Mer 2 Déc - 21:49:40
Machinalement, il repoussa ses cheveux vers l'arrière, ce qui ne servit strictement à rien. L'humidité s'y accrochait maintenant, les faisant boucler follement. Et ce n'était pas près de s'arrêter. En quelque sorte, ce climat ne le dépaysait pas vraiment. Il sourit. Il aimait la pluie, surtout lorsqu'il avait le temps d'en profiter. De s'allonger dessous et de la sentir couler, glisser le long de son visage en gouttelettes rafraîchissantes et tristes, comme des larmes célestes, s'accrochant à ses vêtements ou ses cheveux. Même lorsqu'il faisait froid. Mieux encore, il aimait se baigner quand il pleuvait. D'en-dessous, l'impact de chaque goutte était comme un caillou jeté dans la mare. Les rares moments où il aurait vraiment aimé être un poisson. Et puis, le reste du temps, il appréciait bien d'être ce qu'il était.

Il alla donc cherche son vélo et le ramena. Rien de très neuf, ni de très moderne, mais effectivement un porte-bagages et des cale-pieds sortant des roues arrières. Ou quelque chose du genre. Il l'enfourcha avec un sourire et tapota l'arrière.

"Vas-y, monte, ça ira beaucoup plus vite."

Il attendit qu'il prenne place et le tienne bien avant de lancer les premiers coups de pédale. Il lui fallut un peu de temps pour s'habituer à cette nouvelle sensation, alors que le vent le fouettait en plein et faisait voleter ses cheveux. Il devait sentir quelque chose comme le rat musqué, à cause de sa soirée, mais au point où il en était, il ne pouvait pas vraiment revenir en arrière. Il haussa les épaules pour lui-même et continua, jusqu'à rentrer dans un parc. La dynamo ronronnait le long de la roue, les éclairant chichement, et s'éteignant alors qu'il commençait à ralentir, pour finalement s'arrêter. Il était dans une sorte de parc, un peu loin de tout. Le silence aurait pu y être pesant si la ville avait été plus lointaine et s'il ne l'avait pas tant aimée. Il le laissa descendre du vélo et mit pied à terre, lui indiquant un kiosque du doigt.

"J'aurais préféré juste le bord de l'étang, mais ça va être glissant avec la pluie. Il vaut mieux s'asseoir sur les bancs. Et puis, la vue est belle."

Le toit, en effet, était en verre et permettait de voir les magnifiques étoiles. Il avança paisiblement, presque lentement, inspirant profondément, un doux sourire affleurant sur ses lèvres. Il laissa échapper un soupir amusé.

"Je ne sais pas vraiment de quoi tu veux parler, ou même si tu trouves ça étrange que je t'emmène là. Mais je cherchais un endroit paisible et beau, qui t'irait, et j'ai pensé à ici..."

Après tout, avec la fatigue... S'il s'endormait, ce serait compliqué, mais ils n'étaient pas trop loin de chez lui, au pire. Il pourrait laisser son vélo ici et le porter jusque sa chambre.
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MessageSujet: Re: Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe] Mer 2 Déc - 22:41:14
Adrìas avait apprécié le voyage, vraiment. Il adorait depuis l'enfance la magie de Noël sur les façades, sur les arbres de la ville, aux fenêtres et même aux lampadaires. Les couleurs vives des lumières faisaient écho dans sa tête à celle des clubs, même si les unes étaient familiales et douces, tandis que les autres étaient intenses et moins chastes. Une guirlande de Pères Noëls, de sapins, d'or et d'argent défilait devant ses yeux. Il était tellement fatigué que les images se mélangeaient dans sa tête, lui rendant une sorte de ville magique et brillante, comme lorsqu'il était enfant.

Bien sûr le voyage dans la nuit et l'humidité fut exquis, il avait froid et il aimait ça. C'est tout naturellement qu'il se serrait contre Ailbe - pas trop fort il l'espérait. En fait puisqu'il se tenait à lui, Ailbe était vraiment celui qui le protégeait sur le moment. Contre lui le froid se faisait moins oppressant, la bruine s'amenuisait, et surtout il assurait sa sécurité sur la chaussée. Et, enfin... la proximité avec son corps n'était pas pour lui déplaire. Avoir ses bras autour de lui l'émoustillait vraiment, il se forçait de ne pas trop y penser, mais il pouvait sentir le moindre des mouvements qui lui faisait contracter ses abdominaux, et il pouvait même deviner le rythme de sa respiration. L'euphorie du moment ne manquerait pas de faire décrocher Adrìas...

Il suivit Ailbe à travers le parc, sur les bancs. Il était émerveillé par l'endroit, la nature les pieds et la tête dans l'eau, la quiétude et dans l'obscurité. Il remarqua que le ciel était particulièrement éclairé par les étoiles. Un endroit féerique en somme.

"C'est vraiment très joli ici... Ça me plait beaucoup." murmura Adrìas, s'installant sur le banc. Il admira les reflets du ciel dans l'eau. Voilà où il pourrait aller au lieu de traîner dans les bars ! Il glissa ses mains gelées dans les poches de son blouson, pas beaucoup plus chaudes malheureusement. Il n'avait prévu de rester dehors, le blouson n'était pas de taille face au froid. Surtout que la fermeture éclair était cassée, aucun moyen de couvrir plus son torse qu'avec son pauvre polo. Ses poils se dressèrent sur ses bras, il allait avoir froid toute la durée de la soirée... Ce n'est qu'au bout de quelques secondes (ou minutes ?) qu'il se rendit compte qu'il n'avait pas dit un mot depuis qu'il s'était assis. Que dire maintenant ? Le silence devait devenir pesant pour Ailbe... Adrìas se mordit l'intérieur de la lèvre. Il avait l'habitude du silence, et quand cela mettait ses interlocuteurs mal à l'aise, il trouvait cela encore plus drôle. Ailbe était sûrement trop sympathique pour qu'il s'amuse avec lui, mais ses vieux réflexes avaient la vie rude. Encore un instant, il le libérerait dans quelques minutes.
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MessageSujet: Re: Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe] Jeu 3 Déc - 13:10:54
Il lui arrivait de se demander comment les gens vivaient le silence. N'ayant jamais été particulièrement friand de musique, il avait toujours travaillé en silence, ou plutôt, dans cette absence de bruit humain autre que celui de ses vêtements frottant contre sa peau, des outils frappant le sol dur, ou encore la friction de la terre glissant entre ses doigts. Tout ceci avait une identité auditive, olfactive, tactile. Les paroles étaient parfois, souvent, superflues. Il aimait vivre en silence. Il ne l'avait jamais trouvé oppressant. Son père même avait peu parlé, après la mort d'Aine. Il se murait dans un silence buté et alcoolisé. C'était plus une habitude que véritablement un souhait, mais il l'aimait, surtout lorsqu'il était comblé, comme ici, par le froissement des branches, la montée délicate de l'humidité.

Pourtant, pour certains, et surtout après être sortis d'un environnement aussi saturé que le bar l'avait été, il pouvait être inquiétant. Ou inconfortable. Pourtant cette réflexion ne vint qu'après de nombreuses minutes pendant lequel le silence s'était étiré, avait empli l'espace, apaisant. Il finit par baisser la tête de sa contemplation silencieuse des étoiles. Il sortit la main de sa poche, retirant le pansement de son doigt. Il était saturé de sang, mais l'écoulement s'était arrêté. Et il allait mieux. Il but un peu d'eau. Inspira profondément, accueillant en lui ces senteurs de pin et d'humidité, de terre meuble, de froid. Ce fut ce qui le sortit de sa torpeur bienheureuse. Cette fraîcheur. Il n'avait pas froid, il avait l'habitude, d'une part, et son caban était chaud. Il ne savait plus exactement comment il l'avait récupéré... Il regarda le jeune homme, se souvenant de son polo fin, et de la mince veste de cuir qu'il n'avait même pas fermée.

Il se pencha en avant, avant de finalement venir s'asseoir à côté de lui, espérant lui amener un peu de chaleur juste en bloquant le vent par sa simple présence. Utopiste, peut-être, mais c'était mieux que rien. Au milieu du chemin, il se rendit compte que c'était un peu stupide, comme il l'était souvent. Il retira donc son caban pour lui poser sur les épaules, et s'installa, malgré tout, à côté de lui.

"Tu dois être frigorifié en fait. Je t'ai vraiment pas amené au bon endroit, d'autant plus que t'es fatigué... Tu veux que je te raccompagne, ou ça va aller, avec ma veste?"

Le vent mordit durement sa chair sous le t-shirt peu épais, malgré ses manches longues. Au pire, il avait toujours sa veste de costume dans son sac, ce serait mieux que rien si ça s'accentuait. Pour l'instant, ses poils s'étaient juste redressés de froid, et sa transpiration en cours de séchage lui parut un bain glacé. C'était à la fois désagréable et chargé de souvenirs. Il avait fait pire quand il était plus jeune, et cela le fit sourire.

"Les températures me rappellent cette fois où je me suis baigné dans un lac de montagne en plein hiver. J'ai cru que j'allais mourir transpercé par des lames de froid au début, puis mon corps s'est habitué, et en définitive, je ne voulais plus sortir. C'est tellement apaisant. La vie est comme au ralenti dans ces moments-là. Comme si le monde retenait son souffle, un instant. Tu te sens immense et minuscule à la fois, le centre de l'univers et un grain de sable dans la machine. C'est grisant..."

Il souriait, les coudes appuyés sur ses genoux, les doigts croisés devant son visage. De près, ses ongles étaient cassés et courts, en mauvais état, comme ses mains sèches et couvertes de petites cicatrices. De temps en temps, sous la pression de l'humidité ambiante, une mèche sautait, boucle sauvage, pour remonter le long de son crâne, presque vivante. Il allait finir par ressembler à un mouton à poils longs...
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MessageSujet: Re: Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe] Jeu 3 Déc - 17:05:17
Adrìas se demanda un instant ce qu'Ailbe traficotait autour de son doigt. Il voyait vaguement qu'il retirait quelque chose, grâce à la clarté de la lune, mais impossible de savoir ce qu'il faisait clairement. S'il se préoccupait un peu plus des autres, il aurait certainement pu deviner, mais voilà, Adrìas ne vivait que pour lui-même. C'est à peine s'il se préoccupait de ses propres amis. Pourtant là il regrettait, il aurait aimé savoir vraiment. Il aimerais tout savoir sur le grand brun. Et en même temps il ne voulait pas savoir, peut-être qu'il allait le décevoir... Il voulait aussi garder une part du mystère. Et surtout il savait que si Ailbe se livrait, il devrait en faire de même, et ce n'était pas son souhait pour le moment. S'il pouvait garder ses petits secrets... son secret, le plus longtemps possible.

Néanmoins du peu qu'il avait observé Ailbe, il pouvait deviner qu'il était bien ici, dans cet environnement naturel. Ce devait être un homme d'extérieur. Lorsqu'il vint s'asseoir, Adrìas lui sourit, mais peut-être que le jeune homme ne pouvait le voir dans l'obscurité ; il avait lui-même du mal à distinguer son visage,  la fatigue jouait. Quand le jeune homme vint le couvrir de son caban, Adrìas eut un coup de chaud, tant d'émoi que de honte. Il offrait si peu aux gens, et voilà qu'un parfait inconnu allait jusqu'à lui passer son manteau un soir de décembre. Il ne pouvait pas accepter...

Il lâcha un petit rire nerveux tant la situation le mettait mal à l'aise. Il écouta Ailbe lui raconter son souvenir, avant de lui répondre. "Ailbe, garde ton caban s'il te plait, tu vas attraper froid sinon..." dit-il en lui tendant son manteau, toujours ému. Il avait fait exprès de prononcer son prénom, il l'adorait. Il continua, un peu hésitant : "Tu t'es déjà baigné dans de l'eau gelée comme ça... ?" Il considéra un instant cette possibilité. "Cela ne m'est jamais venu à l'esprit. J'aime me baigner, mais de là à affronter un froid aussi intense... Pourtant cela à l'air plaisant comme tu me le racontes, il faudra que j'essaie." conclut-il. Jetant à nouveau un coup d'oeil à son voisin, Adrìas reconnut qu'Ailbe avait l'air d'avoir beaucoup plus de vécu que lui. Il avait sûrement eu plus d'expérience, des plus sociales, des plus professionnelles, des plus généreuses. Lui avait seulement vécu les mauvaises expériences, dans l'obscurité des rues de Paris. Il devaient avoir autant de points communs qu'un vieux sage et qu'un jeune ado. Parce que c'était ça au fond, il n'était qu'un jeune ado, qui n'avait pas vu le temps passer et qui tardait à grandir.
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MessageSujet: Re: Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe] Jeu 3 Déc - 17:40:16
Comme déjà évoqué dans d'autres aventures, Ai était têtu. Très têtu. Dans les tâches de la vie quotidienne, évidemment, puisqu'il ne s'était jamais laissé abattre (il était aussi un éternel optimiste), dans ses apprentissages, dans ses questions, et dans ces décisions, quitte à s'en mordre ou s'en brûler les doigts. Et en l'occurrence, c'était une situation où il acceptait encore moins le refus. Il n'offrait pas son aide pour obtenir une contrepartie. Et d'autant moins auprès de gens qui en avaient visiblement besoin. Ou un peu moins visiblement, mais qui ne s'en seraient pas plaint. Probablement. Bref, peu importait, il avait décidé, à tort ou à raison, que le jeune homme devait avoir froid. Et donc, il ne put que lui sourire, reprendre son manteau, et lui remettre sur le dos.

Il resta à moitié tourné vers lui, réfléchissant à ce qu'il lui disait. Il s'était en fait certainement mal exprimé, à un moment ou un autre. C'était beaucoup moins glamour que ça, en réalité. Lui aimait ça parce qu'il était certainement un peu fou, quelque part, et parce que l'eau lui avait toujours apporté ce réconfort. Il était bon nageur, et l'avait été depuis ce jour où son père l'avait jeté au milieu du lac. Ou presque. La première expérience avait été catastrophique et l'homme avait dû plonger le récupérer alors qu'il avait déjà presque perdu conscience au fond de l'eau. Mais il avait adoré cette sensation. Il ne s'en était plus jamais autant rapproché, puisqu'il n'y avait plus personne pour venir le chercher, pourtant. Chaque fois qu'il avait commencé à sentir le sang sur sa langue, ses poumons au bord de la rupture et les étoiles sous ses paupières, devant son crâne prêt à imploser, il avait toujours donné le coup de pied pour crever à nouveau le placenta. C'était cette renaissance perpétuelle qu'il recherchait. Il ne se réinventait pas, certes, mais il se sentait comme purifié.

Pourtant, il n'irait pas lui dire une chose pareille. Il ne voulait pas voir quelqu'un d'autre essayer. Que lui risque sa vie était une chose, mais les autres... Il se rendit compte qu'il était resté silencieux, à le fixer, un certain temps. Il lui sourit donc. Il haussa une épaule en frottant sa barbe de trois jours (ou moins, ou plus, peu importait, c'était l'expression).

"C'est moins confortable qu'il n'y paraît, en réalité. J'aime ça parce que c'est absolument saisissant. Mais c'est dangereux si on n'est pas un bon nageur. Ou qu'on n'a pas l'habitude des lacs de montagne. Ou des températures de ce genre. Il vaut mieux commencer par un lac par beau temps si t'as jamais essayé. C'est déjà beaucoup plus froid qu'on ne l'imagine."

Il s'appuya du coude sur le dossier du banc, réfléchissant à ce qui serait le mieux. Même un lac de basse altitude pouvait être frais, au moins en son centre. Les rives... Non, elles étaient souvent assez douces, l'avantage d'être en vase clos. C'est ce qui était traître, en soi. On les sentait chaudes, et on s'avançait, confiant, et soudain... On était saisi. Les deux faces de la nature. Il tapota du doigt sur le bois pendant sa réflexion, fronçant les sourcils en le sentant douloureux. Il releva la main en tentant d'y voir quelque chose. La piqûre s'était rouverte. Il chercha un pansement dans son sac et le remit autour en soupirant. Il ne se plaignait pas de sa condition, mais elle était parfois pesant. Et notamment dans ces cas-là. D'autant plus que ses difficultés d'absorption des protéines le rendait particulièrement sujet aux anémies. Quoique, ces derniers temps, il avait moins cette impression...
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MessageSujet: Re: Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe] Jeu 3 Déc - 18:25:32
Adrìas ne savait plus quoi dire. Il avait abandonné l'idée de refuser une nouvelle fois le manteau, cela aurait été inapproprié. Refusez deux fois de l'aide et ça en devenait pesant... il l'avait déjà remarqué à Noël quand il était jeune, le deuxième refus agaçait souvent. Alors il garda le manteau, et fut à la fois réchauffé par la matière, et par l'intention. Ailbe se mit à le regarder. Il le savait parce que son visage était tourné vers lui, bien qu'il ne pouvait savoir ce qu'il regardait exactement chez lui. Il se contenta de fixer le sol en face de lui, remontant le manteau qu'il avait placé comme une couverture. Et il se tut pendant de longues minutes, écoutant le silence, et n'osant bouger.

Puis il écouta avec attention les conseils d'Ailbe, prenant tout en note pour une fois, tandis qu'il avait l'habitude de laisser s’échapper les informations qui lui étaient données. Il se promit de le faire, de braver un jour le froid d'un lac. S'il le faisait en présence d'Ailbe, tant mieux, cela signifierait qu'ils auraient accroché. Sinon, tant pis, et lorsqu'il se plongerait dans l'eau gelée, il se souviendrait du beau brun du bar. Il se souviendrait de cette rencontre, et de l'histoire qui s'en serait suivie, que celle-ci soit heureuse ou non. Il y repenserait avec bonheur ou avec douleur, dans l'eau il verrait le reflet d'un sourire, ou bien le reflet de l'eau serait troublé par une larme chaude. Se souvenir avait du bon, toujours. Il estimait que même les moments les plus difficiles avaient leur avantages, surtout dans la création artistique. Il pensa à ses notes furieuses oubliées dans un carnet quelque part, mais il chassa bien vite cette pensée, parce que ce n'était pas le moment.

"Ce que j'aime moi, c'est marcher dans le froid, enfin quand je ne suis pas trop fatigué. J'aime avoir mal partout en rentrant, à la fois à cause du froid et aussi à cause de la marche. Ça défoule énormément, et puis ensuite, je prends une douche brûlante, j'y reste pendant des heures, et je ressors complètement vidé. Ou alors si la douche ne me tente pas, j'allume un feu. Une fois j'ai même complété la soirée avec un chocolat chaud sous une couverture devant la cheminée..." commença-t-il à raconter. Puis il s'arrêta, se disant que ce n'était pas forcément intéressant, et qu'Ailbe n'était pas obligé de savoir qu'il s'agissait là de son premier rendez-vous avec un garçon, et qu'il ne l'avait jamais revu après cette soirée là.

Ailbe sortit un pansement de sa poche et y enroula son doigt. "Tu t'es blessé ?" demanda naïvement Adrìas. "Tu sais, on peu se partager ton manteau en tant que couverture, ce serait une sorte de compromis ?", il espérait que le jeune homme réponde par la positive.
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MessageSujet: Re: Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe] Jeu 3 Déc - 18:53:10
Pendant un instant, il le regarda, surpris. Blessé? Il baissa les yeux sur son doigt sans vraiment le voir. Il commençait à faire très sombre et le dernier lampadaire était un peu loin. Tant mieux pour la vue, mais en l'occurrence, ça lui compliquait un peu la tâche. Il avait plutôt intérêt à tendre l'oreille, parce qu'il n'avait aucun espoir de lire sur ses lèvres. Mais avant toute chose... Il se rapprocha de lui et se glissa partiellement sous le caban. Ils n'auraient pas tenu à deux en entier, même en écartant les pans. Ou alors, il aurait fallu qu'il monte sur ses genoux, et ça n'aurait pas été très pratique pour l'entendre. Son ouïe... Enfin bref. Il avait donc à peu près une moitié de dos couverte, et ce serait amplement suffisant. Après tout, Adrìas n'avait pas grand-chose sur les os, pour le protéger du froid. Mais à force, à eux deux, ils finiraient bien par irradier suffisamment pour qu'il ne commence pas à frissonner. Ce qui serait un comble, il avait déjà eu tellement plus froid, sur des chantiers, ou en tant que débardeur... Il secoua la tête, l'effleurant certainement avec ses cheveux de plus en plus densément bouclés.

"Non, je ne suis pas blessé. Je cicatrise juste très mal. Ça m'arrive des dizaines de fois par jour."

Que ce soit à cause de son contrôle insuline ou parce qu'il se coupait pour de vrai, d'ailleurs... Mais il n'aimait pas que les gens s'inquiètent pour lui, en réalité. Parce qu'il était... Un peu fier. Et trop têtu pour avouer ses fautes et ses manquements. Mais aussi parce qu'il n'aimait pas étaler ses problèmes. C'était un état d'esprit qu'il n'était pas habitué à avoir, aussi changea-t-il vite d'idée, se replongeant dans le reste de la conversation. Il eut d'ailleurs un petit rire silencieux.

"Je déteste marcher. Enfin, si je peux faire autrement, je préfère le vélo. Je passe toutes mes journées et soirées debout, statique. Alors quand je peux avoir cette impression de vitesse et de liberté, j'en profite un maximum. Par contre, je suis pour la flambée. J'ai pas de cheminée, ici, mais en Irlande...""

Il sourit, nostalgique. Il ne savait pas vraiment ce que les gens d'ici connaissaient de son pays. Il ne se posait pas la question, trop occupé à essayer de s'adapter. Il ne posait pas non plus la question, parce que c'était trop compliqué d'essayer de comprendre ce qu'on lui racontait, quand on ne parlait pas dans sa mauvaise oreille, déjà. Mais là, c'était l'occasion ou jamais.

"Tu connais un peu, comme pays?"
Adrìas Indigo
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MessageSujet: Re: Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe] Ven 4 Déc - 15:13:37
Adrìas se demanda un instant s'il avait l'air d'un oiseau battu pour qu'Ailbe insiste autant sur le fait qu'il ait dû garder son caban sur lui. A y réfléchir, il avait déjà le dessous des yeux assez bleutés comme ça, alors avec la fatigue il devait ressembler à un hibou. Il sourit et baissa les yeux quand le brun se rapprocha. Il ne savait pas trop ce qui lui arrivait, il était toujours si assuré, voire audacieux, et là il devenait timide... Il se concentrait plus à refroidir ses joues qu'à écouter ce que son voisin lui disait. Il lui répondit quand même : "Fais attention alors, si tu cicatrises mal. Surtout l'hiver, à cause des gerçures, parfois ça s'ouvre... Faudrait peut-être mettre de la crème". Adrìas ne supportait pas la crème, trop gras. D'ailleurs il n'en avait jamais eu besoin : la peau de ses mains et de son visage avait toujours été très souple, même en hiver. Mais ces derniers temps elle s’asséchait, il n'en était pas encore au point de gercer, mais presque. Il avait surtout peur pour ses lèvres en fait, ce sont elles qui allaient le moins bien, déjà sèches début décembre. Qu'est-ce que cela sera en février ? Il allait devoir s'acheter du "baume à lèvre". Adrìas fit la moue. Pas top le baume.

Il sursauta à l'entente du nom "Irlande".

"Tu viens d'Irlande ? Je ne connais pas mais... j'ai toujours rêvé d'y partir... Ça doit te paraître bizarre, mais il y a certains pays qui exercent une attirance très forte sur moi, que j'ai très envie de visiter, même si je ne connais rien d'eux. Je crois que c'est parce qu'ils constituent le lieu de légendes ou d'histoires qui m'ont plu. Bali et ce livre, l'Irlande et cette légende, l'Ecosse et ce film, l'Angleterre et ce préjugé. Le sable noir, les trèfles, la rousse et la pluie. Mes quatre destinations de cœur, où je n'ai jamais mis les pieds." dit-il plus pour lui-même que pour son interlocuteur. Mais il finit par dire ce qu'Ailbe attendait de lui : "Je n'y connais vraiment rien, mais si tu veux tout savoir, l'Irlande m'évoque le vert, la nature. Elle m'évoque aussi le trèfle comme je l'ai dit, des lutins mais je ne sais pas si je suis juste. La pluie aussi un peu, et le froid. Les lacs et l'océan, les falaises et les châteaux. C'est tout je crois..."

Il releva les yeux vers Ailbe et lui sourit. Se penchant presque imperceptiblement vers lui, il lâcha : "Tu veux bien me parler de l'Irlande ?".
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MessageSujet: Re: Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe] Ven 4 Déc - 22:31:46
Il sourit en entendant l'enthousiasme dans sa voix. Les gens avaient souvent cette réaction à la mention de l'Irlande. Ils voyaient les publicités des agences de voyage, la verdure, les grandes plaines, les moutons, les pas de géant. Dublin. En laissant de côté le chômage, la boisson, la tolérance qui n'en était pas toujours une. Les tensions avec le nord qui n'avaient pas encore tout à fait disparu. Pourtant sa vision, celle des autres... Celle du reste du monde qui ne rêvait que de verdure et de vacances, de belles irlandaises aux longs cheveux roux et aux taches de rousseur, était plus romantique. Plus poétique. Il le regarda tout du long. Il aimait que les gens aiment son pays, pour les bonnes raisons ou non, parce que lui l'adorait. Il hocha donc la tête avec enthousiasme.

"Avec plaisir. C'est magnifique comme pays, mais on peut pas vraiment dire que j'en ai fait le tour. Je ne connais que mon village, la ville à côté, et la montagne. Même si ça paraîtrait bien bas pour une montagne, ici... Quand je m'asseyais sur la balancelle, sous le porche, je voyais sa silhouette à l'horizon. Je savais que je n'avais qu'à enfourcher mon vélo pour m'y rendre, marcher un peu et le lac était à moi. Enfin, à moi, façon de parler. L'Irlande est un pays marécageux, en réalité. Tout l'intérieur est un bocage géant. L'hiver, on se chauffe à la tourbe compressée et séchée. L'odeur est caractéristique. Complètement typique. Comme le chocolat chaud aux marshmallows. Ou le gin and tonic. Le fish and chips. Et les moutons, bien entendu. Que ce soit le travail de la laine, comme le faisait une de mes voisines, qui cardait encore elle-même, même si je lui tondais ses moutons. Elle me payait en pulls..."

Il rit un peu. Il les aimait tous, en réalité. Encore maintenant, et malgré l'attraction de ce petit coin de France qu'il concevait sans vraiment comprendre, il ressentait cette nostalgie et ce manque. De ce cocon artificiel qu'il avait construit pour se faciliter la vie. Ces gens qui le connaissaient et ne lui donnaient jamais de viande, ne lui proposaient jamais de produits sucrés, ou de verre de lait, qui ne se tenaient jamais à sa droite... Autant d'attentions qu'il reproduisait souvent, à d'autres échelles. Mais ses nouveaux voisins n'avaient rien à voir. Il posa donc sa question sans aucun rapport avec la précédente.

"Les gens sont toujours comme ça ici? J'ai l'impression que mes voisins sont tellement froids, distants... Imperméables... Je sais que mon français est mauvais, mais... Personne n'essaie de rendre service à personne. J'ai même vu des jeunes passer à côté d'une grand-mère qui devait monter un escalier avec son panier de commissions, la bousculant au lieu de l'aider... Qu'est-ce qui les rend comme ça?"

Il ne comprenait vraiment pas. Était-ce la ville qui les changeait? Peut-être. Mais si c'était ça... Elle n'était pas bonne pour les autres. Pour la communauté...
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MessageSujet: Re: Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe] Sam 5 Déc - 17:15:13
La tête appuyée sur ses bras croisés, eux-mêmes posés sur ses genoux qu'il avait remonté sous son menton, Adrìas écouta attentivement ce que lui disait Ailbe. Peut-être pour la première fois avait-il compris ce que signifiait boire les paroles de quelqu'un. Lui dont les souvenirs de nature remontait à plusieurs années, il était heureux d'entendre parler de grands espaces. Un jour, il partirait plus loin, à la montagne, à la mer, et plus loin encore, il traverserait des frontières. Quand il aura de quoi se payer ces extras. Voir Ailbe aussi passionné par ce qu'il racontait toucha Adrìas. Il aimait beaucoup le voir comme ça, malgré qu'il ne le connaisse que depuis peu. Il allait lui dire qu'il avait de quoi faire du chocolat chaud aux marshmallows chez lui, mais le brun, après avoir lâché un rire assez séduisant, avait embrayé sur un autre sujet. Tant mieux sûrement.

Adrìas fut gêné par ce nouveau sujet, qu'il prenait très personnellement soudain. Savait-il au moins à quoi ressemblaient ses voisins ? Il y avait bien ce vieil homme, au crâne encore chevelu, bien que gris. Il portait toujours un béret peu ragoutant. Oui, celui là il pouvait le citer, mais c'était bien le seul, sinon il ne s'intéressait pas, lui non plus, à ses voisins. Il ne savait pas quoi répondre à Ailbe.

"Oui, ce doit être la ville." répondit-il tout de même, mais il n'était pas vraiment convaincu.
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MessageSujet: Re: Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe] Sam 5 Déc - 17:35:50
Il le regarda relever les genoux et s'y installer. Il n'aurait pas eu la place de le faire, mais il avait à la fois de trop longues jambes et de trop grosses cuisses pour se le permettre. Il lui aurait fallu un banc plus profond. Il ne savait pas vraiment quoi dire. Il s'était peut-être un peu enflammé. Mais il y tenait tellement. Ces valeurs communautaristes... Peut-être n'était-il pas né au bon endroit. Ou au bon moment. Il se demandait pourquoi ses rêves l'avaient mené ici, alors qu'il ne rencontrait que froideur. Cependant, il sourit.

"Ville ou pas, dans beaucoup d'endroits, les gens auraient hésité avant de me suivre et de monter sur mon vélo pour aller, personne ne sait où."

Il rit un peu. La situation aurait pu paraître étrange. Et beaucoup ne comprenaient pas qu'il voulait juste faire partager ce qu'il aimait, ce qu'il voyait, ce qui était beau, dans la vie, et dans les relations. Recréer autour de lui la sérénité de son lac, l'entraide et le partage de son village, de sa rue. Pour ne jamais avoir à rentrer sur une scène semblable à celle de son père, menotté, jeté à l'arrière d'une voiture de police, ou battu derrière la vitre d'un parloir de prison. Il avait essuyé des revers, évidemment. Mais il était têtu. Pire qu'une mule. Peut-être auraient-il dû l'appeler comme ça. En attendant, il devait commencer à trouver le temps long, son interlocuteur, surtout après une phrase si peu rassurante.

"Je ne prévois rien d'étrange, ne t'en fais pas. Sauf si, effectivement, monter derrière un vélo en dépit de la réglementation peut être considéré comme tel... Éventuellement, oui..."

Il fronça les sourcils et le fixa.

"Je ne sais pas, ça l'est? Les règles sont différentes ici, et je ne suis pas là depuis très longtemps. Les mœurs de la ville, tu vois..."
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MessageSujet: Re: Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe] Sam 5 Déc - 20:55:23
Se tournant sur le banc, Adrìas se retrouva face à face avec Ailbe, ses genoux entre eux. Il lui sourit. S'il lui disait la vérité, il lui disait que ce n'était pas si naturel. Que les gens avaient plutôt l'habitude de quitter les bars sans les barmans à leur côté. Que monter sur le vélo d'un inconnu était une pratique peu courante par ici, qu'aller se promener dans un parc relevait d'un rendez-vous mielleux. L'inquiétude commença à le gagner, mais il fut soudain prit d'un fou rire. Ailbe était très séduisant comme ça, les sourcils froncés, ne sachant pas vraiment ce qu'il était en train de faire. Il continua de rire un moment avant de réussir à articuler : "Ne t'inquiète pas, je n'ai pas peur de toi, et monter sur les vélos des inconnus n'est plus très risqué à mon âge.".

Il redevint sérieux peu après et lança un regard malicieux à Ailbe, peu soucieux de l'impression qu'il dégageait. De toute façon à cette heure là il ne pouvait plus réguler son humeur. "Je suppose que si ça l'est pour moi ça l'est pour toi, alors pour toi ça l'est ?"
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MessageSujet: Re: Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe] Sam 5 Déc - 21:31:52
Il laissa le manteau retomber sur les épaules du jeune homme quand il se tourna vers lui. Il eut un peu froid au début, privé de la proximité soudaine et du manteau. Pourtant, il ne dit rien et ne frissonna pas. Ses sourcils se détendirent en l'entendant rire. S'il riait, c'était qu'il n'avait pas peur. Ailbe n'avait pas envie d'effrayer les gens. Il était grand et musclé, certes, mais certainement aussi violent que... Une brise. Oui, quelque chose du genre. Les insectes avaient un potentiel de nuisance et lui ne valait pas en être une. Il l'écouta donc rire longtemps, presque trop pour n'être que de la bonne humeur, mais il ne perdit pas son sourire pour autant.

Sa réponse était... Incomplète. Il sourit d'autant plus. Il avait l'impression qu'il avait essayé de ne pas le vexer. Il en déduisit donc que ce n'était pas un comportement normal, et qu'il allait falloir qu'il y fasse attention. Mais il fut content de voir que lui-même n'en était pas affecté outre-mesure. Quoique son âge... C'était vrai qu'il n'en avait aucune idée. Fort probablement plus jeune que lui. Il haussa une épaule, ça n'avait rien de dramatique, ils ne faisaient rien d'étrange ou d'illégal. Il se contenta donc de hocher la tête, relativement satisfait, et content d'avoir été ménagé, même s'il ne se serait pas vexé le cas contraire. Après tout, on apprenait de nos erreurs. Et il préférait encore qu'on les lui signale que l'inverse.

Il l'écouta encore parler, de plus en plus surpris et perplexe à mesure que les mots s'enchaînaient. Avait-il commencé à parler une langue étrangère sans qu'il s'en rende compte? Il n'avait rien compris. Ou alors, était-ce un de ces concepts philosophiques dont il n'avait aucune idée? Une référence mystique? Si quoi l'était pour qui? Il inspira un moment, savourant le piquant de l'air descendant le long de sa gorge, lui glaçant les dents et la langue, atteignant ses poumons, où il le conserva, jusqu'à le réchauffer et l'expirer dans un nuage de buée. Puis il finit par lever les mains en haussant les épaules, l'air impuissant. Il n'avait jamais été très doué pour le mystère ou tourner autour du pot. Il n'allait pas tenter de faire semblant de savoir de quoi il parlait. Ce serait presque du mensonge, d'une part, et en plus, il finirait par s'embrouiller. Il n'avait jamais été doué pour ça, et le souvenir d'avoir manqué finir cloué à un pilori en hommage aux méthodes traditionnelles de punitions celtiques l'avait grandement refroidi à ce sujet.

"De quoi tu parles? Enfin, je suis très content que t'aies pas peur d'être là avec moi, et ça me fait plaisir de partager ce moment avec toi, mais... Qu'est-ce qui est quoi, pour toi? Et qui doit l'être, ou pas, pour moi?"
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MessageSujet: Re: Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe] Sam 5 Déc - 21:51:24
Adrìas se remit à rire, non vraiment, il était très drôle comme ça. Mais il devait arrêter de rire, il ne voulait pas le vexer. "Eh bien, est-ce que c'est étrange pour toi d'être là avec moi ?" redemanda-t-il, toujours la malice cachée dans le regard. Il prit le manteau et le remit sur le dos d'Ailbe : les longues minutes passées dessous l'avaient réchauffé. Il lui sourit, la tête un peu de biais, ses doigts serrant un peu nerveusement ses genoux. En le regardant il savoura encore les paroles qui avaient traversé son oreille : "Ça me fait plaisir de partager ce moment avec toi". Cela ne voulait peut-être rien dire pour lui, sûrement rien même, mais pour Adrìas c'était important quand même. En fait, il avait vraiment peur pour la suite, il savait que les chances pour que cette aventure se finisse bien ne planaient pas très haut. Mais il allait la savourer jusqu'au dernier instant, et il allait se faire des illusions jusqu'au dernier instant, tant pis pour les conséquences.
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MessageSujet: Re: Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe] Sam 5 Déc - 21:59:49
Il le regarda rire encore. Décidément, il ne se savait pas si drôle. D'ailleurs, d'aussi loin qu'il se souvienne, il n'avait fait de plaisanteries qu'avec les personnes âgées de son quartier. Difficile de dire si ça avait influencé son sens de l'humour, mais en tous cas, il n'avait jamais adhéré aux blagues graveleuses de ses collègues, surtout sur les chantiers. Mais en tous les cas, il n'avait jamais suscité une réaction aussi enthousiaste.

Il réfléchit donc à la question. S'il comprenait tout, Adrìas ne trouvait pas étrange d'être ici avec lui, malgré qu'il l'ait emmené, de nuit, dans un parc inconnu, sur son vélo, en plein décembre, pour lui montrer un lac plongé dans l'obscurité, et des étoiles, alors qu'il pleuvait. Autant dire, assez peu de succès de ce côté-là. Et il lui demandait maintenant si lui-même trouvait cela étrange. Il y songea tout en remettant avec obstination le manteau sur les épaules du jeune homme. Sur ça, il ne céderait pas. Comme l'obstination d'un saumon remontant le fleuve jusqu'au lieu de sa naissance. Sauf que lui espérait bien ne pas en mourir... Ce n'était pas vraiment la question.

"Dans la mesure où c'est moi qui t'ai amené là, et que je viens de te dire que j'étais content de partager ce moment, je peux affirmer que ça ne me semble pas étrange du tout. Et je suis heureux que ça ne le soit pas pour toi non plus. Même si j'imagine que c'était pas forcément l'endroit que tu imaginais au départ..."

Il lui sourit et expira encore un peu de buée, regardant sa montre, au poignet droit.

"Il commence à se faire tard, et tu étais épuisé tout à l'heure. Tu dois avoir froid, en plus... Tu veux que je te ramène?"
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MessageSujet: Re: Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe] Dim 6 Déc - 14:16:27
Le manteau se retrouvant à nouveau sur ses épaules, Adrìas sourit, à la fois surpris et touché - et oui, encore. Il était têtu en fait ce garçon. Il y pensa encore en l'écoutant, toujours tout sourire. En effet il n'avait aucun soupçon, en arrivant au bar, sur la soirée qu'il allait passer. Il se doutait bien qu'à chaque instant il pouvait croiser quelqu'un d'intéressant, et peut-être passer quelques minutes avec lui, mais jamais il n'aurait pensé passer tant de temps sous la pluie avec un barman.

"Oui, il doit être temps de rentrer, je veux bien que tu me ramènes. Enfin si ça ne te dérange pas." répondit Adrìas. Il était un peu récalcitrant à s'éloigner de son barman, mais il n'avait pas le choix. Et puis la soirée devait bien avoir une fin.
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MessageSujet: Re: Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe] Dim 6 Déc - 14:29:20
Il hocha la tête. En effet, il se faisait tard. Et lui-même, s'il n'avait pas particulièrement froid, était fatigué. D'autant plus qu'il n'avait pas mangé. Il devrait être à l'abri d'une crise, mais il essayait d'être prudent. La sensation était loin d'être agréable. Il se leva donc en s'étirant, savourant le craquement de ses jointures, et le vent qui s'engouffra sous son t-shirt, le faisant frissonner. Il lui tendit la main pour l'aider à se relever. Il n'était pas sorti de sa routine vélo-boulot-dodo depuis très longtemps. Enfin, tout était relatif, mais l sortait peu depuis qu'il était en France. Il n'en avait pas eu le temps, ni le courage, au début... Il le raccompagna jusque sa bicyclette.

"A cette heure-ci, on ne devrait pas avoir trop de monde sur la route. Passe le manteau complètement, sinon, tu risques de le perdre, et j'apprécierais l'avoir encore un peu."

Il rit et monta sur l'engin. Puis se tourna vers lui en souriant. Après tout, il fallait bien qu'il le sache.

"Par contre, il va falloir que tu me guides, je ne suis pas arrivé ici depuis longtemps et je ne connais pas encore bien la ville. Et surtout tout ce qui s'éloigne de mon parcours habituel..."

Que ce soit loin lui importait peu. Et il ne s'inquiétait pas non plus de savoir comment il allait revenir. Il avait toujours eu une plutôt bonne mémoire des trajets, et plus encore depuis qu'il était ici... Il ne cherchait pas à comprendre pourquoi, ni comment. Il se réjouissait simplement de cet état de fait. Après tout, ç'avait été fort pratique pour le travail et toutes ces phrases en français qu'il avait dû apprendre. Entre autres choses... Mais ce n'était pas vraiment le sujet, présentement.
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MessageSujet: Re: Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe] Dim 6 Déc - 14:48:06
Le fait qu'il lui tende la main, qu'il lui dise de garder le manteau pour le trajet, d'autres actions encore qui réchauffèrent le cœur d'Adrìas. Décidément, cette soirée aurait été un îlot de chaleur dans une mer glaciale. Il lui indiqua le chemin avec attention, étroitement serré contre lui. Il ne lui avait même pas fait faire de détour pour égrainer quelques minutes avec lui encore. Il n'eut pas vraiment le temps ni l'envie de contempler la ville cette fois-ci. Une fois arrivé à destination, il descendit du porte-bagage et tendit son manteau à Ailbe.

"Voilà j'habite ici, au-dessus de l'Antre des roses. C'est ma boutique de fleurs." indiqua-t-il. La facade du bâtiment était plutôt sympathique, même dans la nuit. Adrìas l'avait décorée pour Noël. Non pas avec des lumières rouges et des pères noëls de toutes tailles, car il trouvait cela trop agressif dans son quartier ou rien n'était décoré, mais avec des décors en bois. Il les avait reçu il y a de cela quelques années : une de ses énième arrière-arrière-cousine les avaient dégoté dans un petit village. Maintenant sa vitrine se retrouvait agrémentée d'une douzaine de petites sculptures en bois, peintes dans des couleurs hivernales. Toutes représentaient soit un hibou, soit un sapin. Il y avait aussi deux trois lumières, mais pas très fortes, juste de quoi mettre en valeur sa décoration. Il n'en était pas peu fier finalement. A l'étage, sur le rebord de ses fenêtres trônaient quelques hibou ça et là, mais en métal cette fois.

Il rajouta à l'attention de son compagnon d'un soir : "Tu penses pouvoir retrouver le chemin ? Dans le pire des cas repasse par ici et je t'aiderai à retrouver." Il lui sourit, mais il savait que sous le porche il était un peu dans l'ombre.
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MessageSujet: Re: Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe] Dim 6 Déc - 15:09:54
Il posa son vélo contre le mur et remit son manteau distraitement. Il regardait la boutique, et ses décorations pleines de goût. Il n'y avait jamais eu de fleuriste dans son village. Il en avait déjà croisé en ville, mais si impersonnels, et froid. Il ne leur avait trouvé aucun charme, aucune... Vibration riche et vivante de la terre quand elle produisait et donnait naissance, en son sein, à de magnifiques et odoriférantes plantes. Il s'accroupit devant la vitrine pour détailler les santons, les sculptures délicates. Il resta ainsi un moment, avant de finalement relever la tête vers lui.

"Vous ne faites que les vendre, comme la plupart des fleuristes, ou les faites-vous pousser, également? Avez-vous un lopin quelque part derrière ou ailleurs?"

La question semblait étrange, et preuve qu'il n'avait absolument rien écouté de tout le reste de ses paroles. Il songeait encore à ce que lui avait dit Charity sur ces jardins partagés à louer, mais il n'avait toujours pas assez d'argent pour se permettre une chose pareille. Mais il demandait... Il ne savait pas vraiment pourquoi il demandait, en réalité. Peut-être parce qu'il voulait encore croire qu'il y avait des gens qui songeaient à ce que les fleurs apportaient. Il n'avait pas un goût immense pour elles, pour la simple et bonne raison qu'elles ne se mangeaient pas... Mais elles étaient une extension de tout le reste. Vivaient en terre, se nourrissaient d'eau. Plus proches de l'Homme que certains pourraient le penser. Il se redressa en songeant à cet arbre qu'il avait planté. Elles étaient une émanation de pensée. En quelque sorte. Elles avaient ce langage que l'Homme leur avait donné. Celle signification intrinsèque à laquelle ils se rattachaient. Et elles étaient porteuses d'émotions, heureux ou tristes, vrais ou faux. Elles pouvaient être un mensonge comme une excuse. Mais aussi plus sincères que les paroles.

Il se tourna vers lui en se demandant ce qu'il avait bien pu lui dire d'autre. Il était censé rentrer, non? Peu importait, en vérité... Il avait même dit "vous", partant du principe qu'il ne travaillait pas seul. Non, il était censé penser à rentrer. Il était vraiment épuisé.

"Je me perds souvent, mais c'est toujours une bonne expérience, ne t'en fais pas..."

Il sourit. Il avait certainement dit quelque chose dans ce sens-là. Ou alors, il l'avait invité à monter, et sa phrase n'aurait ni queue ni tête. Ou alors... Non... Pour l'instant, il pensait aux fleurs...
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MessageSujet: Re: Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe] Dim 6 Déc - 15:22:41
Adrìas avait posé sa main sur la porte en bois, la clé était déjà dans la serrure. Il avait déjà tourné deux fois son poignet, et avait poussé la porte, qui s'était ouverte en grand. Il laissa ses bras tomber mollement le long de son corps, simplement parce qu'il ne s'attendait pas à ce que le jeune homme lui demande cela. Il avait gardé son jardin pour lui, il ne vendait pas ses fleurs à lui, il ne vendait que celles qu'on lui vendait. Il y cachait quelques plantes, florales, et d'autres, qui donneraient des fruits dans quelques années. Le tout était en projet, très peu présentable, il n'avait pas fini de tout installer, c'était un peu le chantier et...

"Tu veux... entrer voir... ?" demanda-t-il simplement, la voix faiblarde, partagé entre la déception de devoir montrer quelque chose d'inachevé et la joie de pouvoir montrer quelque chose quand même. Il ébouriffa ses cheveux avant de les remettre en place. Voilà qui devenait une sale manie.
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MessageSujet: Re: Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe] Dim 6 Déc - 15:44:03
Il le regarda un instant. Soit il avait mal répondu, soit... Il n'en savait rien. Mais Adrìas n'avait pas l'air excessivement enthousiaste. Pourtant, il lui proposa de venir. De rentrer. Il hocha la tête. Il avait évidemment envie de voir. Envie de sentir, de toucher, de goûter. De tout embrasser, quelque part. La première chose qu'il fit en posant le pied dans la boutique fut de fermer les yeux. Baisser les paupières et inspirer profondément. Ce fut l'odeur qui l'envahit, tout d'abord. Puissante, troublante, enivrante. Elles se bousculaient dans son nez, dans son cerveau. Il les distingua un moment les unes des autres, puis elles se mélangèrent, presque écœurantes. Alors arrivèrent les souvenirs. Quelques-uns, très vagues, de sa mère, alors qu'il se traînait dans la terre à côté d'elle, et qu'elle riait, et riait encore, en cueillant des fleurs. Plus tard, celles emmêlées sur la couronne posée sur sa tombe. Et encore, encore, d'autres souvenirs, d'autres pensées. C'était ce qu'il voulait dire en parlant des fleurs génératrices de souvenirs... Oui et non, en réalité. Ce n'était pas les fleurs, c'était... L'idée de la fleur. Ou alors... Il ignorait vraiment ce qui faisait cela, mais il finit par expirer une fois, bien plus fort. Et releva les paupières.

Il regarda le jeune homme, avec ses étranges cheveux et prunelles, et ce temps qu'il avait passé avec lui sur un caprice, alors même qu'ils ne se connaissaient même pas, en réalité. Il lui sourit.

"Merci de m'avoir amené ici. C'est une bien meilleure soirée que ce que j'avais imaginé, quand bien même je t'ai entraîné pendant la première partie. Mais tu ne m'as pas répondu... Tu cultives les plantes?"
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MessageSujet: Re: Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe] Dim 6 Déc - 16:25:39
Il devait aimer les fleurs. Adrìas était ravi, il croyait être dans un rêve. Avançant lentement jusqu'à la caisse qui se situait au fond de la boutique, il lui répondit : "Attends, je vais te montrer." Il posa ses clés sur le comptoir et alluma les lumières de la boutique, pour qu'Ailbe puisse jouir de toute le dégradé de couleurs qu'il proposait dans ses rayons, bien qu'il manque des plantes puisqu'il était livré le lendemain. Il marcha vers la porte à nouveau, la ferma. Puis à droite de la porte, sur le mur droit du magasin, il y avait un petit placard qu'il ouvrit, en sortant une lampe de poche. Il ne repassa pas par l'allée centrale, mais longea le mur de droite pour regagner la caisse par le rayon "Tout pour votre jardin" où il vendait du matériel. Les rayons des graines se situaient en face, dans les rayons à gauche de l'allée centrale. Devant, en vitrine, il y avait les compositions, et entre les deux, des plantes de tous types.

Il fit un signe à Ailbe pour qu'il le suive. A droite de la caisse, un couloir menait jusqu'à une porte donnant sur son jardin. Il passèrent devant l'escalier montant à son appartement avant de l'atteindre. Adrìas alluma la lampe mais avait oublié ses clés sur le comptoir. Il s'excusa et alla les chercher avant d'ouvrir la porte.

"Ce n'est pas encore très aboutit pour le moment, je viens moi aussi d'arriver en ville, enfin cela fait un mois. J'ai commencé à planter certaines choses. Je te conseille de rester sur le pas de la porte parce que je n'ai pas encore mis de copeaux dans l'allée, et tu risquerais de marcher sur mes plantations déjà effectuées." indiqua-t-il. Il ne souhaitait vraiment pas perdre les plantations qu'il avait effectué en novembre, sachant que certaines d'entre elles nécessiteraient d’attendre un an, novembre, pour les replanter. Le terrain faisait environ dix mètres par quinze, une très très belle surface pour un jardin de ville. Adrìas chassa de ses pensées la petite voix qui lui disait que cette parcelle n'avait pas été très bien acquise. Il éclaira les bouts de terrain tour à tour, désignant ce qui allait s'y trouver, à la place des tas de terre peu esthétiques qui y traînaient actuellement. "Ici, des roses, et encore là, et là.." commença-t-il, sachant très bien que les roses seraient omniprésentes. "J'ai aussi prévu un potager ici, et quelques arbres fruitiers, vers le centre là. Et dans le coin juste ici, je prévois un petit espace détente. Avec une fontaine ou bien un petit bassin, j'hésite encore. Avec un coin pour se reposer..." précisa-t-il, omettant le "avec des plantes carnivores et des statues à effigie d'une vipère velue" comme il l'avait aperçut en rêve.

Il laissa à Ailbe le temps nécessaire pour s'imaginer l'espace avant d'ajouter : "Donc, oui, je cultiverai mon jardin dans un premier temps. Et j'ai un autre projet que je ne pourrais mettre en oeuvre seul, alors j'attends. En fait j'aimerais vraiment devenir indépendant des fournisseurs et vendre des fleurs que je fais pousser moi-même, et uniquement des fleurs "de saison" et "locales", si je peux faire l'amalgame avec les fruits et légumes.". Il finit avec un sourire discret, un peu soucieux du réalisme de son projet. Il n'avait jamais été vraiment soutenu par personne, il avait peur de se lancer dans quelque chose d'aussi grand tout seul. Même s'il avait en quelque sorte déjà trouvé un terrain pour faire pousser suffisamment de fleurs et qu'il avait les moyens de l'acheter. "Enfin plus ou moins" lança une voix dans sa tête.
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MessageSujet: Re: Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe] Dim 6 Déc - 16:59:30
Avec la lumière, ce fut bien plus simple de voir l'intérieur de la boutique. Ce n'était pas un fleuriste. C'était une boutique de jardinage. Couplée avec un fleuriste. Il n'avait jamais vu ça, mais il imaginait qu'une partie tournait bien moins bien que l'autre. Il avait l'impression que les gens ici n'avaient pas de jardin. Ou alors, caché derrière leurs maisons, comme des secrets honteux. Ce qui l'était plus que l'inverse à son sens, mais ce n'était pas à lui de juger. Il n'aimait pas. Il ne faisait que constater l'absurdité des comportements, en souffrir un peu, et essayer de changer les choses, avec ses maigres moyens.

Ouvrant les yeux, donc, il vit les cascades de fleurs, les mosaïques. C'était absolument magnifique, mais un peu... Agressif, artificiel. Les plantes coupées, les compositions. Il n'avait jamais aimé cela. C'était comme tuer un animal pour offrir sa fourrure sans en manger la chair. Contre-nature. Même si la beauté pouvait être exploitée. Et il n'avait rien contre les serres, non plus. Ce n'était que jouer à Dieu sur un environnement minimal. En quelque sorte. Mais c'était loin d'être le sujet. Il le suivit donc dans les rayons, découvrant certains outils modernes sur lesquels il n'avait jamais même mis la main, travaillant bien plus artisanalement. Notamment pour retourner la terre. Les anciens avaient leur propre mode de pensée sur un tas de choses, et s'il trouvait cela nostalgique et agréable, c'était aussi fatiguant, parfois. Il regarda aisément par-dessus son épaule lorsqu'il ouvrit la porte, se rapprochant peut-être plus que nécessaire dans son enthousiasme. Il n'avait pas senti ne serait-ce que l'odeur de la terre fraîche depuis un éternité...

Il n'avait aucun mal à imaginer les plantes une fois la floraison arriver, l'agencement de l'espace. En revanche, l'espace détente... Il ne connaissait rien en jardins d'agréments, et préférait en général les éviter. Beaucoup de travail pour peu de récompense. Et malheureusement, il n'avait que peu de temps pour rester oisif et contemplatif. Ou alors, il préférait passer ce temps plongé dans un lac. Que cela semble étrange ou non. Mais dans l'absolu, il préférait faire quelque chose. Mais il avait aussi découvert que la pêche était grandement réglementée. Bien plus que chez lui... Il chassa cette pensée rapidement. Il finit par s'adosser au chambranle de la porte en observant le jardinet.

"C'est un peu petit pour ce que tu prévois, non? Pour tous les jours, ton usage personnel, ici, ça convient, mais pour la production que tu imagines... T'as besoin de beaucoup plus. Tu comptes planter quoi, comme fruitiers? T'as pris des godets? Et dans le potager?"

Il réfléchissait à ce qui serait le mieux, au vu de ce qu'il connaissait du climat d'ici. C'était difficile à dire. Il ne savait même pas exactement où ils étaient, sur une carte. Cela ne changeait rien à sa vie, cependant...

"J'ai pas de diplôme en agriculture, mais je jardine depuis que je sais marcher, si jamais t'as besoin d'aide... J'ai pas beaucoup de temps libre, mais ça peut toujours servir."

Il lui sourit, sincère. Il aimait à travailler la terre plus que n'importe quel autre métier. Quoique... Il finissait par se faire au bar, et il y faisait d'intéressantes rencontres...
Adrìas Indigo
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MessageSujet: Re: Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe] Lun 7 Déc - 18:04:58
Adrìas éteignit sa lampe, les lumières de la boutique arrivaient encore jusqu'ici. Il lui répondit dans un sourire, ne laissant pas vraiment la prévisualisation de son projet se dissiper de ses pensées, "Ne t'en fais pas, ça suffira pour moi, j'avais juste prévu un cerisier, que j'ai en godet et que je dois planter dans les prochains jours d'ailleurs, et un citronnier que je n'ai pas encore. Pour le potager, surtout des aromates en fait, j'aime bien. Et sinon je planterai sûrement des fraises quand j'aurais envie et peut-être des tomates. Oh, et de la rhubarbe aussi, j'aime beaucoup la rhubarbe...".

Il s'adossa lui aussi au chambranle, face à Ailbe. Il lui sourit et lui dit encore : "Ne t'inquiète pas pour la place, j'ai un autre terrain assez grand pour tout un village à quelques mètres à peine. Beaucoup de travail c'est tout."

Il fut surprit de la proposition d'Ailbe. Il avait besoin d'aide mais ne saurait pas vraiment la demander à un inconnu. Ça n'allait pas, il fallait qui lui donne quelque chose en échange. "Je peux peut-être envisager cela, si tu m'aides quand t'as le temps, peu m'importe les horaires. Mais cela ne suffira pas pour travailler le terrain là-bas, seulement celui d'ici. Sinon il faudrait que je t'engage à plein temps !" dit-il, mi-sérieux, mi-blagueur.
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MessageSujet: Re: Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe] Lun 7 Déc - 20:23:43
Il réfléchissait encore. Un cerisier et un citronnier? Pourquoi pas, mais ils n'avaient pas exactement besoin du même genre d'environnement... Enfin, ce n'était pas sa place d'ajouter quoi que ce soit à ce sujet. D'autant plus que le jeune homme devait s'y connaître autant, voire plus que lui. C'était, après tout, son métier. Si ce n'étaient que des aromates, ce n'était même pas vraiment un potager, alors... Il repoussa ses boucles plus que folles à cause de l'humidité. C'était un beau projet. Et Ailbe n'était pas particulièrement à cheval sur les mots. Juste... un peu têtu. Beaucoup, certes... Mais en l'occurrence, ça n'avait pas grande importance.

Il le regarda parler d'un immense terrain. Assez pour un village? Ce serait vraiment immense... Cependant, il n'avait rien vu de tel en venant... Jusqu'à ce qu'il se souvienne que rien, ici, n'était vraiment montré. Encore une fois, comme si ce lien à la nature était source de honte et qu'ils devaient s'en prémunir absolument... Quelle absurdité. Cependant, encore une fois, il essayait de ne pas juger. Cependant, c'était parfois bien plus difficile qu'il l'aurait imaginé. Toutes ces questions qu'il ne s'était jamais posé avant ici, avant ces rêves, avant cet étonnant voyage en France. Vivre ici n'avait pas été un challenge économique. Lorsqu'on s'en donnait les moyens, absolument tout était possible. Partout. Il le découvrait un peu plus chaque jour. Mais en terme d'adaptation... De mode de pensée... Tout était si particulier.

Il hocha la tête et sourit. Il pensait à l'idée, et il ne la trouvait pas mauvaise, en soi. Mais...

"J'ai d'autres engagements, je ne pourrais pas faire un temps plein... Passer de temps à autres pour m'occuper de celui-ci, pourquoi pas, même si ma spécialité est très loin d'être les fleurs. En réalité, je n'y connais même rien. Si ce n'est les arroser éventuellement... Sinon, je ne saurais pas vraiment quoi faire avec... Après, si t'as besoin de quelqu'un pour tenir la boutique pendant que tu gères ceux qui travaillent sur l'autre terrain, j'ai l'habitude, et je peux aider pour ça aussi..."

Ce ne serait, après tout, qu'un cinquième emploi. Rien de bien nouveau pour lui, même si un de ceux qu'il avait en ce moment commençait à devenir compliqué. Une des employés, la fiancée du patron, lui tournait un peu trop autour, selon ledit patron, et cela créait des frictions non désirées. Il préférait se retirer que causer des ennuis, ce n'était pas dans sa nature... Même si avait essayé de s'expliquer avec elle... Ce n'était pas le moment d'y songer, pourtant. Il releva les yeux vers lui et sourit.
Adrìas Indigo
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MessageSujet: Re: Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe] Lun 7 Déc - 20:49:05
Adrìas hocha la tête avec entrain, il repenserait à l'idée, mais encore fallait-il qu'il ait des employés à gérer sur l'autre terrain, et cela risquait de prendre du temps à mettre en place. En fait il devrait peut-être d'abord prendre un rythme de vie plus calme que celui qu'il menait actuellement, entre ses nuits entrecoupées de songes, si encore il se couchait, et ses journées à la boutique... Il attendrait peut-être le printemps pour lancer tout ça.

"En fait je veux bien que tu me files un coup de main, si ça te fait plaisir, pour tenir la boutique. Quand tu veux, ça me permettrait de faire des pauses. Bien sur je te payerais à l'heure. Tu penses être en mesure de conseiller des clients ? Le métier de fleuriste c'est aussi savoir ce que les fleurs signifient. Je pense pouvoir te faire confiance pour la partie jardin, mais pour la partie cadeau, tu serais à l'aise ?" Adrìas se rendit compte qu'il réfléchissait à voix haute alors il se tut. Il serra les dents, il devait être vraiment fatigué pour faire ça, d'habitude il ne disait mot. Il ferma la porte et commença à se diriger à nouveau vers la boutique. La ferveur du bar était un peu retombée, tout comme le romantisme du parc. C'était peut-être la fatigue ou bien il avait remit les pieds sur terre. Il garda quand même son sourire.
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MessageSujet: Re: Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe] Lun 7 Déc - 21:17:17
Il le regarda hocher la tête et le suivit dans la boutique. Ses doutes étaient certainement fondés. Il n'y connaissait rien et le lui avait dit. Cependant, s'il s'y mettait, il savait pouvoir le faire sans problème. Juste un peu de travail. Il continua à avancer et réprima un bâillement. Il commençait à se faire tard. Il chercha un papier et un stylo dans son sac, y griffonna quelque chose, et le posa sur le comptoir. Il se tourna vers lui en souriant.

"Écoute, Adrìas, rien ne presse. Je t'ai laissé le numéro de téléphone de ma logeuse. Elle a l'air un peu étrange, au téléphone, mais elle est très gentille. Et elle prendra le message. Elle est toujours là sauf la nuit. Nous pourrons en rediscuter quand tu seras certain, ou plus décidé. Et ne t'inquiète pas pour le langage des fleurs. J'ai l'habitude de conseiller les clients, et le reste s'apprend. Je suis têtu quand je veux quelque chose..."

Il lui sourit un peu plus et rangea son stylo.

"J'ai encore du trajet et il se fait tard, je dois y aller. N'hésite pas à appeler. Bonne nuit à toi..."

Il tourna les talons et quitta la boutique. Sa logeuse était, lui semblait-il, une prostituée. Mais il n'aurait rien affirmé. Il n'avait aucun préjugé sur ça au moins. Chacun se vendait, quelque part, dès qu'il travaillait... Elle simplement ses charmes et ses talents plus qu'un savoir, voilà tout...
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MessageSujet: Re: Sans contrefaçon, je suis un garçon [PV Ailbe]
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